Roussey. Gloss, du Bournois, p. 54; E. Rolland, p
6. Laurent Joubert. Seconde partie des erreurs (1580), p. 163 ; Paul Sébillot. Tra¬
ditions, t. Il, p. 243; E. Rolland, 1. c. ; Léo Desaivre. Croyances, etc., p. 4- Com. de M. Dagnet ; F.-M. Luzel. Contes de Basse-Bretagne, t. II, p. 109-110. ’
LES REPT1LS3
on disait autrefois qu’il lui fallait autant de médecins qu’elle a de taches sur le corps, et dans le Jura on assure qu'il est nécessaire de pratiquer autant d’incisions sur la partie lésée que l’animal a de points jaunes sur le dos1. Dans les Ardennes, si après avoir été « piqué » par une vipère, on se rend sur le territoire de Margut près de Carignan, la plaie se cicatrise dès qu’on y a mis le pied, et 1 on n a plus rien à craindre2. Dans les Vosges la piqûre des reptiles entre les deux fêtes de la Vierge reste sans effet; en Franche-Comté on assure que jamais serpent n’a osé se montrer pendant cette période 3.
Suivant une croyance très répandue, les reptiles s introduisent dans l’intérieur de l’homme, parfois sans que le patient le sache, et ils produisent de graves désordres. En Poitou, la couleuvre peut y pénétrer par le fondement; en d’autres pays, elle entre par la bouche des enfants endormis au soleil, et va jusque dans leur estomac pour y déposer ses petits. Pour guérir ceux qui sont ainsi attaqués, il faut les suspendre la tête en bas, au-dessus d’un vase de lait chaud, afin que les petits, gourmands de ce breuvage, se hâtent de sortir de 1 estomac du malade; le même remède est appliqué dans le Mentonnais. Il était connu au XVIe siècle : J’ay [dit frère Jean] autrefois ouy dire que le serpent entré dedans l’estomac ne fait desplaisir aucun et soudain retourne dehors si par les pieds on pend le patient, luy présentant prés la bouche un paeslon plein de Iaict chauld. En Haute-Bretagne, on emploie un procédé analogue pour débarrasser les gens des îeptiles qui se sont introduits dans leur corps : une femme qui avait avalé un sourd plaça dans son grenier, par le conseil du devin, un bassin rempli de lait ; le sourd la quitta pour aller le boire 4.
En Ille-et-Vilaine ceux qui sont nés le 25 janvier, jour de la conversion de saint Paul guérissent la morsure des reptiles et peuvent les toucher sans en être piqués. Pour enlever le mal, il leur suffit de passer la main sur les désordres venimeux occasionnés par les sourds et les crapauds. Celui qui est mordu doit aller trois matins de suite à jeun chez le « guérissou » et il est indispensable que celui-ci n’ait pas encore pris de nourriture 5.
Le regard de saint Amable, dit la légende, suffit pour guérir toute morsure de reptiles ; une dent de ce saint est souveraine contre celle de la vipère. En plusieurs pays, on croit pouvoir neutraliser le venin
1. Richard. Trad. de Lorraine, p. 239; E. Rolland, t. III, p. 39.