J. -F. Bladé. Contes de Gascogne, t. II, p
2. L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 175 ; B. Souché. Croyances, p. 17; Laisnel de la Salle. Croyances du Centre, t. 1, p. 155 ; O. Colson, in Wallo?iia, t. IX, p. 201, 205 ; E. Auricoste de Lazarque, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 413-414, O. Colson, 1. c. p. 208.
3. F. Pluquet. Contes de Bayeux, p. 1 4 ; Jaubert. Gloss, du Centre, cité par Rolland, t. I, p. 159 ; Paul Sébillot. Trad., t. I, p. 157 ; Fouquet. Légendes du Morbihan, p. 89,
4. Daniel Bourchenin, in Rev. des Trad. pop., t. IV, p. 393 ; Paul Sébillot, ibid, t. XI, p. 57. Au moyen âge le diable prenait parfois ce déguisement; c’est sous la forme d’un grand singe qu'il apparut à un novice des dominicains de Paris. (Etienne de Bourbon. Anecdotes, p. 285).
LES MAMMIFÈRES SAUVAGES
dire, car il saule au cou de ceux qui lui parlent et les emporte au fin fond de l’enfer
Suivant des croyances dont on verra des exemples dans plusieurs chapitres, les revenants se présentent sous diverses formes animales ; dans le pays de Lannion, plusieurs lièvres sont les âmes des anciens seigneurs condamnésà devenirleplus peureux des animaux, parce qu’ils ont fait trembler tout le monde de leur vivant ; ils seront délivrés quand ils auront essuyédeschasseurs tirant sur eux sans connaître leur qualité, autant de coups de fusil qu ils en ont tiré ou fait tirer sur les pauvres gens qui étaient autrefois sous leur dépendance ; en Normandie dame Nicole, qui commit beaucoup d’actes injustes, se change en loup pour effrayer les voyageurs2. A Guernesey les trépassés empruntent parfois 1 aspect d’une souris. C’est sous celui d’écureuils que des enfants, tués et enterrés dans un petit bois par leur mère, viennent lui labourer le sein avec leurs dents et leurs griffes en criant : « Mauvaise mère ! » Ils lui tirent autant de gouttes de sang qu’il eût fallu de gouttes d’eau pour les baptiser 3. En raison de la blancheur de leur pelage, et de leur agilité qui les fait ressembler à des apparitions, les hermines passent en plusieurs pays, et principalement en Normandie où on leur donne le nom de lailisses, létiches, qui rappelle la blancheur du lait, pour être les âmes des enfants morts sans baptême. On racontait dans l'Orne que l’une d’elles, prise par un homme qui voulait la tuer, sortit deux petites mains, et lui dit que bien d’autres avaient essayé de lui faire du mal, même à coups de fusil, et que les hermines, qui étaient des enfants morts sans avoir été baptisés, ne nuisaient à personne. Les manteaux d hermines des grandes dames ont pu suggérer des croyances analogues à celle, courante dans le Perche à la fin du XVIIIe siècle, d’après laquelle madame d’Hauteville revenait dans son château sous forme d’une lailice 4. Dans la série de contes à laquelle on a donné ce titre : le mort reconnaissant, celui-ci, sous la figure d'un renard, vient au secours du passant charitable qui a fait enterrer décemment son cadavre abandonné5.
D après une idée très répandue autrefois, et qui subsiste