QUARTIERS POPULEUX
Boulevard SébastopoL — « L'on dit que M. J. Favre a eu aujourd'hui une entrevue avec M. de Bismarck, à Enghien, au sujet des affiaires de Paris.
« Une dame de Lagny est venue à Paris ce matin. Elle a dit qu'il arrivait chaque jour de nouvelles troupes allemandes dans cette contrée, avec le matériel des ambulances; elle en a quatre chez elle. Ils lui ont dit qu'ils allaient bientôt se battre avec les Parisiens. Ils ne chercheront pas'à nous prendre par la force ou à bombarder la ville , parce qu'il y aurait trop de victimes. Ils nous auront par la famine.
sous LA COMMUNE. 87
Bourse. — u M. Thiers maintiendra la République tant qu'il restera au pouvoir. La Commune la renversera.
« Le suffrage universel n'a pas de raison d'être maintenant. La population de Paris n'est pas assez instruite pour le comprendre, non plus que celle de la province. Il faut instruire avant de le mettre en pratique.
u La Commune n'a pas le droit de réquisitionner ce qui appartient à l'État ; elle n'a pas non plus le droit de se donner comme un gouvernement; elle ne peut pas faire de lois ni de décrets.
« Il ne suffit pas de prêcher les doctrines républicaines , il faut encore les pratiquer. Si la Commune était restée dans le programme qu'elle s'était tracé , elle aurait beaucoup plus d'adhérents qu'elle n'en a ; mais elle a voulu déposer un gouvernement , et aujourd'hui elle voudrait gouverner Paris et encore la province. Elle devrait s'en tenir à ses franchises municipales.
« Il faudrait proposer le citoyjBn Louis Blanc pour être Président de la République. C'est un bon patriote et un vrai républicain.
Concorde, — « Les deux gouvernements jouent la comédie ; ils se battent pour rire. Ce n'est pas avec des coups de canon qu'on nous donnera la liberté. — Un monsieur est allé, il y a deux jours, à Asnières et à Levallois. Il a dit que l'on employait de la poudre pour rien. On tire beaucoup de coups de fusil, mais ils n'atteignent pas. M
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
COMMUNE DE PARIS