‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 103 sur 491 · Léon Pineau. Le F.-L. du Poitou, p · texte numérisé non relu

Léon Pineau. Le F.-L. du Poitou, p

3. E. Rolland. Faune pop., t. V, p. 109 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 371 ; Richard. Trad. de Lorraine, p. 54 ; Léon de Buzonnière. Les Solohais, t. 1, p. 50; J.-B. Thiers. Traité des Sup.t. I, p. 378; C. Moiset. Usages de l'Yonne, p. 42; H. Marlot, in Rev. des Trad. pop. t. XI, p. 21 ; E. Rolland, 1. c. p. m ; Léon Pineau, 1. c. p. 503; Fr. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 22,

Biaise. Dans l'Yonne on fait bénir une botte de foin, une poignée d'avoine ou un morceau de pain que l'on donne aux bestiaux ; la même coutume est observée dans quelques villages du Puy-de-Dôme, et les animaux amenés surla place publiques reçoivent, principalement le jour Saint-Roch, la bénédiction du prêtre. A Villars (Eure-et-Loir) on allume des cierges devant la statue du saint ; à Fraize, on va le prier à jeun pour les bètes malades'. Pour attirer tout spécialement l'attention du bienheureux on apporte à son autel des présents empruntés au corps des animaux pour lesquels on l'implore : Les cultivateurs poitevins qui supplient saint Jean de protéger leurs bergeries déposent sur son autel un bouchon de laine ; à Champagnac-Saint-Hilaire une statue qui est, soit celle de saint Roch, soit celle de saint Biaise, reçoit la même offrande. Lors de la fête de saint Eloi, qui est surtout invoqué par les Bretons comme protecteur des chevaux, lorsqu'ils ont été arrosés avec l'eau de la fontaine sacrée, et qu'ils y ont bu, on suspend à l'intérieur delà chapelle des crins arrachés à leur queue, et souvent des queues entières- En Bretagne saint Antoine reçoit du lard pour la santé des cochons et la coutume est encore observée dans plusieurs paroisses des Côtes du- Nord ; au Faou (Finistère) dont ce saint est le patron, il lui revient de droit un pied de chaque cochon tué ; quand il a été bien fumé, on le dépose devant la statue qui, quatre fois par an, est exposée près de la porte du cimetière à l'adoration des fidèles ".

Les bestiaux ont aussi des talismans individuels, destinés à les protéger dans toutes les circonstances de leur vie. A Orcet (Puy-de- Dôme), le jour Saint-Roch, les habitants vont chercher le matin de petites pierres dans une carrière dite de Saint-Roch ; lorsqu'elles ont été bénies par le prêtre à la messe, ils les écrasent et les mettent dans un sachet qu'ils attachent à une des cornes de la vache ; chacune a le sien pour la préserver des accidents et des maux. Dans la même région on les garantit de la maladie et du mauvais œil en leur plaçant entre les cornes un petit sac contenant du sel, une pièce de deux liards avec la croix, une branche de buis béni, ou parfois un morceau d'écarlate trempé dans l'eau bénite; en Limousin, on y met, pour prévenir la fascination, une pièce de monnaie d'argent ; en Normandie, un petit sac est suspendu à une des cornes3. Pour prévenir la panique

1. L. Martinet. Lég. du Berry, p. 24; Dr Pommerol, in Rev. des Trad. pop.t t. XIII, p. 98; L. Martinet, Le; Léon Pineau, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 479 ; Beauchet-Filleau. Pèlerinages du diocèse de Poitiers, p. 533 ; G. Moiset. Usages de l'Yonne, p. 14; Dr Pommerol, 1. c. p. 91, 98; A. -S. Morin. Le prêtre et le sorcier, p. 285; Félix Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce, t. I, p. 137.

2. Beauchet-Filleau. Pèlerinages du diocèse de Poitiers, p. 534; F. -M. Luzel. La légende de saint El»i ; Alexandre Bouet, in Magasin des familles, mars 1853. A la Bu du XVIIIe siècle, suivant une coutume qui a persisté, quand un cheval baillait, on lui disait: Saint Eloi vous assiste. (Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 164).

3. Dr Pommerol, in Rev. des Trad. pop., t. XIII, p. 98; t. XV, p. 44; J. Tuchmann, in Mélusine, t. Vil, col. 205, 234.

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