‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 382 sur 396 · VUE DU HAUT DU NID DE L’AIGLE À 8IMLA · texte numérisé non relu

VUE DU HAUT DU NID DE L’AIGLE À 8IMLA

Tout à coup du milieu de nuages gris, sombres,

La lune en se levant vint éclairer les ombres,

Du haut d'un ciel d’azur jetant la majesté,

Ce céleste reflet de la Divinité ;

Déversant sur les pins l’argent de sa parure,

Sur la verte bruyère égrenant sa ceinture,

Tandis que des sommets des rochers escarpés Couraient des flots rugueux comme des échappés,

Vers le creux du torrent dont le profond abime Semblait les attirer du plus haut de leur cime.

Et clair, vif et fréquent sur la brise du soir Montait, sur le repos sans pouvoir prévaloir,

De la cité d’en bas le bourdonnant murmure S’élançant vers le ciel au sein de la nature Toujours, jusqu’à ce que le plus minime son I)e joie ou de douleur devint nn unisson,

Formant à ces hauteurs une musique unique,

Un chant plein de fraîcheur, et saint comme un cantique, D’autant plus doux au cœur, et d’autant plus goûté,

Que son thème est hélas ! la triste humanité !

Oh 1 oui certe à cette heure et douce et solennelle Oh notre esprit est calme, oh notre âme immortelle Vers le but de la vie en son étonnement Erre dans ses pensers silencieusement,

Quand sur les cieux bleuis scintillent les étoiles,

Nous montrant l'infini sous l'ombre de leurs voiles,

Et venant à nos cœurs parler d’Etemité,

Et de notre néant, et d'immortalité.

De la ville, à cette heure, il est doux, à distance,

D’épier tous les bruits, d’épier le silence.

Serait-ce parce que le sommeil à la mort Iiessemble quelque peu, qu’écoutons sans discord De la ville les bruits et les mondaius murmures Sans gâter de l'esprit les suggestions pures ?

Serait-ce par l’effet de cette impulsion

Qui nous rend les objets de notre affection

Nos aimés, bien plus chers, qui vers eux nous attire,

Et fait tout pardonner de la mort sous l’empire,

Que le tohnbohu vibrant de la cité Ne distrait le penseur rêvant d’Etemité ?

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