‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 55 sur 506 · Etienne de Bourbon. Anecdotes, p · texte numérisé non relu

Etienne de Bourbon. Anecdotes, p

4. Paul Sébillot. Contes de marins. Palerme, 1890, in-8, p. 27; W. Webster. Basque Leqends, p. 178; cf. dans la Tradition , 1901-1903, une curieuse note de Al. Adolphe Orain sur la persistance en diverses parties de l’Ille-et-Vilaine de cette croyance aux naissances monstrueuses (lièvres, hérissons, singes, ours, chiens, chats grenouilles).

o. E. Rolland. Faune'pop., p. 43, d'a. Cordier, in Bull, de la Soc. Ramond, 1867, p. 133. ’ ’

LES MAMMIFÈRES SAUVAGES

pierre dont la bête se servait pour la fermer, s’échappe avec sa. mère et a ensuite des aventures où il développe sa force1. Un conte de Lorraine présente une atténuation, peut-être assez moderne ; la femme d’un bûcheron, qu’un ours emmène de force dans son antre, est déjà enceinte, et elle accouche peu après d’un enfant moitié ours et moitié homme, qui, parvenu comme celui du récit basque à l’âge de sept ans, soulève aussi la pierre et, sous le nom de Jean de l'Ours, est le héros d’aventures merveilleuses2. Ici, de même que dans d'autres versions, l’enfant devient fort, parce qu’il a été élevé par un ours ; un conte de la Haute-Bretagne parle d’un petit garçon, aussi emporté dans la tanière, qui traité comme un ourson devient poilu comme s’il avait été le fils d’un ours ; Jean l’Ourson, héros d’un conte de la Flandre française marche à quatre pattes et a l'apparence d’un ours, parce qu’il a été allaité par une ourse 3.

Des captives sont sous la garde de fauves puissants, qui ne vivent plus en France; le plus habituellement ce sont des lions ; un léopard figure dans un récit lorrain, et deux contes, l'un basque et l’autre hautbreton parlent d’un lion qui dort, la tête sur les genoux d’une jeune fille4- Plusieurs des lâches difficiles imposées aux héros sont en relation avec des bêtes dont ils doivent débarrasser le pays ou auxquelles il faut dérober quelque chose : l’une d’elle consiste à aller prendre du lait de lionne 5 ; dans un conte du pays de Saint-Pol, il s’agit de passer la nuit sans être dévoré, avec un ours qui est au service d’un roi. D’autres fois l’aventurier doit garder des animaux renommés pour leur légèreté, écureuils, lapins ou lièvre, et les ramener le soir sans qu’il en manque un seul6.

Les contes sont en général bienveillants pour les animaux sauvages, qui savent reconnaître les services, même minimes, que les hommes leur ont rendus. Les uns remettent au passant, qui a fait un partage équitable entre eux et d’autres bêtes, des talismans qui consistent

1. J. -F. Cerquand. t. IV, p. 11-12 ; dans le conte semi-littéraire de Jean de l’Ours, une veuve qui s’est réfugiée dans la caverne d’un ours, en sort au bout d’un an avec un enfant. (Hipp. Babou. Les Païens innocents , p. 115-176).

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