SCENE XII
BIBERLOT, aeul an instant, puis FOL- BELLE.
BlBERLOT , avec désordre. La fatalité me tient dans ses griffes, si j'avais sur moi une arme quelconque, je me passerais mon épée à travers du corps!... Mon courage s'éteint , mon sang^ s'allume , et l'idée de me suicider est la seule qui me rafraîchisse!.. Oh! mais on ne sait pas ce que je sui-3 capable!., je boirais une fiole d'acide Yitriolique comme un verre de Champagne , moi avec mon petit air ?.. je me no jerais, je me pistoliserais , je me pendrais, si ça me faisait plaisir, voyez-vous bien !.. Eh bien! oui, je veux me pendre... (//
regarde sa prison.) Voilà une échelle et
c'est aux barreaux de la prison que je vais attacher une des cinq cent mille victimes de de l'amour...
liôte son habit , le jette h terre , et détache sa cravate , en faisant un pas vers réchelle.
FOLBELLE , paraissant aux barreaux de la prison ci une fenêtre faisant face à la boutique Bibertot. Il appelle. Monsieur!., monsieur!..
BlBERLOT. Hein ? j'ai entendu des accens humains!..
FOLBELLE. Ne me trahisez pas,
BlBEfxhOT , regardant en haut. C'est un locataire des mansardes !.. Qui êtes-vous, infortuné que vous êtes ?
FOLBELLE. Le marquis de Folbelle.
BïBERLOT, d Lui même. Folbelle ? celui qui m'a jeté une lettre dans une pierre... c'est-à-dire, non... une pierre dans une lettre... [Haut.) Que prétendez-vous faire?
FOLBELLE. Si VOUS voulez m'aider un peu, ces barreaux ne tiennent à rien, et je puis sortir d'ici.
BlBERLOT, vivement. Vous pouvez sortir? alors je pourrais donc entrer, moi? Puissances célestes, je renais à la vie!
FOLBELLE. J'ai apercu là une échelle.
BlBERLOT, g'fltmenf. Oui, oui ! ne dites rien, je vais y monter. (// place l'échelle visà-vis de la fenêtre grillée.) Il y a bien une sentinelle de ce côté , mais elle se promène sur le pont de l'arche Marion, elle ne m' appercevrapas!.. Il n'y a que moi qui pourrais vous voir de ma boutique; mais je n'y suis pas... (Il monte l'échelle; arrivé auprès de la fenêtre il dit.) Bonjour, marquis, je suis biien aise de vous voir, allez, marquis.
FOLBELLE. Et moi aussi mon ami ! mais ne perdons pas de temps.
Il ôte deus barreaux d@ la fenCUc,
BlBERLOT, secouant la grille de la fenêtre. Il paraît (|ue c'était déjà limé, tenez, ra se détache, ca se détache! (La grille cède.) Ah! la voilà!
Folbelle la rentre dans la prison.
FOLBELLE. Enfin je suis libre!
BlBERLOT. Un instant, j'y mets une condition, c'est que nous allons changer de costume, et que je vous remplacerai ici pour qu'on ne se doute de rien.
FOLBELLE. Quoi ! excellent jeune homme, vous pousseriez le dévoûment jusque là?..
BlBERLOT. Je le pousserais quatre fois plus haut, si c'était nécessaire.
FOLBELLE. J'accepte avec reconnaissance.
Biberlot entre par la lenêtre de la prison , Folbelle lui donne son habit.
FOLBELLE, mettant te pied sur l'échelle. Maintenant, adieu !
BlBERLOT, l'embrassant. Adieu, marquis.
FOLBELLE, arrivé au bas de l'échelle dit. Ma chère Dumesnil, je puis donc à présent courir me jeter à tes pieds!
BlBERLOT, reposant la grille. Me voilà donc enfin au comble de la félicité!
FOLBELLE, effrayé. Mais j'entends du monde ? la sentinelle peut donner l'alarme , si je me sauve ainsi; cachons-nous dans cette maison.
Il ôte l'échelle qu'il place ou fond , entre dans la boutique et emporte l'habit de Biberlot.