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LA CONCURRENCE ET LE MONOPOLE SOUS LA COMMUNE

Les deux pièces qui suivent sont d'un haut intérêt, parce qu'elles montrent l'impuissance absolue de la Commune en matière d'organisation du travail. £lle a proclamé la légitimité de la revendication sociale, établi le but de la révolution qui va substituer le prolétariat à la bourgeoisie , la seule classe , ditelle, qui ait bénéficié de la révolution de 1789; mais au premier pas qu'elle fait dans cette voie , elle se trouve arrêtée par les difficultés de la situation. D'une part, comme gouvernement elle doit ménager les denier^ des contribuables et ne pas se laisser exploiter; mais alors on l'accusera d! exploiter la détresse des citoyens auxquels elle demande du travail , à certaines conditions. On lui défend de s'adressera la concurrence; on lui signifie que les ouvriers vont tous se concerter et signer un contrat fédératif. Ceux-ci feront la loi, et malheur aux bourgeois.

malheur à la Commune qui a F infamie de suivre les anciens errements! Les réformateurs vont échouer misérablement dans une des questions les plus redoutables et les plus complexes du problème social. Hélas! il ne suffit pas de décréter qu'on protégera le travail contre le capital, qu'on assurera au travail, en l'organisant, une rémunération légitime et suffisante; il faut pouvoir, il faut savoir, et moins qu'aucun de ceux qui ont médité et traité ces matières, la Commune savait. Un jour, elle interdisait aux boulangers le travail de nuit; un autre jour, elle ordonnait que les ateliers fussent ouverts, et elle défendait aux ouvriers de s'y rendre en leur prescrivant le service militaire. Dans notre pays , on a souvent confondu le génie de l'organisation avec la, manie de- la tyrannie. La Commune tyrannisait.

Rapport sur la délégation de Lévy-Lazare et Evette à thabiiiement

militaire.

« Aux termes de l'arrêté de la Commune , en date du 4 mai ,

c< La commission du travail et de l'échange a, par une délégation,, pris connaissance des marchés conclus à l'habillement militaire.

« Il résulte du rapport présenté par les délégués que, depuis le 18 mars , l'administration , séduite par les offres des industriels y aurait baissé les prix des façons dans une proportion assez notable.

« De prime abord , dés raisons assez spécieuses viennent appuyer cette manière d'opérer. La Commune ayant à traiter des marchés, a conclu avec les meilleurs offrants, c'est-à-dire avec ceux qui lui demandaient les prix les moins élevés.

« Avec ce système , les façons baisseront encore bien davantage , car l'entrepreneur qui fait une pareille affaire ne court aucun risque, puisqu'il ne fait en réalité qu^ échange de salaires. Que lui importe de soumissionner au rabais? Les ouvriers et ouvrières, pressés par le besoin de travail, ne sont-ils pas là pour supporter seuls la diminution du prix de la main-d'œuvre?

« La Commune peut ouvrir une enquête ; elle est bien facile. Étant donnés les marchés C. Monteux, Bernards, à trois francs soixante -quinze centimes les vareuses et deux francs cinquante centimes les pantalons, il est impossible que le prix des'façons que les entrepreneurs payent aux ouvriers et ouvrières représente des journées suffisantes pour qu'ils puissent vivre.

« Quant à eux , exploiteurs , ils font leur fortune sans avoir contre eux aucune chance de perte : entre le marché de la Commune et la façon qu'ils accordent, il y a toujours une différence suffisante pour qu'ils remplissent leur bourse.

« Le Gouvernement du 4 septembre, lui-même, avait redouté l'effet d'un pareil trafic , et les marchés passés sous son administration n'ont jamais eu pour base l'enchère au rabais.

(( Il se présente dans le cas présent une objection : si les entrepreneurs se chargent des vareuses à trois francs soixante-quinze centimes, peut-on recourir à l'association , en donnant à celle-ci six francs de façon? Car en admettant que l'association entreprenne pour trois francs soixante-quinze centimes ( ce qu'elle ne veut pas)^ on trouvera toujours des entrepreneurs qui soumissionneront pour trois francs; faudra-t-il alors abandonner les associations pour recourir aux exploiteurs?

« Dans cette concurrence infâme, la Commune perd sa dignité, et les ouvriers et ouvrières verront diminuer successivement leurs salaires déjà insuffisants.

« La question est ainsi posée : des exploiteurs profitant de la misère publique pour baisser les salaires de la Commune , assez aveugle pour prêter la main à de pareilles manoeuvres.

« En effet , il est inutile et immoral d'avoir recours à un intermédiaire , qui n'a d'autres fonctions que de prélever un impôt sur la journée des travailleurs qu'il occupe. C'est continuer l'asservissement des travailleurs par la centralisation du travail entre les mains de. l'exploiteur ; c'est continuer les traditions échangistes des régimes bourgeois, ennemis acharnés, par intérêt, de toute émancipation de la classe ouvrière.

« On ne saurait non plus invoquer l'état de nos finances , car, comme le fait très-bien remarquer le rapport de la délégation, si le travail ne suffit pas pour nourrir la famille , celle-ci a recours aux bureaux de bienfaisance , qui d'un autre côté grèvent le budget. C'est une vérité économique incontestable: l'ouvrier viendra demander à la charité ce que le travail n'aura pu lui procurer. Seul , l'intérêt de l'exploiteur est garanti dans cette affaire, ainsi qu'il est démontré plus haut.

« En principe, nous l'avons admis dans toutes nos études sociales. Lorsque dans Vépoque transitoire l'individu soumissionnera pour un travail de l'État, il devra, par un cahier des charges , indiquer le prix de la main-d'œuvre^ car si le prix de la main-d'œuvre

reste comme aléa dans les marchés , c'est lui seul qui supporte les rabais.

«Cela ne peut se faire autrement, et dans le cas présent, il n'existe aucun cahier des charges. Rien ! rien qui puisse garantir le travail contre l'exploitation à outrance!

« Et le travailleur est aux remparts. Il se fait tuer pour ne plus subir cette même exploitation ! »

« Les commissions du travail et de l'échange demandent que les marchés qui pourront être directement passés avec les corporations leur soient confiés.

« Les prix seront arbitralement fixés avec l'Intendance, la chambre syndicale de la corporation , et une délégation des commissions du travail et de l'échange.

« Le membre de la Commune , délégué à la commission du travail et de C échange.

il Signé : Léo Frankel. m

MARCHÉS POUR l' HABILLEMENT MILITAIRE.

Rapport au citoyen délégué aux travaux publics,

« Dans notre examen des marchés passés jusqu'au 25 avril 1871, nous avons constaté que les vareuses étaient payées six francs de façon par la ville, et les pantalons trois francs cinquante centimes. Avec cette rétribution , il était possible de faire manger les ouvriers et les ouvrières qui faisaient ce travail. Mais à partir de cette date, le prix de confection de ces vêtements a été offert par des exploiteurs aux prix de quatre francs et même de trois francs soixantequinze centimes par vareuse, les pantalons à deux francs cinquante centimes. Ces marchés sont en voie d'exécution. 11 résulte de ceci que le prix déjà si faible de façon sera baissé de près de moitié , et que ceux qui feront ce travail ne pourront vivre ; de sorte que la révolution aura amené ceci : que le travail de la Commune pour la garde nationale sera payé beaucoup moins que sous le Gouvernement du 4 septembre, et alors on pourra nous dire que la République sociale a fait ce que ceux qui nous assiègent actuellement n'ont pas voulu faire : diminuer les salaires.

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«t Car il s'agit de savoir si la Commune veut aider le peuple à vivre par l'aumône ou par le travail. On nous dit que le gouvernement est forcé de compter et de faire des marchés au plus bas prix possible.

« Nous tenons à constater et à bien établir que le cas présent n'est ni commercial ni spécial ; que, au contraire , toute la population ouvrière y est intéressée , et il est évident que, si au lieu de gagner trois francs par jour, l'ouvrière ne gagne qu'un franc, il faut nécessairement qu'elle s'adresse aux cantines ou aux bureaux de secours ; ce qui revient au même comme déboursé par la Commune, et il est incontestable que la moralité en souffre.

« Il nous est sensible d'être contraints à faire un rapport si peu en harmonie avec ce que devaient être les actes d'un gouvernement socialiste, et nous constatons avec peine que les exploiteurs qui offrent les plus bas prix sont encore privilégiés.

« Les associations ouvrières ne peuvent se résoudre à remplir un rôle qui consiste à profiter de la misère publique pour baisser le prix du travail, et cependant, si la Commune veut avoir de bonnes fournitures et du travail bien fait, elle doit s'adresser aux ouvriers mêmes qui composent la corporation des tailleurs de Paris ; car nous affirmons qu'il n'est pas possible d'établir des vêtements dans des • conditions convenables avec les prix qui ont été soumissionnés par les derniers signataires des marchés.

u Nous tenons à mettre la Commune en garde contre un pareil écueil, qui serait un coup porté aux plus grands principes de la révolution sociale, que nous devons à tout prix conserver pure de toute tache de ce genre , et ne pas affaiblir par de petites spéculations la grandeur et le prestige du mouvement qui s'accomplit.

u II faut absolument que le délégué aux travaux publics fasse comprendre à la Commune qu'elle ne doit pas s'appesantir sur les bas. prix qui lui sont offerts par les exploiteurs.

« Il est reconnu que les associations ouvrières ne peuvent lutter aujourd'hui concurremment , et qu'elles ne le pourront jamais , si elles ne trouvent un appui matériel et moral.

« La baisse des prix de production ne viendra que lorsque les associations s'appartiendront.

« Nous concluons en demandant que les prix des façons des vêtements de la garde nationale restent tels qu'ils ont été depuis huit mois, et que tous les marchés et entreprises concernant l'habille»

ment soient, autant que possible , livrés à la corporation des ouvriers tailleurs.

u Association y chambre syndicale , société de résistance ^ ces trois groupes , qui en sont les mandataires , viennent de déposer entre nos mains un contrat fédératif qui met à notre disposition les vin(jt ou trente mille ouvriers de cette profession.

•« Les délégués de t habillement militaire,

u Signé : Lév\-Lazare, Évette, »

Séance du Comité central.

u Lavalette est nommé président.

« JossELiN dit de nommer un président pour quelques jours.

u Appel "nominal est fait.

« Lacorre demande l'application du règ^lement pour les commissions qui manquent.

« Lecture de l'affiche du citoyen Lacord.

u Lacorre approuve l'affiche , mais il blâme la commission qui fait afficher sans en donner connaissance au Comité.

u IIeuzelot a dit à Lacord que toutes les signatures du Comité devaient figurer sur l'affiche.

a La commission d'infanterie explique son retard.

u Baroud dît qu'on n'a pas donné connaissance de l'affiche parce qu'il y avait urgence.

« Rousseau dit qu'un citoyen vient de lui demander des mitrailleuses pour chasser les Versaillais d'Issy.

« Prudhomme dit de soumettre la question à Rossel.

« Rousseau dit que c'est inutile; que Rossel ne veut pas.

« Avoine dit que l'armée fédérée à Issy n'a aucun canon , et que lorsque la demande en a été faite à Rossel, il a répondu : Allez chercher ceux qui sont à Issy, que vous avez laissés.

« Lacorre dit que Rossel connaît la situation^ et que l'on doit s'en rapporter à lui.

« Prudhomme dit : Aujourd'hui on nous -tend un piège, et on veut nous faire peser une grande responsabilité si nous voulons nous mêler de l'action.

« Pyat dit de faire une réponse à l'article du Père Duchêne, et lit une affiche constatant les pouvoirs du Comité central ; il proteste contre les propos malveillants qui lui sont adressés.

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« Lacorre n'approuve pas la rédaction , et dit de nommer une commission à l'effet de rectifier la rédaction.

« La famille du colonel Meyer demande que l'on statue sur la position de ce citoyen; il est malade, il souffre; elle demande les causes de son arrestation.

u SouDRY dit que Meyér est un réactionnaire de la pire espèce. Il donnera des renseignements.

« Avoine dit qu'il s'est opposé à un arrêt.

« Prudhomme dit qu'on lui a demandé si Meyer est un ami du nommé Levis qui est à Versailles, et qui a des correspondances avec lui.

« SouDRY dit que Lévis est un ami intime à Meyer.

« Renvoyé à la commission d'enquête.

« Lavalette dit que son nom a été employé pour des actes arbitraires, il ajoute que c'est déplorable.

u Le président lit une lettre du XIII" arrondissement, annonçant au Comité central qu'un vote a été fait, le I'' mai , à l'effet d'élire le citoyen Gensier ; un mandat d'arrêt a été envoyé contre lui.

« Avoine dit de faire des enquêtes dans-toutes les léguions, car les élections ne sont que des cabales.

« Rousseau lit la rédaction. — Elle est adoptée. . « Prudhomme demande d'envoyer immédiatement à quelques journaux.

« MuLLEY donne la commission- du XVII* arrondissement. Les élections faites dans le XVII* arrondissement, autorisées par le Comité central , sont nulles et non avenues, ne l'ayant pas été par la commission executive.

« DucAMP dit que le XVIP arrondissement a deux légions, dont l'une est réglementairement élue , et l'autre qui est opposée au Comité central.

« AuDOYNAUD dit que tout conseil de légion n'a besoin du conseil d'aucun délégué.

« Lacorre demande de ne pas rentrer en discussion , et de faire venir Rossel.

« Lacorre, Marceau et Rousseau sont délégués auprès de Rossel. — Le président lit un rapport d'un commissaire de police, constatant que neuf pièces ont été trouvées rue Oberkampf. Ces pièces s'y trouvent encore. Elles devraient être ailleurs.

u Prudhomme dit qu'il a signalé quatre pièces à la mairie- du XII« arrondissement.

u Le président lit un rapport disant que le drapeau roug;e flotte sur Issy.

« AuDOYNAUD dit que si les Prussiens avaient évacué les forts, les citoyens de son arrondissement s'en seraient emparés avant les Versai Hais.

« GouHiER dit que Ton va afficher dans Paris que le drapeau tricolore flotte sur le fort d'Issy.

« Le président lit : — Le contrôle extra-muros est-il permis aux conseils de légion?

u Avoine dit que Roza a été nommé chef de légion. Il ajoute que Ton ne doit y attacher aucune confiance, car c'est un réactionnaire.

« Baroud dit qu'un délégué doit marcher avec sa compagnie ; il ajoute que la qualification...

« Réponse de la délégation près de Rossel. Il dit que ça ne le regarde nullement , et que c'est au Comité central de faire respecter les statuts de la Fédération ; il ne s'occupe...

u DuGAMP dit que Rossel devrait dire que Jaclard donne sa démission.

u Rousseau dit pourquoi qu'on ne fait pas sauter Issy.

u Lagorre dit que des questions très-graves se passent.

u La Gécilia a donné sa démission.

« Une délégation est envoyée au comité de salut public.

a Le commandant du fort d'Issy dit qu'à midi le bruit courait à Issy que le drapeau tricolore flottait sur le fort. Mais c'est faux.

« L'imprimeur dit qu'une dépêche est arrivée à là guerre , qui porte : « Le fort d'Issy est évacué par les défenseurs , et le drapeau « tricolore flotte. m.II y a eu des affiches dans Paris. Ordre est donné d'arracher les affiches.

« Deux membres sont proposés pour inviter Rossel à venir à l'assemblée.

u MoREAu fait remarquer que l'affiche au citoyen Lacorre pèche en ce qu'elle est signée par délégation.

« Rossel

u Le président demande des renseignements à Rossel.

« Lacorre demande des nouvelles à Rossel sur l'affichage de la dépêche.

u Rossel dit : Je ne suis plus le délégué à la guerre.

u Prudhomme demande si le Comité central a empêché l'action.

u RossEL dit qu'il parle devant tout le monde quand il s'agit de sa vie politique.

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a II ajoute que les forces ne manquent pas , et qu'elles sont plus que suffisantes. Les chefs de légion sont nuls.

« MoREAU dit que le Comité central a eu une opposition de la J)art de la commission de la guerre. Il ajoute que dans trois jours la situation ne pourrait guère changer.

« Rousseau dit que l'on trouve partout des obstacles.

« RossEL dit : Vous vous êtes trouvés en face de ce que je me suis trouvé tous les jours.

a MoREAu dit que Rossel seul a organisé quelque chose. Mais il ajoute qu'il n'a pas le droit de se retirer.

« AuDOYNAUD dit que le Comité peut s'en 'sauver. Procurer des chefs à la place de ceux qui manquent. Enfin provoquer demain une assemblée générale.

(( B. Lacorre demande la permanence du Comité.

« Boursier pose ainsi la situation. Ordonner à Rossel de rester ou se mettre en permanence pour le remplacer.

u MoREAu trouve le moyen impraticable. On ne peut former des ' généraux du jour au lendemain. Il cite Dombrowski, qui , avec des forces ridicules , tient tête à des forces très-sérieuses. Moreau dit qu'il faut, dans de certains cas , une dictature, et qu'en ce momentci il la faut.

u Boursier ne voit aucun homme capable de prendre cettç dictature.

« Lacorre croit que Rossel veut d'un côté ou de l'autre obtenir la dictature. Du côté du Salut public elle n'aurait pas de valeur, tandis que venant du Comité central elle aurait^ une force immense.

« GouHiER demande comment l'affaire du Moulin-Saquet n'a pas été affichée avec la même promptitude.

« PïAT est du même avis que B. Lacorre.

<i Pbudhomme demande si pour la dictature Rossel est bon.

« AUDOYNAUD est de l'avis contraire. Le Comité central doit pouvoir nommer ses chefs.

«Boursier dit que la dictature militaire n'existe pas de fait,

l'armée n'existant pas. Il est en cela de l'avis contraire à Heuzelot.

a MoREAU dit qu'il faut se mettre avec le comité de salut public.

« SouDRY demande si l'on connaît un autre que Rossel pour

nommer un dictateur.

« Rousseau et Lacorre font des motions d'ordre. u Lacorre demande le vote de la dictature.

gré cette désertion, continuent la lutte, n^ayant plus pour les guider que ce seul chef, le courage. Ils vendent chèrement leur Vie , mais ils succombent sans faire avancer d'un pouce le succès de la Commune. N'ayant personne pour les commander, ils tombent dans les pièges tendus par les Versaillais. — Les chefs se sauvent! les chefs se sauvent! (Bruits épouvantables qui circulent de bouche en bouche.)

u Écoutez maintenant d'autres gardes nationaux arrivant du fort d'Issy :

« Le fort, malgré tout ce que peuvent dire les journaux, est dans l'état le plus désastreux. Si les ruraux n'entrent pas, c'est qu'ils y mettent de la générosité. Hier, il n'y avait pas quatre-vingts fédérés dedans. D'ailleurs , la pluie de fer et de feu qui ne- cesse de le couvrir en rend la défense impossible. C'est un enfer!... ( Ici, avec une poignante amertume, un de ces gardes dit: — Les républicains ne sont-ils pas des damnés?). Mais cependant il reste encore des fédérés dans le fort d'Issy. Des simples gardes, car, là aussi, les officiers ont décampé (sic). Les officiers passeront bientôt à l'état de mythe. L'on n'en verra plus de que loin, à l'abri des projectiles ; quelques cavaliers galonnés faisant de la fantasia, puis plus rien ; disparus comme des ombres chinoises.

« — D'où vient, dit-on à la suite de ces reproches, que le fort d'Issy soit encore debout? — Pourquoi ne pas le faire sauter? Voulez-vous donc en faire une espèce de taureau à la Phalaris pour les républicains? Peut-on s'y maintenir, oui ou non? — Si oui, détruisez avec ses pièces les batteries qui le pétrissent; sinon, immolezle. — Nous n'y retournerons pas , disent deux gardes nationaux , nous l'avons échappé trop belle pour tenter une seconde fois l'impossible. Nous n'y retournerons pas, à moins alors que tout le monde marche. Il serait trop commode, après la victoire, de venir chercher sa part du gâteau sans avoir mis la main à la pâte.

« Ils ont raison ! ils ont raison ! Que tout le monde marche , et ce sera fini tout de suite; sans cela, la guerre s'éternisera. D'autant plus qu'officiers et sous-officiers en ont assez à Versailles. Ne viennent-ils pas de faire une manifestation pour forcer l'Assemblée à en finir avec Paris? Que tout le monde s'en mêle, et le dieu du travail aura vaincu le dieu de la guerre.

« Beaucoup de chefs de légion ne sont pas ménagés non plus. Les traits acérés sont décochés contre eux par une grande quantité de gardes. — Ils les appellent mirliflors. — Ces hautes payes, disentils, ne font pas de la besogne pour trente sous. Organisateurs , les

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appelle-t-on?... Organisateurs de quoi? Jamais les bataillons n'ont été aussi désorganisés, aussi délabrés, aussi pieds-nus, — Le café, voilà surtout leur champ de bataille. — Ils font la -guerre entre deux absinthes. La guerre en artistes... pas méchante du tout, et surtout pas dangereuse. — La guerre en artistes! reprend un autre (Ah! ceci est cruel), la guerre en artistes, lorsque avant-hier un garde a reçu en pleine figure la cervelle de son ami qui se battait à ses côtés. — Mon Dieu ! mon Dieu ! voyez ! s'écria-t-il à moitié fou. — Cet ami f aimait bien, répondit froidement un garde, qui continuait à faire le coup de feu. — Voilà, s'écrie-t-on , des exemples à donnera tous les galonnés fouirards qui pullulent dans la garde nationale.

à Je comprends que tous ces discours, toutes ces nouvelles, impi^îment aux cœurs des auditeurs la plus grande défaillance. Car, moi qui en déduis les exagérations , je ne puis chasser du mien une grande tristesse.

« On compte beaucoup sur la Commune pour répondre à la sommation de M. Thiers par un manifeste à Versailles, dans lequel, rétablissant les faits, on fera un appel suprême à Tarmée, qui ne demande peut-être pas mieux que de changer de drapeau.

« La barricade de la rue Peyronnet devient unç blague à Paris. On en fait gorge chaude , et cela se comprend. Tous les jours il n'est question dans les journaux que de cette malheureuse barricade. « — La barricade Peyronnet a été prise par les fédérés. — « La barricade Peyronnet est occupée par nous. — La barricade Pey- «ronnet ou Péronnet est en notre pouvoir, etc., etc. » Les vaudevillistes prendront ce titre pour une pièce. En attendant, le peuple prend cela en dérision , et il faut éviter à l'avenir den parler si souvent. — On dit aussi que, au rebours du bon sens , l'on donne à ceux qui ne savent pas se tenir en selle les chevaux les plus beaux et les plus fougueux. (Est-ce vrai?)

« Voilà ce que j'ai recueilli de plus saillant aujourd'hui. — Mauvais bruits , qu'il faudrait tâcher de démentir ; sinon le courage pourrait manquer au moment de mettre le pied sur la terre promise. On dit, ce soir, que le fort d'Issy est évacué. »

La lutte à laquelle nous assistons est moins celle des villes et des campagnes que l'antagonisme des classes, et elle laissera chez elles de profonds ressentiments. Alors que la bourgeoisie

faisait son devoir contre les Prussiens, sans Jbéroïsme , comme elle sait faire son devoir, les gens de Belleville semblaient réserver leurs forces contre Tennemi intérieur. Il y a deux choses qu'elle ne leur pardonnera pas : la première, c'est d'avoir été désarmée par elle à la suite d'une véritable surprise. On accepte les conséquences d'une défaite dans une bataille loyalement engagée , on ne se résigne pas aux conséquences d'un guetapens. La seconde chose que la bourgeoisie ne pardonnera pas, c'est que ceux qui se sont si mal battus contre les Prussiens se soient si bien battus contre des Français. {Écrit le 10 mai 1871.) Un apologiste de la Commune me disait : « L'Empire a fait le 2 décembre, la Commune a fait le 18 mars ; le succès a absous le premier, il absoudra le second. Question de fait ! »

Une proclamation du Gouvernement national avait été afiSchée sur les murs de Paris, elle se terminait ainsi : « Parisiens, pensez-y mûrement : dans très-peu de jours nous serons dans Paris. La France veut en finir avec la guerre civile. Elle le veut, elle le peut, elle le doit. Elle marche pour vous délivrer. Vous pourrez contribuer à vous sauver vous-mêmes , en rendant l'assaut inutile et en reprenant votre place dès aujourd'i^ui au milieu de vos concitoyens et de vos frères. »

Hélas ! les Parisiens y pensaient mûremetit. Ils pensaient et à l'impuissance absolue à laquelle on les avait réduits en les abandonnant, et aux dangers de toutes sortes dont ils étaient menacés , bien heureux lorsque leurs réflexions n'étaient pas interrompues parla chute d'un obus ou l'explosion d'une boite à mitraille partis du Mont-Valérien !

A cet appel aux Parisiens, la Commune répondit par un décret qui ordonnait la confiscation des biens et la démolition de la maison du sieur Thiers , se disant chef du pouvoir de la République française.

Cette vengeance de la Commune, qui semble lâche et ridicule lorsqu'on la voit s'exercer sur des pierres , fut très-sensible au cœur du Président de la République , et plus d'une

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fois il lui est arrivé publiquement de regretter sa maison , sa chère maison, en faisant valoir, comme c'était son droit, tous les sacrifices que lui a coûté son dévouement infatigable aux intérêts publics.

RAPPpRTS DE POLICE.

Bourse, — « M. Thiers n'est pas l'homme qu'il faut, dit-on, pour gouverner la France ; il est trop vieux.

« On dit que la Commune ne devrait pas faire abattre la colonne Vendôme. Qu'on enlève la statue, fon ne tient pas à t oiseau, et qu'on la remplace par celle de la République.

« On dit que lorsque l'artillerie versaillaise va commencer la grande attaque , il n'y aura pas moyen de lui résister. Tout est bien préparé pour que cette opération réussisse , et on plaint les pauvres fédérés pour ce moment-là. Les Versaillais n'ont pas voulu occuper le fort d'Issy la première fois qu'il a été évacué, certains qu'ils étaient de le posséder quand ils le voudraient. Ils l'ont laissé réoccuper par les fédérés, pour les prendre au piège encore une fois. S'ils avaient voulu , iJs les auraient écrasés tous hier. »

Concorde. — « On blâme tous les généraux de l'Empire pour n'avoir pas voulu combattre les Prussiens , et parce qu'ils se battent maintenant contre les Français, on les traite de lâches.

a Les membres de la Commune n'ont pas encore pu s'entendre, dit-on, et la désunion se propage de plus en plus. Ceci se confirme, du reste, par les démissions et les révocations de ce jour. Le comité de salut public est révoqué , et le délégué à la guerre se retire. Le citoyen Félix Pyat a de nouveau donné sa démission. Cela sent le pataugeage. Au lieu de s'occuper d'organiser les af&ires de l'intérieur, la Commune devrait d'abord s'occuper de la garde nationale et de lui donner de bons chefs. Les fédérés sont fort mal commandés , et les affaires intérieures ne souffriront pas pour attendre quelques jours de plus. »

Quartiers populeux.

« Paris est beaucoup plus calme aujourd'hui que ne pouvaient le faire supposer les événements d'hier. Les quelques groupes que je vois sont presque exclusivement composés de femmes î cela s'explique par la levée d'aujourd'hui, qui n'est pas encore la levée en masse,

réclamée par toutes les citoyennes que j'écoute causer ce matin. (Il est bon de dire que ces citoyennes sont les femmes des braves fédérés qui se battent peut-être en ce moment pour la Commune.) Oui, disent-elles, voici beaucoup de bataillons qui partent, mais reg^ardez?les, chacun d'eux se monte à peine à deux cent cinquante hommes, c'est-à-dire de nos maris. Ils s^en vont, eux, tandis qu'un tas de mollasses restent chez eux, et que les égoïstes vont à l'atelier gagner leurs petits six francs. Nos hommes, eux, vont se faire trouer la peau pour trente sous! — Et pour la République ^ ajoute une jeune fille avec âme. — Soit , répondent les femmes ; alors que tout le monde s*en mêle , et l'on aura cette République ! Que tout le monde s'en mêle, voilà ce que j'entends dire continuellement. Que faut-il faire pour cela ? Un manifeste ! non un poulet révolutionnaire, mais un manifeste rédigé comme savaient le faire nos pères de 92.

« Tant que le vent de la Révolution ne viendra pas fouetter le cœur de Paris, vous ne briserez pas le cercle qui vous entoure. Pour entendre parler les hommes aujourd'hui , il faut aller près du théâtre de la guerre, où se trouvent de nombreux gardes. C'est ce que je fais. Tous devisent fort vivement sur les événements, qui un jour se heurtent, se bousculent, se renversent et se détruisent pour laisser la place à d'autres, dont l'existence n'est pas moins éphémère. Ce qui ressort de tout ce que j'entends est ceci :

« — Tout est confus : les affiches d'hier et celles d'aujourd'hui ; le comité de salut public renouvelé; la Commune parlant de ses généraux... (en a-t-elle?) ; la. démission de Rossel ; le fort d'Issy placé entre deux drapeaux (est-ce le rouge ou le tricolore qui flotte?) ; les positions que l'on perd lorsqu'il y a tant de commandants (beaucoup trop); les moyens énergiques dont on parle toujours et qui ne font jamais de mal aux Versaillais, etc., etc. C'est louche, disent beaucoup de gardes nationaux , ça sent son Trochu à plein nez '. Ce que Ton n'admet pas , ce sont les commissions et souscommissions qui empêchent l'exécution rapide des opérations. Si ces commissions militaires étaient composées de soldats, on poui> rait les admettre à la rigueur, quoique tous ces contrôles nuisent énormément à la défense , mais tout cela n'est composé que de citoyens entièrement étrangers au militarisme, et cela fait leur éloge. Or, pour faire un bon civet, il faut, etc., etc. — Et remarquez,.

^ « C'est une capitulation à la Bazaine que mitonne Trochu» , disait-on sous le siège. Triste enchaînement des faiblesses humaines !

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âjoute-t-on, qu'au-dessus de toutes les commissioDS, il y a la Commune, contrôlant et même dirigeant la Guerre; Commune ne recelant dans son sein, et cela fait son éloge, que de braves ouvriers et d'honnêtes journalistes, plumes courageuses, héroïques même, mais qui ne valent pas des épées.

u Eh bien , et le général , où est-il ? Bref, on regrette beaucoup le citoyen Rossel. On comprend parfaitement que, sans commandement suprême, aucun général ne pourra vaincre. Le peuple ne craint pas la dictature dans un pays oii il n'y a que de la garde nationale , et tous ceux que j'entends discuter aujourd'hui veulent que tous les comités et sous-comités, s'ils continuent d'exister, laissent entièrement la place au général, capable et républicain, qui répondra de la victoire sur sa tête.

« L'évacuation du fort d'Issy n'enfante aucun découragement. Au contraire, ce fort était l'effroi de la garde nationale. Elle se sent plus à l'aise dans le village. »

REPUBLIQUE FRANÇAISE

COMMUNE DE PARIS. COMITÉ DE SALUT PUBLIC

M Paris, le 10 mai 1871.

« Citoyen,

a Le Comité reçoit une députation de gardes du 61* bataillon qui donne des renseignements sur la situation du bastion 68. Les gardes y sont à découvert , et le découragement semble s'être emparé d'eux.

« Veuillez vous assurer de la situation et y porter remède.

« Salut fraternel.

u Pour le comité de salut public,

« Le secrétaire de la guerre^

« Signé : A. Héruette. »

MINISTERE DE LA GUERRE

« Paris, ce 10 mai 1871.

a Mon cher Henry ,

« Au XV* arrondissement, le 45» bataillon, drapeau en tête, conduit par Vinot, le colonel du Champ de Mars, se promène, criant i ji bas la légion ! •

« Fais cerner t arrondissement par la force^ use de quelques car

valiers sûrs, fais charger au besoin y et fais arrêter surtout les

officiers.

a Bien à toi.

a Signé : Masson. n

LE FORT d'iSSY DU 2 MAI AU 10 MAI.

« Issy, 2 mai, 6 heures 25.

« Mon cher Général,

« Le ralentissement du feu de l'ennemi me fait présager une attaque formidable pour cette nuit. N'ayant point de chemin couvert pour sortir du fort , il est urgent que vous empêchiez l'investissement complet.

« Ce qui est non moins urgent, c'est la question des vivres. Je n'en ai point encore reçu. Vous savez que sans cela je suis perdu.

« Il me faut encore des artilleurs et du génie. Je n'en ai presque point.

. « Enlevez bien vite le pain. Et n'oubliez point les voitures d'ambulance.

« Je n'ai pas un officier d'artillerie. Je me trouve dans ce fort avec quelque énergie, c'est possible, mais il feiut un peu de spécialité dans une position semblable.

« Si vous trouvez cet officier, envoyez-le moi , et mettez-le vite à

la tête du fort.

« À vous.

« Général Eudes, m

« Fort d*Issy, le 3 mai 1871.

a Laissez passer la citoyenne Biaise , se rendant à Paris , aller et retour, avec des voitures d'ambulance.

« Le secrétaire ctétat-mcLJor,

it Doucher. »

« 4 mai 1871.

« Ordre est donné à la citoyenne femme Alvin , de réquisitionner des voitures, n'importe où, n'importe à qui, pour le transport des blessés.

« Le sous-chef d* étaihmajor. n

sous LA COMMUNE. 267

Ces pièces , mauvais chifFons de papier salis par les mains qui les ont souvent déployés et fermés , portent toutes le cachet : République française ^ Commune de Paris ; et dans le champ du cachet : Fort d'Issy.

« Issy, le 6 mai 1871.

« Le commandant du 110* bataillon demande que son bataillon soit relevé le plus tôt possible; l'armement est complètement en mauvais état , les hommes sont fetiguès.

« Le bataillon est parti pour le Champ de Mars le 24 avril dernier, et de là au fort d'Issy , soit il y a treize jours.

« L'effectif du bataillon était , au départ , de 310 hommes ; aujourd'hui, par suite de morts, blessures et maladies, il compte à peine 50 hommes qui se trouvent dans l'impossibilité de faire un service sérieux; de plus, ce bataillon est le seul de la 10" légion qui se trouve en campagne.

« Prière de donner immédiatement un ordre formel au bataillon de rentrer à Paris, pour le reconstituer et le mettre en état de sortir de nouveau avec sa légion.

u Le chef du 110* bataillon,

« Ch. Picard, n

u Colonel Lisbonne,

u De suite faites soutenir notre ligne de retraite depuis la barri- * J

cade des francs-tireurs de Paris, à gauche de l'église, en regardant "•

le fort, jusqu'au séminaire. L'ennemi veut nous tourner.

u Le commandant du fort,

« RiST.

« Fort d'Issy, le 8 mai 1871. »

Ministère de la guerre (à la main).

« Citoyen Colonel Rossel, « Une panique effrayante s'est emparée de la garnison. — Tout le monde est parti, et nous restons environ cinquante dans le fort. Quels sont vos ordres ? J'attends la réponse. « Salut.

« G. RisT.

« Lundi, 8 mai 1871. »

SI

Au Citoyen délégué à la guerre.

« Ayant-postes d*Issy, 8 mai.

« Citoyen,

« J'ai l'honneur de vous demander un ordre immédiat pour qu'on fasse rentrer dans Paris mon bataillon, le 248?, que je mène au feu depuis dix-sept jours, et qui, décimé par les balles, les obus et les fièvres, demande à enterrer les morts et à rentrer dans Paris pour deux jours.

« C'est avec regret que je quitterai de tels hommes , et seulement l'honneur de me mettre à vos ordres pourra me décider à ce cruel sacrifice.

« Salut respectueux.

« Le chef du 248« bataillon, u Regère, n '

« Issy, le 9 mai 1871.

u Général ,

« Après une dépêche semblable , où le manque de courage et de résolution est accusé aussi ouvertement, je viens vous prier, Général , de me faire remplacer au plus vite.

« On m'a laissé une situation perdue^, et je serais heureux qu'un conseil de guerre reportât sur qui de droit l'effet fâcheux et calamileux du plus mauvais gouvernement militaire que nous ayons jamais eu. Ceci s'applique. Général, non à vous, mais à votre prédécesseur.

« Recevez, Général , mes sentiments distingués.

u Brunel. »

« Citoyens de la Commune,

- « Les Vengeurs de la République ont fui devant l'ennemi.

u Le citoyen Wolff et le peu de citoyens sont restés , maintenant la position et faisant face au feu de l'ennemi. Ces braves citoyens, indignés des hommes et des chefs qui les avaient lâchement abandonnés, ont constitué une nouvelle compagnie de Tirailleurs de la Commune, ne voulant rien de commun avec les lâches.

^ Le commandant du fort au 10 avril était un nommé Marcaus.

SOaS LA COMMUNE. 269

u Je vous les envoie, Citoyen, pour les reconnaître, les armer, les équiper, leur donner un fanion et les envoyer prendre les positions qu'ils ont su conserver au péril de leurs jours, car les fusils étaient et sont en mauvais état.

« Salut et fraternité.

« Le commandant de taile droite des positions du sud,

u JOSSELIN.

u Vu et approuvé de nous , au nom du délég^ué à la guerre.

« Pour la commission executive, u G. Tridon. »

(Sans date.)

Cachet : République française , Commune de Paris, Et dans le champ : Fort d'Issy,

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