C. de Mensignac. superstitions de la Gironde, p
5. J.-B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 255 ;De Wétivi r l>e l'agriculture des Landes, p. 452.
i-88 LES PLANTES
diverses places : une heure après on voil accourir le gibier que l'on a désiré. Pour les oiseaux, on l'ait bouillir une poignée de graine de jusquiame, et, après l'avoir séchée au soleil, on la jette dans une terre fraîchement remuée ; tout aussitôt toutes sortes d'oiseaux viennent s'abattre sur ce champ '.
Les plantes servent à la composition des aphrodisiaques ; mais il en est qui par leur simple contact exercent de l'intluence sur les affections. Dans la (iironde, pour inspirer de l'amour, il faut placer dans la poche de la personne dont on désire être aimé, et sans qu'elle le sache, un trèfle à quatre ou cinq feuilles ; niais il est nécessaire qu'au moment de le cueillir, on ait ignoré complètement ce qu'on eu fera plus laid. La graine de Irètle, ramassée dans les mêmes conditions, produit aussi ce résultat. Une femme qui veut rendre un homme amoureux, lui met dans sa poche, sans qu'il s'en aperçoive, un pen de germandrée aquatique teucrium scordium . Le jeune homme pour être aimé d'une femme doit placer sur elle, à son insu, la moitié d'un bulbe de martagon [ochis hircina) et garder l'autre moitié' dans son vêtement 2. En Haute-Bretagne, un homme qui mettrait de la joubarbe dans sa poche, et la ferait sentir à une fille, la contraindrait de courir après lui. Dans la Vienne quand on veut forcer un garçon à aimer une lille, et réciproquement, on leur offre séparément à chacun, un bouquet de feuilles de mauves avec des fleurs de muguet au milieu. Dans l'Allier, ou souille sur du trèfle à quatre feuilles et on le fait respirer à l'objet de son amour. Dans le Cher la fille qui porte sur soi un trèfle préalablement trempé dans l'eau bénite attire les amoureux s. En Haute- Bretagne, si on a de l'herbe d'oubli dans sa manche, on peut se faire suivre partout par la personne à laquelle on l'a fait sentir ; aucune femme ne peut résister à celui qui a dans sa poche une fleur de trèfle incarnat ;. Kn Savoie, lorsque la marguerite effeuillée a répondu : pas du tout, l'amoureux tâche de placer subrepticement trois plantes fleuries de la « main du diable » sous l'oreiller de sa bien-aimée 5.
Les plantes qui, mangées ou bues en décoction inspirent de l'amour, étaient probablement plus employées autrefois que de nos jours. On en rencontre plusieurs au XVe siècle dont l'usage n'a pas été relevé à l'époque contemporaine : Quant une femme veult estre de son mary ou de son amy bien aînée, si lui face mengier herbe de chat, et il
1. E. Rolland, t. H, p. 31 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Vosr/es, p. 347.