‹ Le folk-lore de FranceChapitre 321 sur 403 · Roussey. Glossaire de Bournois, p · texte numérisé non relu

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traverser la Seine, s'approche du fleuve et lui dit: — Commère la: Seine, es-tu allée à Paris ? — Oui. — As-tu jamais vu le palais du roi? — Non. —— Hé! bien, si tu veux, je te le ferai voir ; fourre-toi sous mon aile ». La Seine se replie, et se place sous l'aile de Moitié-de-Coq, qui franchit alors la rivière à pied sec. Lorsque le roi fait allumer le bûcher sur lequel il veut griller Moitié-de-Coq, celui-ci dit à Gommère la Seine; de sortir de sous son aile; elle éteint le feu et y rentre ; en revenant chez lui, Moitié-de-Coq la remet dans son lit. Une donnée analogue figure dans le conte poitevin de la Petite Moitié de Geau, où la rivière s'appelle la Vienne ; dans le conte patois de Moitié-de-Quene (cane), dans le récit champenois de Bout-de-Canard, dans des versions de Troyes, du Berry, de la Lorraine, de la Picardie, de la Haute-Marne, du pays de Montbéliard'. Dans un conte de marins qui met en scène les vents personnifiés, Norouà, l'un d’eux, fait présent à un bonhomme d'une boite qui contient une rivière à laquelle il suffit de commander, pour qu’elle en sorte et noie tous les gens qui sont auprès excepté ceux que son maitre lui aura ordonné d'épargner *.

Des rivières, qui n’ont au reste qu’une existence temporaire, sont produites par une puissance magique: parfois la personne qui la possède se métamorphose elle-même en eau courante, comme la biche blanche poursuivie par une méchante fée, ou la fille de l’ogre d'un conte lorrain : dans des récits de la Haute-Bretagne, la fille d'un magicien ordonne à son cheval de se changer en rivière‘. La Perle, poursuivi par un géant, commande à sa baguette de faire couler une rivière si profonde que l'ogre ñe puisse la traverser® ; la fille du diable jette à terre une boîte magique ou son peigne, en souhaitant qu'une grande rivière se forme et qu'elle soit pour son père impossible à franchir! ; le diable ordonne àfun garçon venu à son château de faire une rivière portant baleau ’.

4. Paul Sébillot. Contes de la Haute-Bretagne, t. 11, p. 319 et suiv.; Léon Pineau. Contes du Poitou, p. 171 et suiv. ; (dans certains contes, c'est la mer qui se forme dans le derrière du coq ou du poulet. Gabrielle Sébillot, in Revue des Trad. pop., t. XVI, p. 513, Bigorre); Clémentine {Poey-D’Avant, in Revue des provinces de l'Ouest. Nantes, 1858 ; Charles Marelle. Contes et chants populaires français. Braunschweig, 1876, in-8, p. 18; L. Morin. in Rev. des Trad. pop., t. VI, p. 481; Nérée Quépat, in Mélusine, t. I, col. 181 ; Henri Carnoy. Lillérature orale de la Picardie, p. 214; Morel-Retz, in Rev. des Trad. pop., t. X, p. 362; Jean Macé. Contes du petit château, in-18, p. 114,

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