‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 452 sur 506 · INFLUENCE SUR LA RICHESSE OU LE BONHEUR · texte numérisé non relu

INFLUENCE SUR LA RICHESSE OU LE BONHEUR

n’éprouver aucun mauvais sort la nuit de ses noces, parce que l’embarreur qui voudrait lui nuire serait obligé de dire autant de paroles mystiques qu’elle a mis de graines et qu’il ne peut en connaître le nombre. En Provence, les grains doivent être placés dans la poche de l’époux ; il est à l'abri des noueurs, parce que les sorciers ne pourraient exercer leur action qu’après les avoir tous comptés, sans se tromper !.

A. Guernesey la jeune fille qui veut voir en songe celui qu’elle doit épouser place en croix sous son oreiller, le jour Saint-Thomas, deux branches d’aigremoine, attachées avec deux épingles en croix ; chacune de ces branches doit avoir neuf folioles, et la jeune fille récite une oraison au saint1 2.

On rencontre au XVe siècle une plante qui procure la richesse : Qui porroit finer d’un vrai mandegloire et le couchast en blans draps, et lui presentast à mengier et à boire deux fois le jour, combien qu’il ne mangea ne boive, cellui qui ce feroit deviendroit en pou d’espace moult riche, et ne sauroit comment 3. Dans la Gironde, pour faire arriver chez soi du travail ou de l’argent, on remplit d’eau bénite un petit vase de couleur noire, on le place devant le feu, et pendant que l’eau bout, on y jette à trois reprises différentes, une branche de rue, en disant à chaque fois : « O rue ! belle rue ! toi si belle, fais que tout homme en passant apporte ici or et argent. » On s’empressera de répandre le contenu du vase, devant sa maison, dès qu’on verra passer un homme. Ce maléfice doit être pratiqué le matin de bonne heure4.

Dans le Mentonnais, on désensorcellerait un animal en lui faisant manger des légumes volés à la sorcière. Dans les Landes, pour connaître la secrète pensée d’une personne, on lui passe délicatement, à trois reprises, une paille sur les lèvres 5.

Les plantes jouent un rôle dans quelques opérations magiques dont se servent les chasseurs : ceux du Cher prétendent que si on plante des trognons de chou dans un carrefour où se rencontrent quatre chemins ayant des noms différents, et si on met des collets à ces trognons, le lendemain matin on trouvera un lièvre pris à chaque collet. Dans les Vosges pour attirer le gibier, il faut mélanger du jus de jusquiame avoc de la graisse et du sang provenant d'un animal de l’espèce qu’on veut tuer, partager cette sorte d’onguent en autant de parties que l’on veut, et enfouir chacune d’elles peu profondément à

1. F. Daleau. Trad. de la Gironde , p. 45 ; W. de Taillefer. Antiquités de Vèsone , t. 1, p. 252 ; Bérenger-Féraud. Superstitions et survivances, t. V, p. 45.

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