‹ Le fond de la société sous la Commune: décrit d'après les documents qui constituent les archivesChapitre 27 sur 100 · LES AGITATEURS POPULAIRES · texte numérisé non relu

LES AGITATEURS POPULAIRES

C'étaient des processions continuelles à THôtel de ville d'hommes armés qui venaient haranguer les magistrats municipaux au nom du peuple. Le 31 octobre, après Tony Révillon, on annonce à Gustave Chaudey un autre délégué, qui demande à faire connaître la volonté des Parisiens. « Qu'il entre ! » dit Chapdey ennuyé. Un jeune homme se présente, la tête haute, la voix impérieuse, l'air superbe. « Vous êtes?... dit Chaudey. — Je suis le mandataire du peuple, l'interprète des vœux de la population indignée de la direction imprimée aux opérations militaires. Les Prussiens auraient déjà dû être vaincus çt chassés. Voici mon nom. » — Chaudey lit : Léo Meillet, — « Je ne connais pas ! Mais pour marcher aussi vite en besogne, il faudrait que vous nous fournissiez des Hoche et des Marceau. — Vous en avez. — Où sont-ils? — Moi ! » La figure de Chaudey exprima la plus amère ironie. « Certes, le nom n (cherchant la carte pour la lire) « de Léo Meillet est infiniment recommandable, mais moins- illustre jusqu'ici que ceux de Hoche et de Marceau !-.. w

.Se moquer de Léo Meillet était une témérité dangereuse.

Cependant le grand homme de guerre méconnu était descendu sur la place. Un garde national lui mettait un fusil en bandoulière, et quelques instants après tous les fusils en bandoulière passaient dans les mains des gardes , leurs canons s'abaissaient, et le feu commençait.

Trois deipandes de secours adressées par M. X... à l'état-major restèrent sans réponse.

Dans une chambre louée pour la circonstance, et dont les fenêtres donnaient sur la place , soixante-deux personnes attendaient Fissue de la lutte. Elles se tenaient debout à cause de l'exiguïté de la pièce. Plusieurs des futurs héros de la Commune étaient là, et aussi plusieurs de ceux qui ont répudié le plus bruyamment toute solidarité d'opinion avec elle; gens au flair subtil, qui, voyant la tournure indécisedes événements, s'esquivèrent avant la fin de la journée.

. Un des hommes les plus criminels de notre temps se révéla par un acte qui aurait dû éclairer ses amis sur la profondeur de sa scélératesse. Il a été raconté par M. Langlois (?) au narrateur. « Delescluze écrivit un billet ainsi conçu : Emparez-vous des ca-

nons du parvis Notre-Dame et dirigez-les sur PHôtel de ville. J'ai eu le billet et je l'ai montré à Delescluze, en lui disant : Est-il possible que vous ayez commis une si mauvaise action ! — Je ne sais, répondit le coupable embarrassé, je ne comprends pas comment cela a pu se faire. On m'a fait.sïg^ner tant d'ordres, tant de papiers, que celui-ci aura échappé à mon attention. — En attendant^ dit Lang^lois, moi, votre ami, je ne veux pas qu'il pèse sur toute votre vie, et je le détruis. » En parlant ainsi il le déchirait; sans s'en douter, il sauvait un homme aux dépens de la société.

Nous tenons de la même personne une anecdote qui montre bien ce que valent certains de ces grands meneurs des agitations populaires , et par quels arguments irrésistibles on peut les dompter.

M. Ferry vint trouver brusquement M. X..., la figure bouleversée. « Encore des manifestations, de nouveaux troubles, une nouvelle Jutte peut-être! Voyez toute cette multitude armée ! » M. X... jette un coup d'œil sur la place, cherche à reconiiaître le chef de la manifestation, et s' adressant à M. Ferry : u Ce ne sera rien; je me charge de les recevoir, n Et il se rend dans la grande salle, déjà remplie de monde, avec un air dégagé. Parvenu au point le plus épais de cette cohue, il se trouve en présence du meneur principal, qu'il feint de reconnaître subitement. « Tiens, c'est vous, citoyen *** !... J'ai reçu votre lettre ce matin seulement. Venez ce soir, j'y ferai droit. » A peine ces mots, dits à voix basse, ont-ils été prononcés, que l'homme auquel ils étaient adressés,' prenant une pose théâtrale et une voix retentissante : « Citoyen, s'écrie-t-il , je viens, au nom du peuple parisien, apporter nos encouragements et nos vœux au Gouvernement de la défense nationale. Le peuple ne met pas en doute le civisme, le dévouement patriotique de ses magistrats municipaux, etc., etc. » C'étaient les autres qui étaient étonnés! patriotes bouillants venus pour donner une leçon, par une manifestation éclatante, à leur gouvernement. Les regards étaient effarés, les mines allongées. Ils s'en retournèrent piteux et silencieux. « Mais , ajoutait lé narrateur, cela m'a coûté bel et bien cent francs, que j'ai dû tirer dé ma poche et donner au drôle qui les commandait, et le soir même !»

M. X..., qui est un fort aimable homme et un homme d'es-

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* prit , racontait avec beaucoup de finesse et de bonne humeur les orages de sa vie politique, et peignait à merveille les matamores de la démagogie. Il n'était pas moins plaisant, mais sérieusement plaisant, je lui en demande mille et mille fois pardon, — lorsqu'il rapportait ses réponses aux députations populaires : « Que voulez-vous? — Des armes à tir rapide, des chassepots. — Qui vous a donné un mandat? — Le peuple ! — Et, ajoutait M. X... avec une indignation comique , ils osaient comparer le mandat qu'ils s'étaient donné à' celui que moi j'avais reçu le jour où j'ai été acclamé! 1 » Ce roi légitime de la révolution du 4f septembre ne voyait donc que de misérables usurpateurs dans ces derniers-nés de la faveur populaire!...

C'est encore aux souvenirs que nous a laissés cette conversation que nous puiserons le renseignement suivant, sur les dispositions morales de la bourgeoisie dans le temps de l'armistice :

Les théâtres ont rouvert , avec de vieilles pièces usées et des acteurs de fer-blanc, pour ne pas être accusés de donner à Paris un aspect lugubre en restant fermés. De recettes, on était bien convaincu qu'on n'en ferait pas, au milieu de la gène et de la tristesse universelles. Mais voici qu'à peine les portes ont été entr' ouvert es que la foule se précipite. Le public est énorme , même aux plus mauvaises pièces ; les recettes atteignent des chiffres extraordinaires : « Quel peuple! » disaient à M. X... les acteurs indignés d'une afQuence de spectateurs sur laquelle ils ne comptaient pas , et bien qu'elle leur fût profitable ; « il ne comprend, il ne sent rien que le plaisir; il faut qu'il s'amuse toujours! »

Pour l'histoire des mœurs de ce temps, il serait instructif d'aller relever le montant des recettes des théâtres à cette époque.

Ces impatiences, ce besoin de distractions s'étaient manifestés même pendant le siège. On s'efforçait de persuader aux Parisiens qu'il fallait se divertir un peu, s'amuser, ne pas se laisser aller aux idées sombres et aux résolutions désespérées. On les conviait à des conférences ingénieuses. Aussi n'était-il pas rare de rencontrer des gens pressés qui vous disaient : « Je cours à une conférence de ce charmant causeur M. Legouvé. Ce sera pour

,a — Enfin , dit un citoyen , reconnaissez-vous , oui ou non , à a Paris le droit de s'administrer comme bon lui semble? Vous êtes u étudiant?

u — Oiii , certainement , mais avec un conseil municipal et non tt avec une Commune, Et si, à la grande rigueur, nous acceptions la « Commune , ce serait à condition qu'elle fût composée d'éléments « nouveaux. Vos élus, nous ne voulons pas les reconnaître.

u — Voilà où le bât vous blesse, Hippocrates ^ herbe, s'écrie « un garde national ; trop d'ouvriers à la clef dans cette Commune, u n'est-ce pas ? Ces messieurs voudraient voir un assortiment d'avo- (c cats, médecins, banquiers, généraux et propriétaires, le tout a saupoudré de quelques sommités politiques. Quant aux ouvriers, «qui, seuls, savent et peuvent représenter la classe travailleuse,

u macache ! personne ! Allons donc, vous voulez des étoiles et

a il n'en faut plus.... Ça file, n

u Cette discussion commençait à prendre une tournure menaçante pour l'étudiant réactionnaire, lorsqu'un gavroche, comme il s'en trouve partout, vint y mettre fin, lui, par un brusque lazzi.

a — Un train express pour Versailles, se mit-il à dire, l'École de n médecine attend. Chauffez! chauffez !... Messieurs les voyageurs, u en route! »

M Puis, il imita le sifflet perce-oreilles, le bruit de la locomotive, et... et tout fut dit. L'on se dispersa en riant, laissant l'étudiant tout seul avec ses remords.

u Près de l'Hôtel de ville , je me trouve au milieu d'un très-fort ra»semblement, presque entièrement composé de femmes.

u A la bonne heure ! voilà des citoyennes qui n'ont pas positivement un saint respect pour la robe noire.

« Tudieu, comme elles y vont!...

a — La prêtraiUe , voyez-vous , c'est pas autre chose que de la u graine à Judas... Ça vit au détriment de notre porte-monnaie.

« — C'est bien vrai , ce que vous dites là... les hommes noirs ne

<i vous montrent jamais le ciel sans vous demander de l'argent

« comme ceux qui vous font voir la lune... Baptêmes, mariages, « enterrements , il faut tout payer, et tout cela au nom du bon « Dieu !... Avec ça que le bon Dieu voudrait manger de ce pain-là !

« Et puis, ce sont eux qui entretiennent la haine dans le cœur n des hommes. Ce sont encore eux qui, sournoisement, sans en avoir u Cair, ont soufflé la guerre civile d'aujourd'hui.

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« — Ils ne se marient pas, je le comprends; les paresseux! ce « serait trop d'ouvrage pour eux.

c( — Comme ça, ils peuvent se marier tous les jours!...

« -^ Oui... de la main gauche. Et puis, ils séquestrent les jeunes « filles après les avoir déshonorées.

« — Voulez-vous que je vous dise? eh bien , ils ont parfaitement « raison de dire qu'il y a un enfer... Ils le savent bien, puisque ce « se ut eux qui l'ont allumé , etc., etc. »

ji Voilà des citayennes beaucoup plus avancées que certains étudiants en médecine. Pourtant elles ne savent pas le latin... C'est peut-être pour cela.

u Un charcutier, rue SedainTe, réfîise de donner du lard sur des bons que lui présentent des gardes nationaux, u Pas d'argent , pas « de Suisses. »>

«L'on se plaint beaucoup aujourd'hui de la facilité avec laquelle on donne des laisser-passer pour quitter Paris. Hier, assure-t-on , il est sorti un très-grand nombre de citoyens (ligne du Nord), parmi lesquels se trouvaient beaucoup de jeunes gens. A Tappui de cela, je dirai qu'une mercière, qui demeure dans ma rue, s'en plaint elle-même très-amèrement.

u J'ai trois fils, fait-elle, tous trois se battent, et je les approuve. « Mais si l'on permet à la jeunesse de se sauver, je le déclare ici , « j'empêcherai mes enfants de marcher. »

« L'on manque toujours de lait dans le faubourg Saint-Antoine. Ceci fait un très-mauvais effet. L'on dit partout qu'il y a plusieurs lignes coupées.

« Toujours des bruits de conciliation.

« Quelques citoyens ne veulent plus en entendre parler.

« Nous réglerons nos affaires nous-mêmes, disent-ils. Que les zn- « terposeurs restent chez eux , nous n'avons pas besoin de tiers. » (Pas mauvais, le calembour.)

« Un autre bruit qui se propage, mais trop sérieux pour y attacher entièrement foi, c'est celui d'un conflit qui aurait éclaté à Versailles...

« Quelques citoyens (ceci est prématuré, sans doute) assurent que l'on s'y bat actuellement.

« Le goupillon et le sabre aux prises, ce serait drôle!

« Mac-Mahon est à cheval et Tliiers en voiture. L'Assemblée sera bientôrt à pied.

« Quelque chose qui m'est toujours pénible à répéter, ce sont

certaines paroles qui sonnent mal à mon oreille. — Mais je suis reporter, et je dois dire toute la vérité , rien que la vérité.

u Eh bien, aujourd'hui encore, j'entends dire : « Trop long... a trop long!... Guerre à la Trochu. »

« Ne pourrait-on lancer une bonne proclamation , qui , rendant un compte fidèle de la situation et des résultats obtenus moralement et matériellement, donnerait du cœur au ventre? La machine humaine a besoin quelquefois d'être remontée, et aujourd'hui plus que jamais , je vous l'assure. ».

Le chroniqueur auquel nous empruntons le rapport de ce jour se plaint que la récolte soit maigre , et cependant il Fa faite sur le haut de l'omnibus. Il avoue que si ses moyens le lui permettaient (en moyenne, trois sous par heure), il y passe-' rait sa vie. Modeste idéal, qui ne donne pas une haute idée de la munificence du gouvernement qu'il servait.

Nous aussi, à cette époque, nous avons plus d'une fois voyagé sur l'impériale de l'omnibus et cherché à faire parler les voyageurs que nous y rencontrions. Dès que le voisin s'apercevait que vous ne partagiez pas sa manière de voir, il se renfermait dans un silence presque menaçant. Il était impossible d'obtenir des communeux un raisonnement quelconque , car ils ne savaient ni ce qu'ils faisaient ni ce qu'ils voulaient. Dans les groupes , les plus grossiers et les plus ignorants d'entre eux péroraient avec véhémence, et à la, première objection qu'ils rencontruienti ils avaient recours aux invectives et aux injures, parfoiii même aux coups de poing.

RAPPORT DE POLICE

Quartiers populeux»

M ParJH est calme aujourd'hui. Les groupes deviennent de plus on plus rares. Aux portes des mairies seulement des conversations assez animées. Çà et là quelques nouvelles plus ou moins faux tointy et enfin, sur un omnibus, une communication assez importante. (Si mes moyens me le permettaient, je grimperais toute la journée sur les chars de la correspondance. Quelques heures làdossiis, (H votre journal est fait.)

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« La récolte est pauvre. Je la donne telle que je l'ai faite.

« Voici, pour moi, la plus belle gerbe. Un citoyen arrivant de Versailles assure qu'il y a dans les ambulances de douze à quinze mille blessés, presque tous lignards ou chasseurs. Peu de gendarmes (deux sur cent). Beaucoup de ces soldats ont la figure juvénile, les mains fines , et , ajoute ce citoyen , leur linge est excessivement beau. C'est que les séminaires, dit-il, ont fourni leur contingent à M. Thiers, et que beaucoup de ces soldats sont des séminaristes, leurs noirs bataillons étant venus renforcer les gendarmes et les sergents de ville. (Ceci est bon à noter.) Est-ce vrai? — Je le croirais : la mort n'attire-t-elle pas les corbeaux?

« Le Père Duc/iêne, dans son numéro d^aujourd'hui , voit avec peine les journalistes républicains se déchirer entre eux*. Dans beaucoup de mes rapports, j'ai signalé l'effet désastreux que cela produisait sur les masses. Ce matin encore, j'entends plusieurs gardes nationaux qui, avec véhémence, condamnent ces querelles de boutique , dont la causQ du peuple paye presque toujours les frais.

u Quoi ! disent-ils, c'est au moment où la mort est partout, que' « nous allons nous faire tuer pour la Commune , que Paris est me- « nacé de devenir peut-être un amas de décombres et de cadavres, « que des membres mêmes de la Commune s'accusent mutuelle- « ment de défaillance, sinon de défection ! — Mais où voulez-vous u que le peuple aille puiser son courage s'il doute de vous , si vous « mettez vou^mêmes ces taches à votre propre drapeau? — La réac- « tion jette dessus la boue à pleines mains. Ne lui faites pas dire : « Voilà les élus du peuple qui nous aident dans notre besogne. » « D'ailleurs , vous avez bien autre chose à faire que d'écrire dans « les journaux. Eh bien, et la défense de la cité!... Tout est là. « Pas autre parti. Paris mort, tout est mort ; et nous vous le disons, « la désunion parmi nous, c'est la mort de Paris. »

« Beaucoup de jeunes gens parviennent toujours à échapper à la loi. Ils ne veulent pas marcher. Les gardes nationaux s'en plaignent encore aujourd'hui , mais ne se sentent pas la force de faire le métier de délateurs et de gendarmes. Ils disent qu'au ministère de la guerre l'on devrait chercher un moyen efficace pour obvier à cela.

« On dit aussi que les Vengeurs de la République , présentement

1 Vésinier, Rocliefort, Félix Pyat, Blanqui, Paschal Grousset, Vallès, etc., avaient chacun leur journal, dans lesquels ils s*invectivaient de la belle façon.

au Champ de Mars, n'ont pas encore de fusils à tir rapide, — • Est-ce vrai?

i' L'on dit encore, et j'en suis sûr, moi , que les propriétaires continuent à présenter leur note aux locataires ; que ceux-ci , du reste , continuent à ne pas réguler. TWais , ajoute-t-on , la Commune devrait exiger la quittance; de cette façon, il n'y aurait plus d'équivoque.

u J'ai dit hier qu'un charcutier avait refusé de livrer du lard à des gardes nationaux sur la présentation de hons. Ce bruit, recueilli place de la Bastille, est inexact; voici le fait : « Une charcutière, rue Sedaine , était soupçonnée d'avoir rempli sa cave de lard salé , tout en faisant courir lé bruit que l'on ne tuait plus de cochons, les lignes étant coupées. Perquisition a été faite chez elle par la garde nationale. La cave était pleine. »> Voilà les marchands qui de nouveau mettent de l'ordre dans leurs affaires; ils rangent leurs marchandises. Alliés des Prussiens d'Allemagne, ils comptent bien se faire les alliés des Prussiens de Versailles. Heureusement pour nous, Trochu n'est plus gouverneur de Paris.

u Ce qui intéresse Paris aujourd'hui , c'est la démonstration faite demain par les francs-maçons. (L'on assure qu'ils vont planter leur bannière sur les remparts.) Aussi Ton attend avec espoir le soleil de demain, comptant beaucoup sur ses rayons.

« La Gazette de Paris, qui s'imprime rue d'Aboukir, dit le Cri du Peuple, a fait paraître un article sur la garde nationale qui exaspère horriblement les bons patriotes , et ils se demandent si les journaux que la Commune a supprimés ont jamais craché sur nous de pareille bave. L'on comprend que la province, qui lit de pareils articles, regarde à deux fois avant de venir secourir la capitale.

«En résumé, peu de changement dans l'esprit de- la capitale depuis hier. »

« Pans, le S8 avril 1871.

u Citoyen Avrial ,

u Je viens , au nom de l'Association coopératrice des fondeurs en fer, vous prier de vouloir bieû prendre en main notre cause , qui est celle de la démocratie sociale, et l'affirmation de ses principes, par l'association des travailleurs en corporations. Aussi, connaissant votre infatigable persistance pour l'application de ces principes, et vu le remue-ménage que font aujourd'hui les patrons fondeurs , il

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est donc rationnel que la Société coopérative des fondeurs en fer, dont le siège social est rue Maur, n** 60, cité Bertrand, n» 11, ancienne fonderie Guillot , puisse obtenir une assez forte part dans îa répartition des travaux pour les projectiles des engins de guerre servant à la défense de la Commune.

a Si, par malheur, notre demande n'était pas prise en sérieuse considération , l'Association se diviserait , et les patrons embauchant les fondeurs même qui faisaient partie de l'ancienne grève, arriveraient nécessaii:ement à rétablir l'exploitation des travailleurs, qui est la cause que nous voulons renverser par le droit au travail et l'association des ouvriers en corporations, .et la fédération dans un temps, peu éloigné de toutes ces corporations , qui sera pour la démocratie sociale un grand pas fait vers te but commun , que tout démocrate socialiste doit entrevoir, qui est la fédération des peuples et le renversement des rois.

« Nous espérons , citoyen Avrial , que vous voudrez bien nous honorer, nous les défenseurs des principes de la Commune, de commandes d'engins et projectiles pour la continuation de la défense et le triomphe de nos libertés.

« Salut et fraternité.

« Pour le conseil d administration , le président,

M Signé : Flageol, »

Les révolutionnaires de 1871 voulaient rétablir les jurandes et les corporations que les révolutionnaires dcf 1789 avaient détruites, et ensuite former une fédération des corporations, en d'autres termes, faire la loi au capital. Qu'est-ce que les rois, qu'est-ce que 93 ont à voir là-dedans?

FÉDÉRATION RÉPUBLICAINE DE LA GARDE NATIONALE

Comité central.

« Je demande à ce que quatre-vingts bombes à pétrole soient mises de suite à la disposition des remparts pour brûler le bois de Boulogne, en profitant bien entendu comme puissant auxiliaire d'un vent favorable.

a Si l'on refuse , gare à la porte de la Muette. « 28 avril 1871.

M Lavalette, commandant au 159° bataillon ; Heuzelet, Razoua , E. Tournois, n

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