QUESTIONS EXTÉRIEURES
« Il existe dans l'opinion plusieurs petits courants plus ou moins favorables, les uns à la Prusse et à l'unité allemande, les autres à l'Italie et à son agrandissement, les autres à l'Autriche.
(( Mais le grand courant de l'esprit public n'est ni prussien , ni italien , ni autrichien ; il est essentiellement national ; il se préoccupe avant tout de F intérêt français, A aucune époque peut-être, cette disposition ne s'était montrée avec une égale énergie.
M Gomme la grande masse de là nation vit du travail et des affaires , elle désire sincèrement la paix ; elle est très-reconnaissante envers l'Empereur de ses efforts pour nous conserver ce grand bien ; elle tient compte des difficultés, et quand une suspension des hostilités pourra être annoncée^ les administrations publiques prouveront à l'Empereur, j'en suis sûr, que , malgré ces retards , il n'a pas perdu le bénéfice de sa médiation !
a II ne faut cependant pas se dissimuler que l'attitude des puissances et leur lenteur à se prononcer en présence de l'article du Moniteur ont causé un sentiment pénible ; on aurait voulu que la voix de la France fût plus promptement entendue; cela est certain.
a Mais on a parfaitement compris que l'Empereur n'ait pas pris les armes pour procurer à l'Autriche l'avantage de les déposer plus tôt. L'Autriche n'inspire aujourd'hui que cet intérêt, si voisin de l'indifférence, qui s'attache aux faibles devenus tels par leur faute, n'ayant su rien prévoir et rien préparer. Jusqu'ici tout est pour le mieux.
« A mon sens, les grandes difficultés commenceront lorsqu'il s'agira d'arranger définitivement les choses. Plus l'Empereur aura joué un rôle actif et prépondérant dans les négociations, plus on lui demandera compte des résultats au point de vue des intérêts fran-