‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 346 sur 491 · PROCÉDÉS POUR LA RÉCOLTE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS POUR LA RÉCOLTE

constatées plus rarement, ont aussi pour but d'assurer une bonne récolte. Dans quelques localités de Picardie, le jour des Brandons, a la tombée de la nuit, on dansait en chantant :

Breaudé, breaudon, Par mandalée par quarteron, Pour les enfants de no moisons.

Aux environs de Genève, le premier dimanche de mai, on promène un mannequin revêtu de feuilles, et que l'on appelle pour cela feuillu ou follhiu, en criant à tue-tête :

Follhiu ! Follhiu !

Mé de fruita que dé follhes ' /

En Languedoc, on récite cette prière :

0 san ta Maria !

Que lous ouliviès Tenguou moi encara Que sous anounciès !

0 sainte Marie — Que les oliviers— Aient encore plus de fruits — Qu'elles n'en ont annoncé (par les fleurs)2.

On a cru par divers moyens rendre la vigueur aux arbresqui semblaient l'avoir perdue; on disait au XVIe siècle : un chien mort ou aulre charogne enterrée au pied d'un arbre le revigore3. Ainsi qu'on l'a vu, cette même propriété est attribuée au cadavre du chat.

L'usage de secouer les arbres, dans l'espoir de les préserver des insectes rongeurs ou de les faire rapporter davantage, est sans doute plus ancien que le XV0 siècle : Qui behourde (secoue) le jour des brandons ses arbres, sache pour vray qu'ilz n'auront en tout cest an ne honnines ne vermines *. Le noyer a été et est encore, plus que toul autre, l'objet de cette pratique :

Les asnes, les femmes, les noix Porter plus de profit tu vois A celuy qui de grand' secousse D'une main cruelle les pousse.

C'est une chose admirable du noyer, dit un vieux traité, que tant plus il est battu tous les ans, de l'année suivante, il porte du fruit en en abondance. En Haute-Bretagne, si les noyers ne rapportent pas, on les gaule violemment quand ils sont en sève'. Au Thillot, dans les Vosges, pour que les arbres aient une abondante récolte, on 1rs secoue le Jeudi saint, au moment où les cloches sont sur le point

t. Corblet. Glossaire du patois picard ; Blavignac. L'Empro genevois, p. 172-173

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