‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 24 sur 281 · Sproat. Savage life, p · texte numérisé non relu

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des cérémonies d'initiation. Mais jusqu'ici je n*en connais qu'une, relevée à Audierne par M. H. Le Carguel. Dans ce pays, les mousses sont inscrits au rôle des bateaux de pêche à neuf ans et ils ont moitié-parid'homme. Dans une famille de pêcheurs où le père gagne, un mousse enrôlé, c'est l'aisance. Deux, c'est la fortune. Le gain de Taîné sert à élever ses frères ; celui du cadet à construire une maisonnette. Voici comment se pratique, à Audierne, le rite connu sous le nom de Baptême du Mousse :

Un soir, le père dit à son fils : « Demain tu iras boëtter ; je t'ai mis au rôle. . . Puis, tu seras baptisé ». A ces mots, l'enfant manifeste sa joie. Mais sa mère le regarde tristement. Le lendemain, armé d'une pioche et d'un vieux sabot comme récipient, il rejoint, à marée basse, la bande des mousses, en amont du port, dans le lit de la rivière. A sa vue, tous lui font chère ; c'est à qui lui offrira son tabac, ses feuilles de papier à cigarettes. Bientôt, l'enfant, à force de répondre à toutes les politesses, se grise. Aussitôt on lui chante

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les Plaisirs de V homme saoul, — pligadur an den meo. C'est une parodie d'un ancien cantique breton, qui énumère les joies du paradis. La chanson terminée, on procède au baptême. Le néophyte est entouré. Les grands, de force^ s'il ne se déshabille pas lui-même, le mettent nu. Puis la cérémonie commence. Les uns, avec du gravier, lui frictionnent tout le corps, le briquent^ selon le terme consacré. Les autres le salent. Avec de grosses poignées de vers de vase, ils lui pétrissent les parties génita* les, souvent jusqu'à ce qu'il s'évanouisse, ou se pâme ; cela fait, on lui donne un surnom qu'il gardera pendant toute son existence. A Audieme, les surnoms des mousses, recueillis au nombre de 109, désignent les campagnes des pères, (Tonquin, Sibérie, etc ), mais la plupart indiquent une attitude, un travers particulier au mousse que l'on baptise. Au retour, ce sont des chants faisant toujours allusion à l'acte qui vient de se commettre. Le père s'empresse de demander à l'enfant son nouveau nom et le déclare sacré marin. La

mère, au contraire, l'attire à elle. Car elle sait que parfois l'enfant a besoin de soins.

Le moindre inconvénient du baptême du mousse est un paraphimosis qu'elle aura à réduire. 11 y a même eu, paraît-il, autrefois, des accidents mortels. Cette coutume existe depuis bien longtemps. Les marins les plus âgés affirment l'avoir pratiquée.

Avant eux, d'après leurs dires, elle existait également. Parfois, cependant, on se contentait d'enterrer l'enfant, dans le sable, jusqu'à la ceinture (1). Nous avons vu, p. 29, que l'enterrement dans le sable subsiste en Haute-Bretagne et aux îles Andaman, à l'état de simple jeu.

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