‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 7 sur 506 · ORIGINES DE PARTICULARITÉS · texte numérisé non relu

ORIGINES DE PARTICULARITÉS

devinrent chauves-souris lorsqu’elles eurent formé le vœu téméraire de voir leur jolie montagne s’élever à la hauteur du Puy-de-Dôme 1 .

Un récit du pays de Tréguier raconte en quelles circonstances la chauve-souris se montra sur la terre, et pourquoi elle participe de la nature de l’oiseau et de celle des mammifères. Au temps jadis une souris vint demander l’hospitalité à une hirondelle qui avait bâti son nid dans une vieille cheminée et y couvait ses œufs ; celle-ci que son mari avait abandonnée y consentit, mais à la condition que, durant trois jours, la souris couverait à sa place. La souris accomplit sa tâche, puis elle partit. Voilà les petits éclos; mais ils étaient couverts de poils au lieu de plumes, et ils avaient une tête et un corps de souris, avec des oreilles et des ailes crochues comme le diable. L’hirondelle en mourut de chagrin ; après ses funérailles, la reine des hirondelles fit enfermer les orphelins dans le cloître de Tréguier, et leur défendit, sous peine de vie, de jamais sortir à la lumière du soleil. Voilà pourquoi on ne voit jamais de chauve-souris pendant le jour2.

Plusieurs particularités des animaux sont l'objet d’explications populaires qui, comme celles de l’origine du bec du lièvre, sont parfois assez plaisantes ; telle est cette petite fable béarnaise : un jour que la grenouille et le lièvre devisaient ensemble près d’une marnière, la bruine vint à tomber : « Vite, dit la grenouille, déchausse-toi, et fuis dans ton gîte ; moi je me sauve à l’abri ! » Et d’un coup elle est au fond de l’eau : « Quelle pécore ! dit le lièvre, elle se jette dans l’eau pour ne point se mouiller ! » Et il se mit à rire de telle façon que sa lèvre se fendit. On raconte en Ille-et-Vilaine que les lièvres, fâchés d’être mal vus de tout le monde, se rassemblèrent pour aller se noyer ; en arrivant sur les bords d’un étang, toutes les grenouilles se mirent à crier. « Il y a encore des bêtes qui nous craignent ! » se dirent les lièvres et ils rirent tant que leur gueule est restée fendue depuis 3. Suivant un petit conte facétieux du pays wallon, au moment où un chasseur épaulait son fusil pour tirer un lièvre, une toute petite grenouille, éveillée brusquement, vint s’aplatir sur le nez de l’homme qui fit un saut en arrière et laissa retomber son fusil. Le iièvre fut pris d’un rire si violent que sa lèvre se fendit; sa fente ne peut se fermer, parce que, chaque fois qu’il pense à cette aventure, il se met à rire de plus belle4.

La petitesse de la queue de certains mammifères sauvages tient aussi à des circonstances légendaires. Lorsque Dieu eut créé le loup

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