MÉDICATIONS DIVERSES
de lui. Dans le Morvan, pour se débarrasser du mal caduc, on décrit un certain nombre de cercles en courant avec un canard d’une blancheur immaculée, tué, mais encore chaud, placé sous le bras gauche. A Guernesey, on guérit la maladie de la nère poule , en faisant tourner trois fois autour de la tête du patient une poule parfaitement noire L
La médecine stercoraire fait usage de la fiente des oiseaux de bassecour : dans le Finistère, celle de poule est employée en cataplasme contre les maux de dents, pour combattre principalement l’inflammation du visage, et prévenir la formation des abcès. Au XVIe siècle, la fiente d'oie désséchée, pulvérisée et prise au matin le poids d’une drachme avec vin blanc, guérissait totalement de la jaunisse, si l’on continuait d’en user l’espace de neuf jours ; celle de paon était souveraine contre les affections des yeux, maison n’en pouvait trouver, parce que, disaiton, cet oiseau la mange de crainte qu’on ne la trouve. Dans la Gironde, pour avoir de la barbe, il faut se frotter avec de la fiente de poule, à. laquelle on attribuait jadis le pouvoir de faire revenir le poil 2.
La Maison rustique indique plusieurs emplois médicaux de l’oie, qui ne semblent plus usités aujourd’hui : la graisse d’oye en ce est proffîtable, parce que mesiée avec ius d’oignon et instillée en l’oreille, elle apaise la douleur et en tire l’eau. La langue d’oye desseichée et mise en poudre, est bonne contre rétention d’urine 3.
Dans l’Yonne, on croyait se débarasser des maux d’oreilles en buvant après une poule 4.
Dans la Gironde, pour guérir le panaris, on place le doigt malade dans un œuf frais jusqu'à ce qu’il devienne dur ; en Poitou, la pellicule de l’œuf mise autour du petit doigt d’un fiévreux attire à elle le mal5.
Je n’ai pas retrouvé dans la tradition contemporaine l’usage suivant signalé au XVIe siècle : en Touraine, on offrait à saint Christophe un coq pour un mal venant au bout du doigt ; mais il fallait, sous peine de courroucer le saint, que le coq fût blanc 6.