‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 50 sur 506 · O lia imperialia , éd. Leibnitz, p · texte numérisé non relu

O lia imperialia , éd. Leibnitz, p

2. Les Évangiles des Quenouilles, IW, 10, 12, 13, 14, 15, 16.

3. Restif de la Bretonne. Les Contemporaines par gradation , p. 81.

4. Amélie Bosquet. La Normandie romanesque , p. 232-236 ; F. Pluquet. Contes de

Bayeux, p. 15; en Vendée le criminel resté inconnu qui avait été excommunié devait courir le garou pendant sept ans et visiter sept paroisses par nuit. (E. RoUand. Faune pop., t. I, p. 157). Habasque. Isolions hist. sur les Côtes-du-Nord, t. I, p. 285 ; L. Kerardven. Guionvac'h, p. 17. - ,

LES MAMMIFÈRES SAUVAGES

dents de loup » Un paysan des environs de Poligny qu’un chasseur trouve en sa cabane, blessé au même endroit où il avait atteint un loup, lui dit qu’il prenait cette forme après s’être graissé d'un certain onguent composé par les démons1 2. Encore maintenant plusieurs des meneurs de loups, dont j’ai parlé en même temps que des loups-garou des forêts (t. I, p. 284 et suiv.) et d’autres lycanthropes, se graissent avant de changer de forme 3. D’après une déposition faite en Franche- Comté, ceux qui voulaient se mettre en loups, se frottaient premièrement d’une graisse, et puis Satan les affublait d’une peau qui leur couvrait tout le corps ; ensuite ils se mettaient à quatre pattes et couraient les champs4.

Le diable ou l’un de ses adeptes pouvait donner la peau qui transformait en garou celui qui en était revêtu, et qu’il déposait en lieu sûr quand sa période de vagabondage était finie: Un petit garçon dont le procès fut instruit à Bordeaux en 1605, et qui fut ensuite interrogé par de Lancre lui confirma ce qu’il avait avoué aux juges, à savoir que la peau lui avait été donnée par M. de la Forêt 5. Les loups-garous de Basse-Bretagne ( den-vleiz , homme-loup au singulier, lud-vleiz au pluriel) revêtent la nuit une peau de loup, et prennent en même temps le naturel de cette bête, courant les champs, les bois et attaquant les hommes et les animaux. Au point du jour, ils cachent leur peau avec le plus grand soin et rentrent secrètement chez eux. Il existe entre leur peau et leur corps une sorte de solidarité d'impressions physiques si grande qu’ils éprouvent toutes celles à laquelle elle est exposée : si elle est placée dans un lieu froid, ils éprouvent tout le jour un vif sentiment de froid. Une fermière ayant allumé du feu dans un four où l’un d’eux avait caché la sienne, il se mit à crier : « Je brûle » et à se démener comme s’il avait été dans une fournaise6.

Un récit gascon raconte une métamorphose qui, contrairement à l’ordinaire, est motivée par un désir louable. Un devin change un charron en loup, parce que c’est sous cette apparence seule qu’il pourra se procurer le remède pour guérir son père. Après avoir couru avec les loups six jours et six nuits, arrive la Sainl-Silvestre, époque où la messe de minuit doit être dite au milieu de la forêt par un curéloup. Le charron propose de la servir et quand elle est achevée, il feint d’aider le curé-loup â se déshabiller, et lui coupe la queue

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