C. Moiset. Usages de l'Yonne, p. 14. On dit en Anjou
Quand la Chandeleur est arrivée La perdrix grise est mariée.
(A. de Soland. Dictons rimes, p. 7); J. Fleury. Litt., or. de la Basse -Normandie,
F. 383; Félix Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce, 1. 1, p. 280 ; L. Dardy. Anthologie de Albret, t. 1, p. 217 ; B. Souché. Croyances, etc., p. 30 ; L.-F. Sauvé. Lavarou Koz,
4. E. Rolland. Faune pop., t. II, p p. 5 ; L.-F, Sauvé. Layarou-Koz, p. 1
. 134 ; X.de la Perraudière. Traditions locçtles 05 ; L. Dardy. 1. ç,
LES OISEAUX SAUVAGES
Plusieurs particularités des nids sont expliquées par des traditions. Celui de la pie est l’objet des plus nombreuses : on raconte en Saintonge que Jésus, poursuivi par les Juifs, s’étant réfugié dans un bois, les pies vinrent en foule piquer des épines dans ses pieds nus et sur sa tète découverte ; pour les punir de leur méchanceté, le Sauveur les condamna à faire leur nid à la plus haute cime des arbres *. D’après une légende du Morbihan, lorsque saint Gildas couchait sur la pierre et qu’il se protégeait avec des branches d’arbres, les pies s’assemblaient autour de lui en criant : «Regarde, regarde ! »et elles les lui enlevaient. Le saint finit par les maudire en disant qu’elles seraient désormais obligées de couvrir leur nid, mais qu’elles ne pourraient empêcher la pluie d’y tomber et de mouiller leurs œufs. En Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan, c’est Jésus qui au moment de la Passion condamna la pie, à peu près dans les mêmes termes, à ne faire qu’un nid mal abrité ; suivant la tradition wallonne, depuis que cet oiseau s’est moqué des efforts du rouge-gorge pour refermer la plaie au flanc du Christ, il lui est interdit de poser son nid sous la feuillée, et comme il a perdu le don de le bien faire, il reste ouvert aux quatre vents, et, à la moindre pluie, il est trempé par l’eau du ciel. Dans l’Albret, c’est la Vierge qui pour punir la pie d’avoir montré ses traces pendant la fuite en Egypte, lui annonce que son nid de buisson et de terre sera le plus laid de tous2.
Certains nids ont au contraire des privilèges qui récompensent les bonnes actions accomplies jadis par les oiseaux qui les construisent: On dit en Ille-et-Vilaine que Jésus-Christ, pour remercier le corbeau d’avoir cherché à éloigner ses persécuteurs, lui prédit que la demeure de sa couvée pourrait rester sans abri, mais que la pluie ne l’atteindrait pas ; suivant la légende morbihannaise cette laveur fut accordée lorsqu’il eut arraché une épine au front du Crucifié ; en Saintonge, où l’hirondelle enlevait les épines que la pie enfonçait dans les chairs de Jésus, celui-ci lui dit qu’elle éléverait sa couvée à l’abri de tout danger 3. Dans la baie de Somme, on récite, en parlant du courlieu, cette phrase proverbiale :
Corlu, corlu, va où tu voudras,
Jamais ton nid on ne trouvera,
et l’on assure qu’en effet l’on n’y a jamais découvert celui de cet échassier. Une légende bretonne raconte l’origine de celte immunité: Lorsque le vaisseau qui portait la Sainte Famille en Egypte fut sorti