LES PECHEURS EX EAU DOUCE
Nat, Tesprit des eaux, qui autrement détruirait le poisson (1).
Lorsque les pêcheurs du lac d*Anten en Suède passaient devant une île où, dit-on, un chevalier habite avec une Merwife ou femme aquatique, ils avaient soin d*ôter leur chapeau comme un salut à sire Gusmar, dans la croyance qu'ils n'auraient pas de chance s'ils négligeaient cette formalité (2).
Au Sénégal le gieultabé, ou chef des villages de pêcheurs, avait de grands pouvoirs, comme celui de faire sortir de Teau les caïmans et de les contraindre à exécuter ses ordres (3).
Au Canada, il était d'usage de vendre aux enchères le premier saumon pris ; le produit en était affecté à des messes pour la délivrance des âmes du Purgatoire (4).
Opochtli était le dieu mexicain de la
1. Tylor, Civilisation primitive, t. ii, p. 275. Laharpe, t. II, p. 239. Bassbtt, p. 72.
2. Thorpe, Northern Myfhologi/, t. ii, p. 77. 3. A. Kaffbnel, Voyage au pays des nègres, p. 83. 4, Dk GASPÉ,Le« anciens Câ7ia(iie7i5,t. i,p.l68.
pêche et des pêcheurs ; les filets lui étaient consacrés. Les Hurons et les Indiens Athabascan mariaient leurs filets à une jeune fille pour avoir de la chance*
En Russie les Rusalkas déchirent quelquefois les filets et volent le poisson. Les pêcheurs de la Tweed croyaient que les fairies avaient de l'influence sur leur pêche. Les pêcheurs de Bohême disent qu*un esprit des eaux se tient près du rivage avec une massue et qu*il détruit les enfants ; ils n'usent secourir un homme qui se noie, dans la crainte que cet esprit ne s'en trouve offensé, et qg il n'éloigne le poisson de leurs filets. Les pêcheurs Chinois ont la même répulsion. (1).
Les pêcheurs terrestres, de même que ceux du bord de la mer, croyaient à la funeste influence des femmes. Martin dans son Voyage aux îles de l'Ouest de l'Ecosse (1716) raconte que les pêcheurs de Baryas, île de Saint-Lewis, avaient coutume d'cn-
1. F.-S. Bassett, p. 70, 411, 161, 151» 160. W. Jones. Credulitiesy'p. 27. Bassett, p. 469.