‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 412 sur 491 · LA CULTURE · texte numérisé non relu

LA CULTURE

L'usage de faire bénir les semences subsiste encore dans beaucoup de pays. Ordinairement les cultivateurs apportent à l'église un échantillon qui, après avoir été aspergé d'eau bénite, est mélangé à la quant.té préparée pour l'ensemencement ; dans l'Aube on y présente,

lpop] t22XlXdpen3oOUëUet,in La ricardi^ mai 1903 : P- Rondou. in Rei, des Trad. t.Xvil,^!*^"^5 etliavions> P- 106- <*« par A. HaroU, Beo. des Trad. pop., 2. Lucie de V. H. in liev. des Trad. pop. t XX p 214

le jour Sain I Abdon, le seigie dans un vase orné de fleurs B. 11 est vraisemblable que cette pratique n'a pas toujours une forme aussi orthodoxe, et qu'il s'y joint des observances apparentées à celles qui ont été relevées dans quelques régions. Au milieu du siècle dernier, les Femmes «le Labruguière mettaient dans leur poche des graines de violier avec un peu de terre, et le Jeudi saint, pendant qu'on chantait le Stabat, elles agitaient vivement ce mélange, convaincues que par là elles obtiendraient des fleurs doubles ; en Lauraguais, on remue pendant toute la durée du sermon de la Passion les grains que l'on désire produire des fleurs doubles, et on les sème le lendemain. Jusque vers 1863, les paysannes apportaient leurs pépins de courge pour les faire balancer par la grande cloche de la cathédrale de Lausanne, le 25 mars, pendant qu'elle sonnerait midi, ce qui devait leur donner de la vertu, et augmenter leur volume ; dans la vallée d'Aoste, on se contentait de les porter durant la procession de Saint-Marc2.

Au XVIIe siècle on préservait le blé de divers inconvénients en observant les pratiques suivantes : Pour empêcher la nielle, le premier qui revient de la messe de minuit met à part une pelléede cendres, celui qui revient de la messe du point du jour, de même que celui qui revient de la messe du jour en fait autant, puis ils mêlent ces trois pellées avec le blé des semailles prochaines ; d'autres, au retour de la inesse de minuit, ferment la porte du logis sur eux, ramassent les cendres du Trefouer de la bûche de Noël et les mêlent avec les graines destinées à ensemencer les terres l'année suivante. On mêlait aussi à la semence de la chaux cuite entre l'Assomption et la Nativité de la Vierge J . Dans la Brie, on prévenait la carie du blé en jetant des fragments de la bûche de Noël dans l'eau destinée à chauler. En Poitou des laboureurs saupoudraient leur semence avec la cendre du bûcher de la Saint-Jean. Aux environs de Metz, quelques personnes répandent de la braise de ce feu sur les oignons afin de les faire devenir plus beaux ; au XVIIe siècle, un tison des Brandons procurait le même resullat ; en Hainaut on mêlait à la semence des céréales des feuilles de buis bénits 4.

La coutume, signalée au XVIIe siècle, de porter dans la nappe qui a servi le jour de Noël le blé de semence afin qu'il vienne mieux, est

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