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Maison rustique, 1597, 1. c. XV

LA santé DE LA I5ASSE-C0DR 221

parler à Saint Galicet. Dans le Finistère, les basse-cours de ceux qui avaient acheté les poulets offerts à sainte Gertrude de Treflez étaient préservées de tout accident. Deso fermières de la Bresse se rendent le jour du marché à une église dédiée à sainU)enis, et lui demandent la santé de leurs poules ; il y en a même qui y apportent leurs poussins malades1. Dans les Vosges, le pain ou le sel bénits à la messe de saint Hilaire préserve les volailles de tous maux. Pour les garantir delà vermine, il faut les faire passer à travers une couronne composée de saule ou de laurier bénit le jour des Rameaux et réciter cinq Pater et cinq Ave en l'honneur de la Vierge, de saint Jean, de saint Pierre et de saint Paul. En Franche-Comté on nettoie les poules au Carnaval ; en Poitou, pour faire prospérer les oies, on grille les gaules avec lesquelles on les conduit2.

En Bresse, le pigeon influe, comme le bouc, sur l'état sanitaire des étables ; il assainit celles dans lesquelles on lui laisse élire domicile; sous le duvet de ses ailes, il emporte le « ta » maladie vague, indéfinie, mais qui comprend tout ce qui est malsain ou pernicieux pour le bétail. On croit à Guernesey qu'il n'est pas bon d'avoir des pigeons dans la maison ; s'ils sont dans une cage et que quelqu'un du logis vient à mourir, ils meurent aussi, à moins que l'on ne place un crêpe sur le haut de la cage 3.

On a vu que des fermières lorraines donnent parfois des miettes de pain bénit à leurs poules ; mais elles ont soin auparavant d'accomplir certains rites, et c'est pour cela que cet acte leur est favorable ; d'habitude, il est considéré comme une sorte de profanation qui entraîne les conséquences les plus fâcheuses : ordinairement les oiseaux deviennent enragés ; les coqs du Finistère crèvent les yeux des enfants, les poules de la Haute-Bretagne sautent à la figure de ceux qui leur ont fait ce présent ; dans les Vosges le coq enrage, mais il a le privilège de voir venir le vent ; dans ce pays, comme aux environs de Lorient, s'il n'enrage pas, il est possédé du diable4.

Les observances des paysannes au moment de partir pour le marché avec leurs volailles semblent peu nombreuses. Il est probable toutefois qu'elles tirent de certains actes des augures analogues à celui-ci qui a été relevé au XVe siècle: Quant aucune femme porte des chappons à la

1. Henri Estienne. Apologie pour Hérodote, en. XXXV1III ; Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 164; F. Renard. Superstitions bressannes, p. 20.

2. L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 19, 111 ; Perron. Proverbes, p. 16; Léon Pineau. Le F.-Lore du Poitou, p. 506.

3. Fr. Renard. Sup. bressannes, 15-16. Edgar Mac Culloch. Guemsey Folk-Lore, p. 105, n.

4. L. du Bois. Recherches sur la Normandie, p. 340 ; E. Roltand, t. VI, p. 89 ; Paul Sébillot. Trad. t. II, p. 134; Félix Chapiseau. Le F.-L. delà Beauce, t. 1, p. 279-, L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 19; E. Rolland, 1. c.

222 les oiseaux domestiques

bonne ville pour les vendre, s'elle, d*aventure, chausse au matin sort pied droit premier, elle aura bon eur de bien vendre. Avant de se mettre en route, les ménagères des environs de Dinan frottent leurs volailles avec de la verveine sauvage, dans la persuasion qu'elles en obtiendront un meilleur prix1.

De même que celui des oiseaux sauvages, le chant de ceux de la basse-cour est fatidique. Les plus nombreux présages sont ceux que l'on tire des coqs qui se font entendre à des heures insolites. En Poitou et en Quercy celui qui chante au milieu de la nuit annonce un brouillard pour le lendemain ; en Basse-Bretagne, il indique la mort ou quoique calamité ; dans l'Allier, celui que l'on entend entre le coucher du soleil et minuit prédit le décès d'un parent ou d'un ami; aux environs de Lorienl, il pronostique un mariage s'il coquerique un nombre de fois pair, une mort si c'est un nombre impair. A Guernesey, la pêche manque si le coq chante à une heure extraordinaire. On croit en Bretagne que les coqs sont fous pendant les A vents, c'est pour cela qu'alors ils chantent à toute heure ; dans le Finistère on ne s'en effraie pas pour cette raison, mais en Haute-Bretagne c'est le présage d'un décès ; dans la partie française du Morbihan, la prédiction ne concerne que le maître2. A Longuyon, dans le pays messin, si pendant que les cloches annoncent un décès les coqs chantent, les poules caquent, c'est le signe d'un nouveau deuil dans la famille. Dans la Meuse le coq qui chante sur le seuil est un messager de malheur. Au XVIIe siècle, c'était un mauvais augure quand dans une maison la poule chantait avant le coq. En Corse, lorsqu'une poule chante ou vient gratter dans l'âtre, une personne de la maison mourra dans l'année. Dans la Meuse les oies qui crient la nuit présagent une calamité 3.

Le plus redouté de tous les augures est celui de la poule qui chante le coq, c'est-à-dire qui se met à chanter comme un coq ; la croyance à son rôle fatidique est attestée par des proverbes, des comparaisons et des superstitions variées. En Poitou, ce chant anormal est de triste présage: des œufs de la poule naissent des serpents ; suivant les paysans girondins, elle a frayé avec un reptile ; en Normandie, dans le Mentonnais, et dans nombre d'autres pays, elle prédit la mort de son maître ou la sienne ; en Lorraine, elle annonce qu'il y aura bientôt un

1. Evangiles des Quenouilles, III, 16 ; Lucie de V. H., in Rév. des Trad. pop., t. XIX, p. 162.

2. E. Rolland. Faune pop., t. VI, p. 86 ; Alex. Bouet. Breiz-hel, t. I, p. 159; E. Rolland, 1. c, p. 87 ; Victor Hugo. Les Travailleurs de la Mer; E. Rolland, 1. c; Paul Sébillot. Traditions, t. 11, p. 133; D' Fouquet. Légendes du Morbihan, p. 138-146.

3. Auricoste de Lazarque, in Hev. des Trad., t. X, p. 278 ; H. Labourasse. Anciens us etc. de la Meuse, p. 133 ; J.-B. Thiers. Traité des Sup., t. I, p. 211 ; Jules Agostini, in ltev. des Trad. pop., t. XII, p. 513 ; II. Labourasse, 1. c.

Présages et pronostics 223

décès dans la maison, qn'il y a de la sorcellerie, de la discorde dans le ménage ou que la femme veut y être la maîtresse absolue1. Il existe heureusement plusieurs moyens d'éviter ces malheurs : dans la Gironde, en Haute-Bretagne, en Normandie, en Lorraine, etc., on se hâte d'égorger la coupable ; à Marseille on cloue sa tête à la porte du jardin ou du poulailler ; dans le Loiret, on la jette par dessus la maison. En Corse, pour éviter la mort de quelqu'un de la famille, elle est tuée, puis pesée ; dans la Gironde certains croient que cette dernière précaution suffit ; à Marseille le propriétaire qui n'arrive pas à reconnaître celle de ses poules qui chante, les vend toutes; dans la Gironde^ on vend parfois l'oiseau fatal, et avec le produit on fait brûler des cierges2.

La façon d'agir insolite des volailles donne lieu aussi, quoique plus rarement, à des interprétations augurâtes : à Cornimont, lorsque les poules se battent entre elles, des personnes absentes ou dont on n'a pas eu de nouvelles depuis longtemps sont décédées. Dans la Côte-d'O'r les poules qui montent sur un bâtiment et y grattent, présagent la famine 3.

Les paysans tirent des pronostics des gestes des oiseaux. Les deux qui suivent, relevés au XVIe siècle en Haute-Bretagne, sont encore regardés comme assurés dans ce pays et dans les Vosges : Les oyes et cannesse plongeans continuellement en l'eau sentent lapluye prochaine. Quand les poules ne se retirent sous le couvert par la pluye, d'assurance elle continuera. Dans les Vosges et en Haute-Bretagne la pluie est aussi prochaine si les coqs chantent à des heures inaccoutumées, si les poules se grattent avec rage et se roulent dans la poussière. Les marins croient que lorsque étant en mer, on entend le coq chanter, un grain est imminent. Sur les côtes de la Manche, les oies qui caquent et battent des ailes annoncent le vent, en Ille-et-Vilaine le pigeon qui roucoule prédit le beau temps4.

Suivant une idée fort ancienne, puisqu'on en trouve des traces dans YAvesla où le chant du coq accompagne la fuite des démons, la voix de cet oiseau a le pouvoir de mettre lin aux enchantements et d-e

1. E. Rolland. Faune pop., t. VI, p. 84 et suiv. ; B. Souche. Croyances, p. 25 ; E. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 24 ; F. Pluquet. Contes de Bayeu.r, p. 44 ; J.-B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 117 ; Richard. Trad. de Lorraine, p. 246.

2. C. de Mensignac. Sup. de la Gironde, p. 110 ; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 136 ; Richard, 1. c, p. 246 ; J. Lecœur. Esquisses du Bocage, t. II, p. 21 ; Régis de la Colombière. Cris de Marseille, p. 277; E. Rolland, p. 85; Jules Agostini, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 465; C. de Mensignac, 1. c, p. 116 ; Régis de la Colombière, 1. c. ; C. de Mensignac, 1. c, p. 110.

3. Richard. Traditions de Lorraine, p. 244 ; E. Rolland. Faune pop., t. VI, p. 84.

4. Noël du Fidl. Œuvres, t. I, p. 32; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 126, 134; L.-F. Sauvé. Le Folk-Lore des Hautes-Vosges, p. 137, 139; La France Maritime, t. IV, p. 365 ; Paul Sébillot, 1. c, p. 142, 143.

chasser les esprits de la nuit. Dans li Romans de Dolopalhos, trois

sorcières disparaissent quand il a chanté :

Ne sai s'elles les colx oirent Ou ce ke fut certainnement, Mais je vos dis bien vraiement Que maintenant sesvauoïrent'.

La croyance est encore générale en France, où à ce signal les revenants rentrent dans leurs tombeaux. Le sabbat des sorciers cessait au premier chant du coq, et tout disparaissait en un instant ; dans les contes il chasse les démons. C'est aussi la voix de Chanteclair qui arrête les travaux que les êtres surnaturels ne peuvent exécuter que la nuit, et que dans un grand nombre de légendes, où le diable doit avoir achevé son œuvre avant son premier cocorico, une personne trouve, par ruse, le moyen d'éveiller son coq plus tôt que d"habitude ; la construction demeure inachevée, parce qu'il reste encore quelques pierres à placer, et le diable est obligé de s'en aller sans avoir reçu son salaire2.

Les plumes de divers oiseaux domestiques sont l'objet de plusieurs préjugés. On croyait au XVe siècle qu'elles influaient sur l'affection: Se une femme mettoit en l'oreille de son mari des plumes d'un chappon qui auroit mené jones pouchins, il ne pourroit jamais oublier l'amour d'elle. Actuellement le pouvoir attribué aux plumes de coq est surtout facétieux ; on dit en Poitou que si on peut glisser dans un balai une plume qui lui a été arrachée pendant qu'il s'accouple, les femmes qui l'emploieront seront prises d'une envie d'uriner pendant tout le temps qu'elles le tiendront à la main ; en Ille-et Vilaine, il faut de plus que la piume ait été bénie à l'église 3.

D'après une superstition relevée dans l'Orléanais, la Loire-Inférieure, la Gironde, et qui semble même partagée par des habitants des villes, les plumes de paon portent malheur à la maison où elles se trouvent ou à ceux qui y demeurent. Elle n'est pas toutefois générale : dans le Midi les gens du peuple décorent leurs cheminées avec ces plumes, en Auvergne et en Rouergue les chefs des bergers en ornent leurs chapeaux. La croyance à la malfaisance physique des plumes de pigeon est plus commune : dans la Côte-d*Or, celui qui coucherait dans un lit où il y en aurait deviendrait poitrinaire ; en Saintonge et en Poitou, à Guernesey, on évitait de les mettre dans les couettes ou dans les

i. A. de Gubernatis. Mythologie zoologique, t. II, p. 297 ; Li Romans de Dolopathos, p. 305.

2. E. Rolland. Faune pop., t. V, p. 88; Henry Boguet. Discours des sorciers, ch. XVIII, p. 91, 99; F. -M. Luzel. Contes, t. I, p. 101, 202; Paul Sébillot. Contes, t. II, p. 164 ; Les Travaux publics, p. 27, 157, 158, 161 à 164,311.

3. Les Evangiles des Quenouilles, V, 1, glose. ; Ldo Desaivre. Croyances, etc., p. 25: Comm. de M. Yves Sébillot.

Interprétation des chants 22o

oreillers ; le mourant qui y reposerait aurait une longue agonie ; dans le Doubs ce préjugé est si enraciné que lorsqu'un malade est à l'agonie on s'empresse de lui enlever ses oreillers, parce que, dit-on, on ne peut mourir tant que l'on a la tète sur de la plume, et surtout si c'est de la plume de pigeon l.

Le coq est de tous les animaux domestiques celui' dont on a le plus souvent interprété le chant ; c'est en effet celui dont la voix a le plus de puissance, de modulations et de variété. Il est vraisemblable que depuis un temps très reculé on a parodié son coquerico, mais les témoignages écrits sont assez rares ; celui-ci est l'un des plus anciens :

Ce coq qui faisait tant de bruit...

Et qui scandalisent tout notre voisinage ;

On l'a tué ce coq, nous ne le verrons plus ;

Sans cesse l'importun chantoit en son ramage : Que de cocus ! que de cocus !

Cette médisance forme aussi le thème favori du coq de Basse-Bretagne qui le développe, ainsi que d'autres cris, avec un certain cynisme2 : Plus fréquemment le dialogue a lieu entre deux ou plusieurs. C'est ainsi que dans le Loiret, le coq du paysan pauvre dit : « Ah ! que l'hiver est long ! » Le coq du fermier riche : « Ça ne me gêne pas, j'ai des pillons (grains de bléj ; » la même formulette, à quelques mots près, est populaire en Haute-Bretagne, et dans le Maine, où le second coq est celui du meunier. En Haute-Bretagne, le coq de la basse-cour du château chante : « Pauvre noblesse ! » dans la ferme à côté, le petit coq lui répond : « C'est encore pis ici » ! Un vieux noble du Berry, préoccupé de son état de gêne, se figurait qu'un de ses voisins avait dressé ses coqs à se moquer de sa détresse, et qu'ils chantaient en le voyant passer: « Pauvre noblesse! — Depuis quand? — Depuis Adam ». Aux environs de Lonent le grand coq chante : « Dites au grand garçon de se lever! » Les petits coqs avec leur voix aigûe répondent ; « Il a des points de côté 3 ».

Les animaux domestiques médisent parfois de leur maître, et c'est généralement le coq qui est le coryphée.

Ar c'hillok (coq). Erru ann oac'h d'ar ger, Ar c'haz (chat), Hag tien meo, meo, meo. Ar c'hi (chien). Atô' Ho 'ta, 7<5, vez.

1. Bévue des Trad. pop., t. 1, p. 47 ; Mme Vaugeois, ibid., t. XV, p. 588 ; Daleau. Trad. de la Gironde, p. 33; Bev. des Trad. pop., t. II, p. 194 ; Mistral. Trésor dou Felibrige ; E. Rolland. Faune pop., t. VI, p. 137; J.-M. Noguès. Mœurs d'autrefois en Sainlonge, p. 30; Léo Desaivre. Croyances, p. 9; Edgar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p. 105 ; Roussey. Glossaire de Bournois, p. 392.

2. Le chevalier d'Aceilly. Poésies, 1667, in-12; L.-F. Sauvé, in Bev. Celtique, t. V,p. 191-192.

3. E. Rolland. Faune populaire, t. VI, p. 113; G. Dottin. Les Parlers du Bas- Maine, p. 596 ; J.-M. Carlo, in Bev. des Trad. pop., t. II, p. 57 ; Laisnel de la Salle. Croyances du Centre, t. II, p. 202 ; E. Rolland, 1. c, p. 113.

Le chef de la famille arrive à la maison — Et il est ivre, ivre, ivre. — Toujours, toujours il l'est ». Dans la Suisse romande, le dialogue s'engage à propos de la pauvreté : Le coq dit : i\us dain tôt (nous devons tout. La poule : No payerain tôt (nous payerons tout). Le canard: Quiain? (quand). La brebis: Djemaîs (jamais). On raconte dans le Maine que trois animaux suivent le convoi du meunier: le coq qui chante : Monnier, restitue ! la cane qui dit : Pas près ! pas près ! la bique qui dit : Jamais, jamais '.

Les poules qui viennent de pondre, chantent suivant les paysans du Maine : KHi, kèta, ferai des souliers à Pâques ; en Haute-Bretagne : Je ponds pour Pâques ! comme en Languedoc :

Coudis, coudis, coudisco,

l'ara moun iou per Pasco.

Cot, cot, cot, cot, codète !

J'ai pondu uu œuf pour mon maître,

dit la poule du Loiret ; une formulette analogue est usitée en Lauraguais2.

Plusieurs des phrases que l'on déduit du chant des coqs se rapportent à leurs galanteries. Au XVIe siècle, lorsque la poule ayant pondu chantait : « Il n'est que de l'être ! » le coq répondait : « Je le fais quand je le veux. » C'est ce que dit encore le coq en Haute-Bretagne : « J'embrasse quand je veux » ; ce à quoi un autre répond : « Tu es bien heureux ! » Voici, d'après les paysans de Basse-Normandie, ce que disent les coqs d'un ou de plusieurs hameaux en se répondant la nuit. Le maître coq, le sultan : « Moi j'caouque quand j'veux ». Le coq subordonné : « Et moi quand je peux. » Le jeune coq : « Et moi jamais. » Dans la Gironde au contraire, le coq adulte chante: Lou fay quan boli/et le vieux répond : Et you quan podi 3/

Dans le Caorsin, le roucoulement du pigeon et de la colombe a inspiré un dialogue, dont il existe plusieurs versions : Le pigeon : Roucou 1 Janou. Roucou, Jeannette ! La colombe : Non, non, non ! Le Pigeon: Sabi un garroufal. Je sais une vescière. La colombe : Meno-meil menome i ! Mène-m'y ! En Basse-Bretagne la conversation a lieu entre le pigeon et sa femelle :

Ar pichounez : Poket d'in ma dous I

Ar pichoun : Poket am euz deac'h.

Ar pichounez : A'am euz ket a jonch.

1. L.-F. Sauvé. Lavarou-Koz, p. 40; cf. in Rev. Celt., t. V, p. 194, une variante morbihanuaise ; Kolher. Les Paniers, etc., Porreotruy, 1849, p. 20, cité par Rolland, t. VI, p. 112; (cf. une formulette de Meurthe-et-Moselle, dont les interlocuteurs sont trois coqs, un canard et une chèvre); G. Dottin. Les Parlers du lias-Maine, p. 355.

2. G. Dottin, 1. c. Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 130; E. Rolland, p. 112.

3. liéroalde de Verville. Le Moyen de parvenir, p. 180; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 130; Jean Fleury. Littérature orale de la Basse-Normandie, p. 210; Fr. Dileau. Trad. de la Gironde, p. 13.

La. production des œufs 227

La femelle. « Un baiser, mon doux (ami^ ». — Le pigeon: « Je vous en ai donné hier. — La femelle : Je n'en ai pas souvenance ». En Haute- Bretagne, les oies disent :

Casaque, saque, saque

Je ponds pour Jacques 1

et dans un conte de ce pays elles tournent autour de leur gardienne en chantant : « Casaque, saque, saque, saque, la jolie petite pâturette que j'avons ! » On dit en Poitou que lorsque le jars, l'oie et les oisons arrivent dans un champ de blé, ils disent : L'oie : Jhal, jhal, jhal ! Le jars: Mangeons le grain ! mangeons le grain. Les pirons : Ne gâtons pas la paille à tkiau l'homme ! x

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