‹ Le forgeron de Strasbourg [microforme]Chapitre 26 sur 77 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

GEORGES, puis JÉRÔME.

GEORGES (un moment seul).— Voilà comment cela devait finir ; par l’abandon... par la plus complète indifférence... Oh ! qu’il me tarde de voir ceux que

j'aime !.. Que je puisse les voir un instant, c’est

tout ce que je demande au ciel !.. (On entend un roulement de tonnerre.) Ce bruit !.. est-ce la voiture ? non, c’est l'orage... l’orage va les empêcher de partir, et demain je ne serai plus ici,

JÉRÔME (entrant par la gauche).— Monsieur Georges ! monsieur Georges |

G&oRGESs.— Ah ! te voilà, Jérôme. tu ne sais pas ?.…

JÉRÔME.— Si fait ; en partant, monsieur Jean- Paul doit passer par ici avec Henri.

G£orGes.— Mais, par ce mauvais temps, il ne M

voudra pas se mettre en route.

JÉRÔME.— Ça ne fait rien. il est plus que ja-

mais pressé de quitter Mulhouse... D'ailleurs, ça M ne sera pas grand’chose, cet orage... deux ou trois M éclairs, pas davantage... Voilà même déjà que le M

tonnerre s'éloigne.

GEORGES.— Ainsi tu es sûr que c’est pour ce matin ? JÉRÔME.— Quand j'ai quitté l’auberge, ils allaient tous monter en voiture... Tenez, de cette fenêtre, nous les verrons tourner le coin de la rue. (Un éclair illumine la fenêtre.) Oh !

GEORGES.— Qu'est-ce donc ?

JÉRÔME.— Rien, un éclair un peu plus fort que leg autres, et cela fait mal aux yeux... Ah! monsieur, monsieur, voilà la voiture !

GEORGES.— Tu crois ? Ah !..

JÉRÔME.— Elle détourne le coin de la rue, elle va passer devant la maison.

GEorGEs.— Vite, vite. fais-moi place. Oui, comme ça je verrai...

JÉRÔME.— La voilà ! la voilà !.….

GEORGES (s’avançant).— Oui! (Un éclair plus brillant traverse le salon, Georges pousse un cri.) Ah! (Il se couvre les yeux de ses deux mains.)

JÉRÔME.— Tenez! la voiture s'arrête... Henri lève la tête... vous le voyez bien, n’est-ce pas ?

GEORGES (aveuglé).— Où cela ? où cela ?

JÉRÔME.— Mais de ce côté ; c’est le père Thomas qui vous le montre,

ERA —— Sri dry Grda EME

| fi

GEO vois p JÉRÛ GEO JÉR GEO verral grâce, (Il td

Pou:

dans li podiun la oua venan Celui de la f

temps,

nue que jaailleurs, ça eux ou trois déjà que le

ur ce matin ?

>, ils allaient ette fenêtre, a rue. (Un

us fort que Ah ! mon-

la rue, elle lace.… Oui, éclair plus , crà.) Ah!

te. Henri e pas ?

re Thomas

il ne M

ne

GEORGES.— Mais non! je ne vois plus! je ne vois plus |

JÉRÔME (se tournant vers Gfeorges).— Comment !.…

GEORGES.— Cet éclair a brûlé mes yeux !

JÉRÔME.— Ah ! aveugle !

GEORGES.— Ah ! je ne verrai pas mon père ! je ne verrai pas-mon frère !.. Les hommes avaient fait grâce, maïs Dieu n’a pas pardonné !

(Il tombe à genoux avec désespoir.)

Page 1