‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 69 sur 281 · Castelm, Credenze, p · texte numérisé non relu

Castelm, Credenze, p

2. ReiNSBtRG DûRiNGSKELD. Trad. de la Bel- (jUliie, t. I, p. 309.

104 CULTES BT FàTBS DBS PECHEURS

Uusage de faire bénir chaque année en grande pompe la mer et les barques par le clergé a été beaucoup plus répandu autrefois qu'il ne l'est aujourd'hui ; il y a même des pays, comme le Finistère, où il est en voie de disparition, et on ne l'observe plus qu'à Douarnenez (1).

La plus célèbre et la plus pittoresque de ces fêtes maritimes est celle qui a lieu dans le coureau de Groix, bras de mer large de 10 à 12 kilomètres, entre cette île et le continent. Voici comment les choses se passaient vers 1830. Les flottilles des paroisses riveraines se rendaient en procession pour prendre part à cette cérémonie solennelle et demander à Notre-Dame de l'Armor une pêche abondante, des bancs de sardines profonds et nombreux. Navires, chaloupes, barques de pêcheurs^ étaient chargés d'une foule d'hommes, de femmes, d'enfants parés de leurs habits de fête.

Mais en tête de chaque file, le bateau d^s prêtres voguait plus légèrement. En de** dans brillaient les chasubles des grandes

l,.Goxn. deM. L. F. Sauvé.

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fêtes ; à l'avant se dressaient la croix et la bannière de chaque paroisse. Toutes les processions fendaient la mer pour se rencontrer au milieu du coureau, vis-à-vis la cale Notre-Dame, qui arrive à la mer par une pente douce, au milieu de File de Groix.

Les processions arrivent vers le centre des coureaux. Les chaloupes d'honneur, celles qui portent la - croix, lés bannières, le clergé des paroisses parviennent à se rapprocher. Les croix et les bannières s'inclinent et se saluent, les voix graves des marins commencent des cantiques dont les refrains nationaux se redisent depuis les rochers du Gouragan jusque par delà les écueils du Taureau. Alors le plus ancien des curés se lève, étend la main et prie Dieu de bénir les biens de la mer. Tous les autres prêtres font le même geste et répondent à sa prière ; les chants redoublent de ferveur et les cantiques de la Vierge et de Madame sainte Anne se mêlant aux offices de Téglise (1).

i. L. Kerardven, Guionvéc'h (1835) p. 80^.

A Dieppe la bénédiction de la mer se faisait encore il y a une trentaine d'années; le prêtre l'aspergeait d'eau bénite, faisait au-dessus de la mer un signe de croix, et chantait des litanies pour le repos de l'âme des noyés (I).

A Etretat,le jour de l'Assomption, le curé précédant les enfants de chœur, sort de l'ég-lise, portant la croix d'argent dans ses mains ; tout le monde suit tête nue et en silence et la procession se dirige vers la mer. Arrivé sur le galet, le curé prononce une prière, tous les assistants se mettant à genoux Puis il dit, en traçant dans l'eau le signe de la croix avec la croix d'argent : « Au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit, je bénis la mer. Je mets sous la garde de Marie nos bateaux et les hommes qui les montent, et nos filets, et nos cordages et nos voiles. » Puis tout le monde chante les litanies de la Vierge et Ton s'en retourne silencieusement (2) .

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