‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 78 sur 281 · III. — SACRIFICES, OFFRANDES ET CON- JURATIONS · texte numérisé non relu

III. — SACRIFICES, OFFRANDES ET CON- JURATIONS

L'usage de sacrifier des poissons pour obtenir une bonne pêche remonte sans doute aux origines de cette industrie. Il était encore en pleine vigueur en Sicile et en Grèce, à des époques de civilisation brillante ; un fragment de Théocrite nous a conservé les détails du rite observé par les pécheurs siciliens : Celui qui n'a pour charrue que ses filets, et qui tire toute sa subsistance de la mer, veut-il faire une pêche abondante, qu'il immole à Bérénice le poisson sacré qu'on appelle Leucis.C'est de tous les poissons celui dont le sacrifice lui est le plus agréable. Après l'avoir déchiré du bout des ongles, qu'il jette avec confiance ses filets, il les retirera remplis de poissons (1).

Au second siècle de notre ère on retrouve ce culte sur les côtes de la Grèce : Il ne faut pas être surpris, dit Athénée, si les

(1) Théocrite, frag. éd. Gail, p. 435.

Béotiens sacrifient aux dieux de grosses anguilles, puisque nos pêcheurs, dans le temps où ils prenaient les thons, après avoir retiré leurs filets, immolaient un de ces poissons à Neptune. Ce sacrifice était appelé (r)uvvaTov . Ils en faisaient aussi au dieu de la mer avant la pêche, pour le prier d'éloigner de leurs filets lie poisson appelé Xiphias (porte-épée), qui les déchirait (1).

Dans certaines parties de la Cornouaille, les pêcheurs laissaient sur le rivage une part de leur pêche comme offrande à Bucca, dont ils avaient grand peur (2).

Les pêcheurs italiens, d'après Cetti, la veille d'un jour particulier, tiraient au sort le nom d'un saint, et pendant un certain temps ils invoquaient comme leur patron celui qui était ainsi élu, et pour le remercier ils lui offraient un de leurs plus beaux poissons, que le prêtre emportait pour son garde-manger (3) .

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