SCÈNE V
FRITz, CHRISTIAN.
CHRISTIAN (entrant).— Fritz !
FRiTz (se retournant).— Monsieur le comte de Randorf! (Saluant.) Mon colonel !
CHRISTIAN.— Le lieutenant Georges est ici ?
FRILZ.—- Oui, mon colonel. Il est heureux que vous soyez arrivé ce matin. j'allais porter à la poste une lettre pour vous.
CHRISTIAN.— Ah ! le lieutenant m'’écrivait ?
FRiTrz.— Cette lettre est maintenant inutile.
CHRISTIAN.— Dis-moi. Pendant mon absence, le lieutenant at-il reçu quelque visite... quelque lettre ?..
Frirz.— Je ne crois pas. Depuis votre départ, le lieutenant n'a vu personne, excepté un bourgeois, nommé Jérôme, qui était ici tout à l'heure.
CHRISTIAN.— Jérôme, son ancien valet de chambre...
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Frirz.— Voici le lieutenant.
CHRISTIAN.— Laisse-nous.… (Fritz sort par le fond,
Georges entre par la gauche.) SCÈNE VI GEORGES, CHRISTIAN.
GEonGes (à lui-même, sans voir Christian).— Jérûme réussira..… J’ai bon espoir... je puis attendre.
CHRISTIAN.— Vous attendez quelqu'un ?
GEORGES (surpris). —Ah !.. vous ici, mon colonel ?
CHRISTIAN.— Oui, j'arrive à l'instant, et je suis porteur d’un ordre qui vous concerne.
GEoRGEs.— Vous venez m’annoncer une mauvaise nouvelle, n'est-ce pas ?
CHRISTIAN. — Je viens vous transmettre un ordre de l’empereur Guillaume.
GEORGES. — Un ordre de l’empereur ?
CHz1I8TIAN.— Ecoutez-moi. Des accusations graves ont été portées contre vous... Votre loyauté est mise en doute. Plusieurs de nos officiers ont été témoins de l’apathie que vous montrez pour le service de Sa Majesté ; d’autres vous ont entendu exprimer hautement vos regrets d’avoir embrassé notre cause. J’ai dû recueillir tous ces rapports et en conférer avec le ministre de la guerre. Il répugne au ministre de vous citer devant une cour martiale; c’est pourquoi Son Excellence m'a chargé de vous engager à donner vous-même votre démission.
(IEORGES.— Ce désir est un ordre, et je ne le discuterai pas. Je donnerai ma démission.
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