ROLE DANS LA MÉDECINE
Petite bête sans figure,
Otez^moi cette piqûre,
Au nom du père et du fils *.
Le rôle des poissons d'eau de mer dans la médecine populaire est moins considérable que celui des poissons d’eau douce ; au XIVe siècle le hareng figurait dans la composition d’un remède : pour rancle qui tient dedans le cors prenez 11 testes de harens sors et y pou de sauge, si tribiez tout ensemble et destrempez de vin, et puis le colez et li donnez à boire. En Picardie, pour guérir une inflammation intestinale appelée carreau on laisse pourrir un poisson de mer sur le ventre de l’enfant ; au^Bourg d'Ault c'est une raie ; à mesure qu’elle putréfie, le mal pourrit aussi et disparaît1 2, Au XV1J* siècle, pour la fièvre quarte, on appliquait sur l’épine du dos un hareng blanc fendu par le milieu, la tête en bas, la queue en haut ; dans la vallée d’Yères (Loire-Inférieure), en raison de la ressemblance du nom du poisson avec celui de la maladie, c’est un carrelet; dès qu’il est mort, l’enfant doit être délivré de son mal. Dans la Somme on guérit les entorses et les foulures du poignet en entourant celui-ci ou la cheville d'un hareng coupé en deux, que l’on doit laisser, sans y toucher, jusqu’à guérison. Au XVIIe siècle ce poisson était autrement employé ; Prenez un Haranc salé et nouveau, tout cru, contusez-le dans un mortier jusqu a ce qu’il vienne comme de la pâte que vous appliquerez en forme de cataplasme sur la morsure pendant trois jours 3.