‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 405 sur 506 · PUISSANCE MÉDICALE OU FÉERIQUE · texte numérisé non relu

PUISSANCE MÉDICALE OU FÉERIQUE

Les fleurs, les fruits ou les feuilles des arbres ont le pouvoir de guérir, et même de ressusciter. Trois pommes rouges ont le privilège de garantir du poison celui qui les mange'. Le roi d’un conte wallon qui avait le mal de Sainte Ernelle à la jambe ne peut reoouvrer la santé que si on applique dessus la rose Sainte Ernelle qui se trouve dans un bois. Pour guérir la fille du roi, il faut aller chercher en pays étranger trois pommes d’orange ; quand elle a mangé les deux premières, elle revient à la santé, quand elle a mangé la troisième, elle veut épouser celui qui les a apportées ; pour qu’un vieux roi guérisse, il doit manger trois oranges cachées sous la patte de l’ogre2; Grâce à des pommes magiques sorties du jardin du Paradis, un enfant est soulagé de son mal, et ensuite son père est délivré. Des aveugles recouvrent la vue en se frottant les yeux avec le liber ou les feuilles d’un certain arbre. Dans un conte de la Haute-Bretagne, une rose fait revenir un mort à la vie quand elle a été passée sous son nez3.

Les arbres ou leurs fragments produisent d'autres effets merveilleux : Dans un conte nivernais, une branche de l’Arbre ruuge posée sur un fleuve y forme un pont sur lequel peut passer toute une armée. Un petit garçon en frappant du pied l’arbre d’or en fait sortir des chevaux tout équipés pour la guerre et de beaux vêtements. Un pommier donné par les Vents et planté dans un courtil devient un talisman qui procure tout ce qu’on désire 4.

Dans un conte canadien des pommes d’or cueillies dans le jardin des fées opèrent des prodiges5.

Les fruits dont l’enveloppe est ligneuse, ou tout au moins assez épaisse pour former une sorte de boite, figurent parmi les accessoires de la féerie ; le plus ordinairement ce sont des noix qui contiennent des merveilles6. Dans le Mentonnais des pantoufles d’or, une robe sont cachéesdans une amande; en Corse uneamandeestmusicale et lorsqu’on ouvre des oranges magiques, il en sort des femmes ; en Flandre, en Basse-Normandie des châtaignes, quand on les pèle, se transforment en

t. I, p. 228, 204, 206, 227 ; L. Moriü, in Rev. des Tracl., t. V, p. 727 ; F.-M. Luzel, in Rev. des Trad. pop., t. III, p. 479.

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