Folk-Lore Journal^ t. m, p
il saisit la ligne et dit : « Tu tires par en haut, je tirerai par en bas. » Dès ce moment elle est tellement tixce au fond, que pour l'en retirer, il faut la casser. A Menton, le Magou épouvante aussi les pêcheurs, et leur parle dans des termes analogues (i).
Les Hisii aquatiques des Finnois étaient des divinités méchantes qui se plaisaient à ôter l'appât de Thameçon ; le pêcheur croyait que le poisson avait mordu, alors que Tappàt avait été enlevé. Un démon marin de la Polynésie» Adrum-bu Sambo vole le poisson dans les filets (2).
C'est pour détourner ces divers maléfices que les pêcheurs ont sur eux ou sur leurs barques des amulettes, et qu'ils se livrent à des pratiques variées. Les femmes du Cap Sizun font souvent porter à leurs hommes le louzou ou sachet magique
1. Béhenger-Fëraud, Superstitions et survivances, t. II, p. 8; Bévue des Trad. pop.^ t. ix, p. 233.
2. A. RÉVILLE. Religions de» non-eivilisés, t. II, p. 202 : F. -S. Bassett, p. 92.
qui les préserve du mauvais œil, et leur donne la chance à la pêche. Pobet-Coz»
un vieux marin d'Audierne, en avait une cousue dans la doublure de sa vareuse, et il prenait tant de poissons que l'on disait de lui :
Muioch a pak Pobet gad tachou Evit Goayannis gad higuennon !
Pobet avec des clous — fait plus de captures — que les Audiemais avec des hame.
çons. Cette chance dura tant que sa vareuse conserva le louzou. Un jour cependant le sachet tomba par un trou de la doublure, et le mousse ignorant le jeta par-dessus bord. Dès ce moment la chance cessa et Pobet ne fit pas meilleure pêche que les autres marins du Cap (1).
Les vieux pêcheurs saintongeais cueillaient, de façon à représenter par devant certains signes mystérieux, de la fougère mâle la veille de la Saint-Jean, à jeun, et,
i. H. Le Carguet, in Revue des Trad. pop, t. IV, p. 467.
avant soleil levé, et ils tressaient des ceintures (1).
Les nègres de Sierra-Leone ne se hasardaient jamais dans leurs canots sans s'être munis de gris-gris (2).
A Redcar, dans le Yorkshire, pour s'assurer de la chance, on avait coutume de changer chaque année Téquipage des bateaux(3).
Au XVII« siècle, les pêcheurs de Tile de Man ne sortaient pas sans avoir du sel dans leurs poches. Ceux des bords de la Tweed pour avoir de la chance jetaient du sel sur leurs filets et ils en lançaient à la mer, encore en 1879. pour aveugler les fairies.
Kn Islande, une pierre appelée oskastein ou pierre du souhait est en usage chez les pêcheurs en mer. On se la procure en marquant un œuf de corbeau, trois jours avant réclosion,en le mettant dans l'eau et en le replaçant sous l'oiseau ; lorsque le