‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 50 sur 491 · LES LOUPS-GAROLS DO · texte numérisé non relu

LES LOUPS-GAROLS DO

Gervaise de Tilbury ne met pas la chose en doute ; il parle d'un habitant du Vivarais qui, à chaque nouvelle lune, se sentait comme obligé d'ôter ses vêtements, et de se rouler sur le sable jusqu'à ce qu'il devint loup ; après quelques jours de vie commune avec ces bêtes, il redevenait homme. Ailleurs il raconte qu'il a connu en Auvergne un noble qui avait déshérité un de ses parents parce que celui-ci de temps en temps se changeait en loup, et dévastait les étables des villageois ; un charpentier lui ayant coupé une patte, il reprit la forme humaine, avec une jambe de moins, mais depuis il cessa de mal faire l. On voit qu'au XIIIe siècle, comme de nos jours, le lycanlhrope était délivré dès que son sang avait coulé. Les commères des Evangiles des Quenouilles causent à plusieurs reprises « de leus warous » qui ont été leurs maris, ou dont on leur a raconté les gestes '-.

Les écrivains qui ont parlé de ces métamorphoses ont assez rarement dit les causes qui les motivaient. Quelques-unes avaient lieu à la suite d'une malédiction ecclésiastique qui semble avoir persisté jusqu'à la Révolution. Lorsque les prêtres avaient lancé un monitoire pour faire venir à révélation celui qui avait été témoin d'un vol ou d'un crime, celui-ci pouvait être changé en bête s'il ne disait pas le nom du coupable 3. En Normandie si après les publications faites au prône de treis dimanches consécutifs, aucune révélation n'était faite, le pasteur prononçait la formule d'excommunication, et, pendant sept ans, parfois seulement pendant trois, l'homme était revêtu d'une peau, ordinainairement de loup, qu'il devait prendre toutes les nuits, à moins qu'il ne fût blessé à sang au front de trois coups de couteau ou avec une clef: si la tentative ne réussissait pas, la pénitence était à recommencer. En Basse-Bretagne, on croyait, un peu avant le milieu du siècle dernier, que des hommes pouvaient être convertis en loups pour avoir été plus de dix ans sans se confesser ou sans mettre le doigt au bénitier4.

La transformation, lorsqu'elle se produisit à la suite d'unpacteavec le diable, ou d'après ses conseils, était précédée d'une onction ; au temps des procès de sorcellerie, des gens déclaraient que : S'estant oincts ils furent retournez en loups courans d'une légèreté incroyable, puis ils estoient changez en hommes et souvent rechangez en loups... Ils confessèrent aussi avoir tué un jeune garçon de sept ans avec les pattes et

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