‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 313 sur 491 · E. Rolland. Faune pop., t. III, p · texte numérisé non relu

E. Rolland. Faune pop., t. III, p

3. E. Auricoste de Lazarque, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 581 ; Jehan de la Chesnaye, ibid.,t. XVII, p. 286; F. Duine, ibid., t. XVIII, p. 316; E. Rolland, p. 185 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Vosges, p. 27-28 : Jehan de la Chesnaye, 1. c.

4. Les Evangiles des Quenouilles, 1, 229; Abbé A. Dardy. Anthologie de l'Albret, t. 1, p. 233 ; Dr Paul Bidault. Sup. médicales du Morvan, p. 82.

pQUP se les rendre favorables; sa graisse mélangée au suif de bouc était employée jadis par les sorciers poitevins. En Vendée, un amoureux ayant mis, pour se venger d'une jeune fille qui l'avait rebuté, quelques goultes de sang d'anguille dans le verre où elle allait boire, elle fut ensorcelée, et, comme le poisson est, dit-on, agile sur le matin, cl. - trois ou quatre heures elle ne pouvait rester dans son lit ; elle ne recouvra le repos que quand la bête fut morte ; dans la Gironde, la poussière de foie de saumon renfermée dans un petit sachet cousu dans 1 1 ii des vêtements que portera le conscrit le jour du tirage, lui assure un bon numéro '.

Les poissons jouent un certain rôle dans la médecine superstitieuse: en Wallonie, pour faire croître les cheveux d'un enfant, on les lui lie avec de la peau d'anguille ; elle est excellente contre les crampes et contre les rhumatismes; pour se guérir de la névralgie, on en lie une autour du genou droit, et on place un cercle de fer autour de la tête du patient ; dans le Loir-et-Cher, on l'emploie comme jarretière contre les varices et la jaunisse. En Limousin, on fait manger aux enfants atteints du muguet la chair d'un poisson qui, entraîné par le courant, aura passé par-dessus la roue du moulin \

Les bateliers de la Meuse appliquaient sur la poitrine de celui qui avait la jaunisse, une carpe ou une tanche vivante et l'y laissaient jusqu'à ce qu'elle tombe en putréfaction. Au XVIIe siècle, pour désenfler le ventre, on mettait sur le nombril du patient une tanche vive que l'on bandait avec une serviette ; après vingt-quatre heures on allait l'enterrer dans du fumier et l'enflure disparaissait3. La croyance à l'efficacité du sang d'anguille pour corriger les ivrognes est plus ancienne que le seizième siècle où la recette est ainsi formulée : Prenez trois ou quatre anguilles toutes vives, mettez-les à tremper en vin jusqu'à ce qu'elles meurent, puis faire boire de ce vin aux yvrongnes. En Gironde et en Vendée, on administre ce remède^mêlé au vin ; en Auvergne on y fait seulement dégoutter un peu de sang; dans le Loir-et-Cher, le sang doit avoir été pris à un marguin, ou anguille mâle, qui est très rare; dans le pays de Liège, on donnait aux buveuses un verre de genièvre tiré d'une bouteille où l'empirique avait laissé crever une anguille4.

1. George Sand. \anon, cité par Rolland, p. 103; B. Souche. Proverbes, p. 48; Jehan de la Chesnaye. Contes du Bocage vendéen, p. H ; 0. de Mensignac. Supers l. de la Gironde, p. 117.

2. E. JMonseur. te Folklore wallon, p. 9 ; A. Hock. Croyances el remèdes du pays de Liège, p. 26; J. Defrecheux. Voc. de la Faune wall., p. 21 ; E. Monseur, I. c, p. 27 ; F. Houssay, in Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 381 ; Fra Deuni, ibUL, t. IX, p. 423.

3. A. Hock, I. c, p. 37; D'Emery. Nouveau recueil de curiasitez, t. I, p. 73.

4. Maison rustique, 1. VI, en. 16 ; F. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 39 ; B. Souche. Croyances, etc., p. 32; Thibault. Du dialecte blaisois, p. 216; A. Hock, I. c, p. 124.

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