L.-F. Sauvé, iu Revue Celt. t. VI, p
3". D. Paul Bidault. Sup. médicales du Morvan, p. 32.
4. L. Lex. Le culte des eagx çn Saône-et-Loire, p. 7 ; J. -G. Bulliot et F. Thiollier. La Mission de St-Martin, p. 332.
5. Ce passage d’uue comédie de Regnard est probablement une parodie de cettp consultation :
CONSULTATIONS PAR l’bFFEUILLEMENT
Actuellement la formulette : « Il m'aime Lin peu, beaucoup, passionnément, point du tout, » est usitée en ville comme à la campagne : en Normandie, les filles la récitent en arrachant une à une, les pétales de la grande pâquerette, qui y porte le nom gracieux de : « Il m’aime » ; en Poitou, la phrase adressée à la -pâquerette est « Elle m'aime un peu, beaucoup, par fantaisie, par jalousie, pas du tout. » Certains en Wallonie effeuillent le bouton d’or, ouïes épillets de l’ivraie A Genève on interroge ainsi la « franche marguerite ». Maimes-tu ?• — Je t’aime
— Un peu — Beaucoup — Passablement Tendrement — Passionément
— Rien du tout. Les jeunes filles de la Basse-Normandie adressent à cette fleur ces paroles traditionnelles :
Marguerite,
Fleur petite,
Rouge au bord, verte autour,
Ah ! dis-moi, dis-moi le secret Ce mes amours 2.
Dans les Landes, on la consulte pour savoir si l’amant attendu viendra au rendez-vous ; cette épreuve sert, aussi à connaître 1 état civil futur 3 ; en Haute-Bretagne, on effeuille la Pâque en disant :
Fille, femme, veuve, religieuse.
Gars, homme, veuf, religieux.
Les jeunes filles du Bocage normand adressent à la grande pâquerette la première de ces formules ; celles du Maine la prononcent en détachant les corolles de la queue de renard, celles de la Haute-Bretagne se servent d’un épi d’ivraie. En Auvergne, c’est la fougère que l’on interroge en disant à chaque foliole enlevée : « Prêtre, marié, garçon. » En consultant l'ivraie les jeunes picardes disent, en commençant, à détacher les feuilles par le bas : « M’marierai, m’marierai point ! » En Wallonie, la jeune fille questionne une graminée à épillets sessiles qu’elle tire l'un après l'autre pour savoir qui elle épousera : & Up droit, un cran (bossu) un chalé (boiteux) on djône , on yto, op vef 4 ».
Arlequin comptant les boutoDs de son justaucorps : Je l'aurai, je ne l’aurai pas ; je l’aurai, je ne l’aurai pas ; je l'aurai, je ne l’aurai pas : je ne l’aurai pas. (Il pleure).
Mezzetin. Qu’est-ce ? qu’ayez-vous ? pourquoi pleurez-vous?.
Arlequin. Je n’a irqi pas Colombine, hi hi hi.
Mezzetin. Qu'est-ce qui vous a dit cela?
Arlequin, C'est la buutpnomancie. {Le Dirarce (1688) I. 1).
1. J. Lecœur. Esquisses du Bocage normand, t. I, p. 294 ; g. Souche. Croyances ,
etc. p. 26; Jules Lemoine, in La. Tradition , 1890, p. 281 ; Walloma, t. IV, p. 34.
2. Rlavignac. L'Errtpro genevois, p. 119-180; J. Lecœur. Esq. du Bocage , t. 1,