‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 387 sur 506 · A. Orain. Le F.*L. de l'Ille-eUV Haine, t. II, p · texte numérisé non relu

A. Orain. Le F.*L. de l'Ille-eUV Haine, t. II, p

2. Abbé Léopold Dardy. Anthologie pop. de l'Alhret, t. Il, p. 373 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges , p. 189.

3. Les Evangiles des Quenouilles , II, 17 ; J.-B. Thiers. Traité des Sup t. I p 381 Leeœur. Esquisses du Bocage , t. Il, p. 107 ; D. Bourohenin, in Rev. desTrad. pop. t. VI, p. 733 ; Paul Séblllot, ibid. t. XVIII, p. 27.

LES ARBRES

été frotté avec un quartier, on le remet avec les autres et on enterre le fruit ainsi reconstitué3. Dans la Lozère quand une vache est malade pour avoir été tétée par un serpent, on enfouit un rameau de génévrier sous un pavé de l’étable ; à mesure qu’il pourrit la bête commence à guérir1. Lorsque vers latin d’août quelque mal étrange atteint un paysan cauchois, il s’en va solitaire cueillir une feuille d’arbre et la jette derrière son dos, en remarquant la place où elle tombe ; quand la feuille pourrira, il sera guéri 2.

L’idée qui préside à une pratique encore très répandue était courante au XVIIe siècle, où on avait l’habitude de faire sécher à la cheminée neuf sortes de bois ou certaines herbes, afin que la fièvre ou quelques autres maux diminuent à mesure que les neuf sortes de bois et les herbes diminueront ; pour le mal de gorge on attachait aussi à la cheminée une branche de prunier. Un procédé parallèle est usité en Poitou : dès qu’on s’aperçoit qu’un enfant a le muguet, on met dans la cheminée une branche de troène, fleurie autant que possible ; lorsqu’elle sera sèche, le mal devra avoir cessé ; dans le Bocage vendéen, une branche de cet arbuste est efficace, dans les mêmes conditions, pour les maux de dents, et aussi l’excroissance cotonneuse de l’églantine, qui a été cueillie sans que l’on ait cherché à la découvrir. Dans le Bas-Maine, en cas de fièvre, on portait un balai de genêt vert dans la chapelle du Gobet, et les sorciers pour la 'guérison des maladies d’autrui suspendent chez eux une branche de genêt; dans le Bocage normand, après avoir tracé une croix sur les parties atteintes d’eczéma avec une jeune pousse de coudrier coupée avant le lever du soleil, on la dépose dans une armoire 3.

Dans les exemples qui suivent le mal disparaît aussi lorsque les branches auxquelles on a l’intention de le transmettre sont desséchées. En Basse-Normandie, pour faire passer les dartres invétérées, on coupe certain jour, de certaine manière et en prononçant des paroles spéciales, trois jets d’églantier dont on touche le mal; le patient en met ensuite un à la tête de son lit, un autre au-dessus de la porte de son appartement et le troisième à la cheminée, de manière à former un triangle ; les prières sont dites et les dartres ne tardent guère h s’en aller ; dans le Bocage normand, on les frotte avec une branche d’églantier dépouillée de son écorce, ou l’on place au-dessus de la porte par laquelle le malade passe le plus souvent une branche de sureau

1. Jules Barbot. Le paysan Lozérien. Mende, 1899, in-8° p. 61-62.

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