‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 236 sur 491 · E. Rolland. Faune pop., t. III, p · texte numérisé non relu

E. Rolland. Faune pop., t. III, p

3. Voir la série réunie par E. Rolland. Faune populaire, t. III, p. 17-19.

4. E. Rolland, p. 56 ': Fr. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 62; Vmrtétét biblio graphiques, t. , col. 104; J.-F. Bladé. Proverbes, p. 106.

depuis qu'ils ont mangé un homme ; et de plus ils furent condamnés à vivre sous terre. Suivant d'autres la privation de cet appendice se lie à des épisodes de la vie de Jésus: ces batraciens ont continué à chanter le jour de la mort du Sauveur, et les grenouilles, ordinairement si bavardes, refusèrent de chanter au moment de la Nativité1.

Une légende recueillie dans les Côtes-du-Nord explique l'aplatissement de la tête de la vipère : lorsque l'arche flottait sur l'abîme, deux rots y firent un trou par lequel l'eau entrait : Noé ne sachant comment le boucher, se plaignit à Dieu, qui lui dit de prendre une vipère et de l'introduire dans le Irou ; Noé était bien embarrassé, car en ce tempslà les vipères avaient la tête énorme, cependant il obéit; c'est depuis que les vipères ont la tète plate, et un V marqué sur le crâne2.

Des récits satiriques assez répandus disent que la femme a la tète du diable et celui-ci celle de la femme : dans le Nivernais, le serpent a remplacé le diable qui figure dans la plupart des autres versions: Après la désobéissance d'Eve, l'ange Gabriel, transporté de colère, abattit d'un coup de sabre la tète de la femme et d'un autre celle du serpent. Dieu le père le blâma et lui dit : « C'était assez de la chasser du Paradis ; va rendre à chacun sa tête. » L'ange Gabriel se hâta, et, par mégarde, mit la tête du serpent sur les épaules de la femme 3.

L'horreur que les hommes éprouvent à la vue du sourd remonte, d'après une tradition normande, à un épisode de la Passion : Les Juifs, pour rendre plus douloureuse l'agonie du Sauveur sur la croix, firent passer sous ses yeux les bêtes les plus immondes et les plus hideuses. Jésus les regarda avec bonté, mais, quand vint le tour du mouron, l'aspect repoussant de ce petit reptile, suant le venin, lui fit détourner les yeux avec dégoût. De la vient la répulsion qu'il inspire et ce vieux dicton : « Qui tue un mouron gagne cent ans d'indulgence. » Les paysans du Finistère qui haïssent aussi ce reptile et se plaisent à le torturer racontent qu'ils le punissent du sacrilège qu'il commit jadis : la Sainte Vierge s'étant endormie au pied d'un arbre en allaitant l'Enfant Jésus, un sourd osa s'approcher d'elle et la téter4.

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