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Lecœur. Esquisses du Bocage normand, t. I, p

6. Hisloire de Normandie, p. 10, cité par Amélie Bosquet. La Normandie roman esque, p. 201.

1. Voyage de François Vinchant en France et en Italie de 1609 à 1610, in Bull. de la Société belge de Géographie, 1897, p. 366. Cette particularité est aussi rap- \ portée par Chorier. Hist. du Dauphiné 1. I, ch. 8.

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210 LES FONTAÎNES

aussi en Alsace deux fontaines de la Faim ‘. À Saint-Auban, près de Grasse, une fontaine porte le nom de Fouan de Carestier, parce qu’elle ne coule que pendant l'été, les années de mauvaise récolte ?. A Trizac (Cantal) la fontaine Bourdoire, qui ne flue qu'à de longs intervalles, indique une famine prochaine ?. Celle d'Heiligenstein en Haute-Alsace, ne coule que lorsque la récolte doit manquer *. D'autres au contraire, lorsque leur débit était peu abondant, présageaient la diselte: si la source de Ladoux, sur la route de Clermont-Ferrand, ne laisse échapper qu'un faible filet d'eau, c'est année de cher vivre, et la fontaine Vitoire à Douvre-la-Délivrande (Calvados), annonçait la stérilité de l’année où elle tarissait *.

Dans les Alpes suisses on croyait voir dans le retour plus ou moins prompt de certaines sources périodiques qui, à sec en hiver, renaissent au printemps, un présage de la plus ou moins grande fertilité de l’annéef. Une source dans une cave à Wengen (Basse-Alsace) appelée la Fontaine du Vin, ne coule que lorsque la vendange doit être bonne.

D'autres fontaines prédisent des malheurs publics: la Font-Sala en Beaujolais fut, en 1870 par exemple, bien plus abondante que d’habitude 8. La fontaine de Malheur, au pied du plateau du Terme, est intermittente : depuis la fin du XVIII siècle, elle a coulé à peine huit ou dix fois. Celte apparition élait pour les anciens l'annonce de calamités de toutes natures ; aussi ne s’en approchaient-ils qu'avec une sorte de terreur superstitieuse et en se signant à plusieurs reprises. Elle jaillit surtout avec force en 1815 et en 1816, lorsque les malheurs de deux années pluvieuses s’ajoutèrent aux désastres de l'invasion. C'est alors qu'on lui donna le nom qu’elle porte *. La fontaine dite de la Mort, au château de Coucy, tarissait jadis au moment où le seigneur du lieu passait de vie à trépas ‘°.

En Normandie, une fontaine à laquelle on attribue, comme à diverses autres particularités de la nature, le pouvoir de se déplacer, est en relation avec la fin du monde : La fontaine de Saint-Berthevin s’approche chaque année de l’église de la longueur d'un pas d'homme ;

. Aug. Stœber. Die Sagen des Elsasses, nos 84 et 139. . Bérenger-Féraud. Superstitions et survivances, t. III. p. 297. . Durif. Le Cantal, p. 314.

. Stœber. Die Sagen des Elsasses, n. 39.

3. Dr Pommerol, in Revue des Trad. pop., t. XV, p. 660; J. Lecœur. Esquisses du Bocage normand, t. Il, p. 19.

6. Bridel, in Académie Celtique, t. V, p. 191. 1. Stœber. Die Sagen des Elsasses, n. 1174.

8. Claudius Savoye. Le Beaujolais préhistorique, p. 118. 9. A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 332.

10. Bérenger-Féraud. Superslilions et survivances, t. Ilï, p. 302.

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