Elvire de Cerny, ibid., t. XIV, p
LES MAMMIFÈRES DOMESTIQUES
Autrefois les rats parvinrent, par surprise, à faire avaler au chat un grelot caché dans un morceau de viande, et dès qu’il se mettait en campagne, les rats avertis se réfugiaient dans leurs trous. Les chats, furieux, résolurent d’immoler leur congénère dont l’estomac contenait une sonnette. Depuis, chaque fois qu’ils mangent, ils ne manquent jamais de secouer les morceaux, de peur d’absorber un autre grelot1.
On n’a pas relevé d’explication populaire des miaulements des chattes amoureuses ; il est vraisemblable pourtant qu'il en existe, et il ne serait pas impossible que la facétie suivante ait été empruntée à la tradition : La raison pourquoy les chattes crient si furieusement quand le matou les recherche, c’est qu’ils sçavent l’antipathie qu’il y a entre le chat et le rat, et de peur que le matou ne s’en aille de leur compagnie, si de fortune un rat luy venoit au devant, la femelle crie et se tourmente afin d’avertir le rat 2.
Les chats figurent parmi les bêtes Croquemitaines dont on menace les enfants pour les détourner de certains actes ou pour qu’ils n’aillent pas dans des endroits dangereux ; à Marbois, dans le Brabant wallon t on leur fait peur du chat Margotiat. En Eure-et-Loir pour les empêcher de descendre à la cave ou de monter au grenier on leur fait croire qu’ils y verront des chats à deux queues, ce dont ils ont une crainte extrême3.