‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 368 sur 396 · LA VEILLÉE DE L’ANGE · texte numérisé non relu

LA VEILLÉE DE L’ANGE

Du temps qui n’était plus, sans qu’un trop grand soupir Se fit sur la métamorphose.

Car pourvu que le cœur soit bon, soit délicat,

Et que de la beauté l'âme ait encor l’éclat,

Le vieil âge peut encor plaire,

Même parfois son ombre est tutélaire ;

Jusqu'à ce que la vie au ciel remonte un jour,

Alors que le rayon de l’éternel amour.

Vient nous aspirer de la terre 1

La Veillée de l’Ange.

Au chevet de sa mère une fille veillait A l’heure de minuit, sa mère était mourante ;

La pauvre enfant point ne donnait Depuis cinq nuits ... et l’heure est lente ! Voilà que tout à coup une Apparition

A scs yeux se fit voir étrange :

“ Dors et fait trêve à ton affliction

Je veillerai pour toi . . .” dit l’Ango.

Sur ses yeux fatigués tomba le doux sommeil,

Ainsi que sur un cœur flétri tombe la grâce;

L’Ange saint d’un reflet vermeil L’entourant, se mit à sa place ;

Et ses donx yeux brillaient de tant d’amour humain, Dans leur clarté toute argentine,

Qu' Ange il semblait UN de ce monde vain .... La dormeuse presque divine.

Comme rayons ardents ondoyaient les cheveux En spirales formés de la frêle dormeuse ;

De l’Ange en rayons lumineux Brillait la tête radieuse ;

Un doux je ne sais quoi sur son front épandu,

Donnait certain air de famille A ce bel Ange, à veiller assidu,

Lorsque dormait la pauvre fille.

Le principe mortel, le principe immortel Se reflétant tous deux, se trouvaient en présence ;

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