‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 228 sur 506 · H. Eslienne. Apologie pour Hérodote , ch. XXXVIll · texte numérisé non relu

H. Eslienne. Apologie pour Hérodote , ch. XXXVIll

LES OISEAUX DOMESTIQUES

qu’on finit par tuer à coup de bourres de pistolets ; dans les Vosges, la poule était également attachée sur une haute perche, avec des quenouilles en sautoir et celui qui en était chargé tirait de temps en temps un ruban noué à une des ailes de l’oiseau, et le faisait crier pour témoigner des regrets de la fiancée de cesser bientôt d’être vierge ; cette poule n’était portée que devant les filles de réputation intacte, Pans la Creuse, la poule confiée à un des-garçons de la fête est le plus ordinairement noire ; le soir après dîner, on la fait danser en la tenant par les pattes et on l’assomme en frappant de sa tète les uns et les autres; d’autres fois, c’est avec un chat qu’on l’assomme. On fait cuire ensemble le chat et la poule et on les sert aux mariés quand üs sont au lit ; ce sacrifice est accompli pour que la mariée soit féconde et bonne nourrice. Sur quelques points du Berry, on apporte à l’église une poule ornée de rubans, dans l’espoir que le couple qui va se marier aura de nombreux enfants *.

Au* environs de Niort, quand un mariage a lieu entre le dernier garçon et la dernière fille de deux maisons, les garçons invités par le marié prennent un coq et les filles invitées par la mariée une poule, que l’on suspend au bout d’une perche ; on les promène en chantant, puis on les tue, on les fait cuire, et ceux qui ont la tête boivent des rasades en l’honneur des époux. Dans la Gironde, c est le lendemain de la noce qu’a lieu la promenade d’une poule, vivante également, placée sur une perche ; quand elle a été montrée par les chemins, on met à tour de rôle un bandeau sur les yeux des convives qui, armés d’un bâton, vont à tâtons la frapper jusqu’à ce que mort s’ensuive ; dans la Côte-d’Or le dernier jour d’une fête de noces les garçons d honneur s en vont par le village avec une gaule au bout de laquelle sont attachées plusieurs poules destinées à être mangées le dimanche suivant dans un repas offert aux mariés2.

Lors de certaines fêtes des oiseaux domestiques étaient et sont encore la récompense de l’adresse de ceux qui parviennent à les atteindre. Voici comment se pratiquait un de ces jeux une trentaine d’années avant la Révolution : Gravir l'Oye est un plaisir assez ordinaire pour le peuple troyen, dans les temps de réjouissance. Ou prend une perche, la plus longue qu’on peut trouver, de 25 ou 30 pieds, que l’on suspend en l'air par le moyen d’une corde qui traverse la rue d’un grenier à un autre, de façon que le gros bout de la perche est en haut et le petit bout en bas ; on la choisit la plus unie qu il est

i Laisnel de la Salle. Croyances du Centre , t. TI,p. 37 ; A. Montéuiont. Voyage à Dresde et dans les Vosges , p. 85-86 ; E. Rolland. Faune pop., t. VI, p. 102 ; Laisnel de la Salle, t. II, p. 37. .

2. B. Bouché. Proverbes , etc., p. 43-4 ; F. Daleau. Trad. de la Gironde , p. 3 ,

E. Rolland, t. VI, p. 103.

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