‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 13 sur 491 · Richard de Fournival, 1. c, p · texte numérisé non relu

Richard de Fournival, 1. c, p

9. Levallois, in Bull, des Parlas normands, 1899, p. 233; Comm. de M»e Lucie dcV.-H.

âge on le croyail atteinl d'une sorte d'ankylose naturelle: Il a le col si roit qu'il ne le puet Qechir s'il no Lorne toul son cors ensamble. On .lit encore en&uvergne qu'il ne peut retourner la tète ni plier la colonne vertébral* pour regarder derrière lui '. Le blaireau passe pour avoir les pattes d'un côté plus longues que celles de l'autre ; c'est en raison de cette particularité que l'on croit en Poitou qu'il est obligé de marcher dans des ornières, en Hainaut de se placer dans les sillons pour être en étal «le courir*. On disait au XIII* siècle que le loup courait la bouche ouverte, parce qu'il lui fallait Faire de grands efforts et s'aider de ses pieds pour l'ouvrir lorsqu'elle était fermée. Les enfants duDoubs ont encore une idée assez voisine: ils croient que le loup-garou est un loup très redoutable, dont les dents supérieures sont accrochées aux inférieures, de telle sorte qu'il ne peut ouvrir la gueule qu'après avoir frappé «rigoureusement son museau sur le sol. En Limousin, où l'on n'attribue pas eette particularité à ce carnassier, il lâche infailliblement prise quand il se trouve sur le chemin de la messe. Aux environs de Rennes on dit que sa gueule brille dans l'obscurité •'. Voici un préjugé du XIIIe siècle qui parait oublié: La taupe vit de pure terre, ne nule rien ne mengue se pure terre non1.

\insi qu'on le verra dans plusieurs chapitres de ce volume, les paysans croient voir dans les ossements des bêtes ou dans diverses parties de leur corps, des objets qui sont en rapport avec le christianisme : ceux des àrdennes belges disent que certains os de la tète du sanglier offrent l'aspect d'une croix8.

Les animaux du genre Myoxus dorment pendant toute la mauvaise saison, d'où leurs noms «le Rat dormant, Loir dormant, Dormant, qui ont de nombreuses formes dialectales 6. Un poëte du XVe siècle j faisait allusion en parlant des pauvres écoliers:

Pas ils ne donnent comme lerz Qui trois mois sont sans resveiller7.

1. Uichard de Fournival. Le Bestiaire d'amour, p. 8; Paul Sébillot. Littérature nrale de V Auvergne, p. 71. Dans le Doubs et aussi en Bretagne, on dit d'un mauvais ouvrier : il est comme le loup, il a les côtes en long. (Roussey. Glossaire de Bournois, p. 173).

2. B. Souche. Croyances, etc.. p. 27: A. Ilarou. Le Folklore de Codai-ville, p. 16.

3. 'iervasius de Tilbury. Otia imperialia, éd. LeibuiU, p. 1003; Roussey. Glossaire du Bournois, p. 197; M. M. Gorse. Au bas pays de Limosin, p. 230; Paul Sébillot. Traditions, t. Il, p. 113.

i. Richard de Fournival. Le Bestiaire d'amour, p. 20. Alfred Ilarou, in Hev. des Trad. pop., t. XVI, p. 152. I.. Rolland. Faune populaire, t. I, p. 37. 7. François Villon. Grand Testament, CXXI1I.

Me rendant endormy d'une telle manière Qu'un loir ne l'est point tant en sa sombre tanière (1612). Pierre Troterel. Les Corrivauj;, acte III, se. 3).

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