‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 434 sur 491 · Juste Olivier. Œuvres choisies, t. I. p · texte numérisé non relu

Juste Olivier. Œuvres choisies, t. I. p

3. J.-.M. Noguès. Mœurs d'autrefois £n Saintonge, p. 15:2 : Léon Pinsau. Le F. -t.. du Poitou, p. 497 : Léon Pineau, in Rev. des Trad. pop. t. XIX. p. I

4. Paul Sébillot. Le Folk-Lore des pécheurs, p. in m ; \ Ferrant!, in Rev. des Trad. pop. t. XI, p. 2:>.

L'heure «le la cueillette, les phases de la lune et diverses autres circoDstances influent sur l'efficacité des plantes: au XIIIe siècle une sorcière, à laquelle une jeune femme demandait par quel moyen elle pourrait vivre en paix avec son mari et se faire aimer de lui, lui conseille de se lever avant le jour, et d'entrer dans le jardin de la vieille, en ayant soin de ne parler ni à l'aller ni au retour ; elle devait fléchir le genoux vers l'Orient, dire trois Pater, cueillir un brin d'averoneai lui demander par trois fois pourquoi son mari la maltraitait, etque l'herbe donneraitla réponse '. Trois cents ans plus tard, on faisait, comme aussi de nos jours, attention à l'heure; on laxaitde superstition ceuxqui pour se garantir ou pour garantir les autres de maléfices ou de charmes allaient cueillir de grand matin à jeun, sans avoir lavé leurs mains, sans avoir prié Dieu, sans parler à personne, et sans saluer personne en leur chemin, une certaine plante et la mettaient ensuite sur la personne maléficiée ou ensorcelée. En Franche-Comté la fougère mâle ramassée à jeun, par quelqu'un ayant communié avant le lever du soleil, garantit des sortilèges ; trempée dans l'eau bénite et salée avec du sel béni, elle guérit de toutes les maladies les bestiaux qui la mangent. Suivant la tradition du pays de Liège, la mousse prise entre onze heures et minuit en pleine lune, à l'ombre d'un frêne, près d'un ruisseau et pendant, que le coucou répétait trois fois son chant, était employée naguère par les laïques qui chassaient le diable 2.

Jadis le trèfle à quatre feuilles devait être récolté de nuit à la nouvelle lune. Noël du Fail fait allusion aux sorciers de Retiers qui étaient supposés s'être mis en campagne pour le chercher, et Cyrano de Bergerac parle des joueurs qui allaient le ramasser sous le gibet 3. En Basse-Bretagne, il fallait le cueillir à genoux et le couper avec les dents ; l'herbe d'or n'avait de vertu que si elle avait été ramassée pieds nus, en chemise, sans être tranchée par le fer et par quelqu'un en état de grâce '.

lue superstition du XV0 siècle s'attachait a une plante potagère qui, prise à une certaine heure, pouvait devenir funeste : Qui cueille ou eslit la porée le samedy après nonne pour le dimence cuire et mengier, il en vient de legier, à celles qui ce font, le mal que l'on dist le joyel Nostre Dame 5.

Plusieurs plantes sont associées à des opérations magiques destinées a faire périr les gens ou à leur causer de notables dommages. Autre-

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