H. Rabou. Les païens innocents, p
8. E. Rolland. Faune pop., t. IL p. 32; F. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 51 : Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 175-174.
cadavre, s'éloigne d'un homme endormi1. En nombre de pays on dit qu'il sent la poudre ; en Haule-Bretagne, de même que les autres oiseaux de proie, l'épervier la devine aussi2.
D'après une croyance très répandue, lorsque le pivert a donné un coup de bec dans un arbre, il va de l'autre côté pour voir s'il l'a traversé. En Haute-Bretagne, où l'on assure qu'il aiguise son bec sur des tiges d'anis; s'il frappe les arbres, c'est qu'il espère y trouver la goutte d'eau qu'il n'a pas voulu aller chercher en paradis3.
Au XVIe siècle on attribuait, comme bien auparavant à la cigogne l'invention de la seringue : Quand elle se sent grevée par trop manger, la cigogne prend de l'eau en son bec qu'elle met en son corps par le fondement pour amollir la matière qui est trop dure dans son corps et par ce elle se purge *.
Ainsi qu'on l'a déjà vu, les nids de quelques oiseaux sauvages attirent la chance sur les habitations ; d'autres l'y amènent par leur seule présence. Dans les Vosges, le roitelet porte bonheur à la maison : le pain qui profite le plus à l'homme est celui que l'on émiette à son intention 5.
Bien que les hirondelles soient regardées comme inoffensives, et que dans le Bordelais on assure qu'elles ne font de mal que dans le pays au poivre où elles mangent du poivrier, on croit qu'elles peuvent nuire au bétail ; en Franche-Comté, une vache est harondalée, lorsqu'un de ces oiseaux a passé sous son ventre, et l'on y croit, comme dans la Meuse, que son lait s'est converti en sang, et que rien ne peut la guérir, pas même si l'on verse à un carrefour ce lait échauffé 6.
Le meurtre de plusieurs oiseaux, surtout de ceux auxquels la légende attribue des actes charitables, attire des disgrâces sur la personne ou sur les biens du coupable. On croit généralement que tuer une hirondelle porte malheur, et dans quelques pays on précise : en Franche- Comté le laboureur est certain de perdre une partie de ses bestiaux, comme celui qui, en Haute-Bretagne, tue le père et la mère avant que les petites pies ne soient grandes ; en Languedoc, et dans quelques autres parties du midi, le meurtre d'une bergeronnette fait crever le plus beau mouton du troupeau ; dans l'Albret, celui d'une hirondelle attire la pluie, dans les Alpes vaudoises, celui d'un corbeau peut causer un malheur. En Haute-Bretagne, celui qui tue un oiseau le dimanche de