‹ Le folk-lore de FranceChapitre 131 sur 403 · Du Laurens de la Barre. Nouveaux fantômes bretons, p · texte numérisé non relu

Du Laurens de la Barre. Nouveaux fantômes bretons, p

5. Bérenger-Féraud. Superstilions et survivances, t. IL, p. 328, 295.

6. Régis de l'Estourbeillon. {{inéraire des moines de Landevennec, 1889, p. 1. 1. J.-G. Bulliot et Thiollier, 1. c., p. 308. 8. J.-F. Cerquand. Légendes ‘du pays basque, t. IV, p. 17 et 15. 9. Alfred Harou. Mélanges de Traditionnismeen Belgique, p. 94.

armes des personnages héroïques est au reste ancienne : on faisait voir, en Laconie, au deuxième siècle de notre ère, une fontaine qu'Atalante, altérée par la chasse, avait fait sourdre en frappant le rocher de son javelot!.

Les deux légendes ci-dessus ne mentionnent aucune prière; mais le plus souvent les héros, en pareil cas, implorent le secours de la divinité : En présence de l'ennemi, les Francs postés sur les hauteurs de Passa, étaient brûlés par une soif si ardente qu'ils laissaient tomber leurs armes. Charlemagne, plein de confiance en la Vierge, l'invoque avec ferveur, et, plongeant son épée dans le lit d'un torrent desséché, en fait sortir une source abondante?. Près de Fosse dans les Ardennes, l’armée allait mourir de soif, quand le grand empereur fit jaillir une fonlaine en frappant la terre de son épée. D'après un récit des Ardennes belges, les soldats de Charles souffraient aussi cruellement du manque d’eau, lorsque leur chef, saisissant une lance, la planta dans le roc, en adressant à Dieu une prière; soudain sortit une source qui depuis n’a jamais tari, et l’on montre en haut de ces escarpements la Fontaine de l'Empereur, qui suinte de rocher en rocher jusqu'au bas de la vallée*. Suivant des contes populaires, le prince ou empereur Charles campait dans la plaine de Toulon (Dordogne). Comme les ennemis avaient empoisonné la source, et que ses soldats élaient dévorés par la soif, le prince, l'âme livrée au désespoir, restait immobile, appuyé sur le pommeau de son épée, lorsque tout à coup il aperçut des filets d'eau que la pointe de son glaive faisait jaillir, et quelques moments plus tard le gouffre de Toulon apparut tout entier‘. Lors du siège de Carcassonne, les Sarrasins ayant empoisonné les puits, l’empereur ficha sa lance en terre, et l'on vit couler de l’eau en abondance : c'est la Fontaine Charlemagne *. Au plus fort du combat entre les Manceaux et les Poitevins, qui se livra près de Saint-Aignan, l’une des armées manquant d'eau, son chef leva son épée vers le ciel en disant : « Grand Dieu, signalez ici votre puissance, comme vous le signalâtes autrefois en faisant sortir l'eau d’un rocher ». Il piqua ensuite son arme en terre, et quand il la retira, on vit sourdre une fontaine qui existe encore.

Ce trait de l'épée enfoncée dans le sol figurait peut-être autrefois dans une légende que d’Argentré à rapportée : lorsque, repoussé par les

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