‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 54 sur 491 · FEMMES ACCOUCHANT D ANIMAI X · texte numérisé non relu

FEMMES ACCOUCHANT D ANIMAI X

encore, lame peut être momentanément séparée du corps et s'en éloigner sous forme animale. Elle emprunte assez fréquemment celle de quelques-uns des petits mammifères sauvages renommés pour leur agilité. Dans une légende recueillie en 1900 dans la partie française des Côtes-du-Nord, une souris blanche est arrêtée sur le bord d'une rivière, qu'elle franchit lorsqu'un homme compatissant a courbé audessus des branches de saules pour lui faire un pont ; il la voit ensuite disparaître dans la bouche d'un homme endormi, qui, ayant été réveillé, raconte qu'il a rêvé qu'au moment où il allait se noyer dans une rivière, quelqu'un lui a jeté un grand bâton qui lui a permis de la traverser1.

Le diable qui a de nombreux animaux domestiques à son service, exerce moins fréquemment son pouvoir sur les bêtes sauvages ; pourtant le lièvre du diable figure dans un conte du Finistère : mutilé par un chasseur, il prend la parole pour lui commander de venir chez son maître 8. Les adeptes de la sorcellerie ne sont guère en relation qu'avec les loups, et ils ne les emploient pas, comme autrefois, à leurs chevauchées ; on racontait au XIIIe siècle qu'une femme de Bretagne vit entrer dans sa maison, dont toutes les portes étaient closes, une sorcière vampire à laquelle un loup servait de monture 3.

L'épisode des femmes qui accouchent d'animaux est fréquent dans les légendes et dans les contes; mais deux récits seulement parlent d'animaux sauvages (singes et ours) nés dans ces conditions4. Ces naissances anormales — et supposées — ont presque toujours lieu sans que les méchantes gens qui substituent des bètes aux enfants, accusent les mères d'avoir eu des amours monstrueux. Une autre série de récits parle de relations entre la femme et un animal quasi anthropomorphe. Dans la région des Pyrénées, où les ours sont encore assez nombreux, on prétend qu'ils enlèvent les jeunes filles dont ils ont des produits moitié hommes, et moitié ours'. Une femme emportée par un ours dans sa caverne a un (ils qui, au bout de sept ans, soulève la

1. Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 626; dans la légende de Gontran, c'est aussi une souris qui, après avoir traversé la rivière sur une épée, rentre dans la bouche du dormeur, comme la belette qui sort de la bouche d un soldat endormi. (Griinm. Veillées allemandes, t. I, p. 169 ; cf. aussi sur ce thème, feebillot. Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 627 et suiv.).

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