SCÈNE VIII THoMASs, JÉRÔME
JÉRÔME.— Enfin, il est parti... (Haut.) Puisque maître Jean-Paul l’a permis... je vais rentrer dans ma chambre, père Thomas.
THoMas.— Pas encore; j'ai à te parler... Devant mon fils, je n’ai pas voulu te dire que je ne croyais pas un mot du conte que tu nous as fait en arrivant.
JÉRÔME. — Un conte ?
THomas.— Jérôme. tu n’as pas l’habitude du mensonge, et tout à l’heure tu mentais.
JÉRÔME.— Moi ?
THoMaAs.— Dane quel intérêt ? pour quel motif ? Je l’ignore et je cherche en vain à le deviner; mais on ne me trompe pas aussi facilement que Jean- Paul. Voyons, pourquoi Georges t’a-t-il envoyé ici ? car c’est par son ordre, j’en suis sûr, que tu es à Strasbourg. Pourquoi as-tu été si effrayé en entendant la voix de Jean-Paul que tu croyais parti ?.. Enfin, pourquoi tout ce mystère ?
JÉRÔME.— Monsieur Thomas..…..je vous promets.
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| disant cela. Allons, je n’insiste plus: à son retour, 1 j'interrogerai George:, il aura peut-être plus de franchise... Tiens, prends une lumière et rentre 1 dans ta chambre.
JÉRÔME.— Et vous, père Thomas, ne rentrez-vous
{ pas aussi ?
THomas.— Moi... j'avais encore quelque chose à
4 te demander, Jérôme... maïs tu ne voudras pas
me dire...
JÉRÔME.— Quoi donc, père Thomas ?
THomas.— Je suis inquiet à présent.
JÉRÔME. — Inquiet ?
THoMas.— Oui... j'ai le pressentiment que mon
4 pauvre Jean-Paul ne trouvera pas la joie qu'il va chercher.
JÉRÔME.— Pourquoi supposez-vous cela ?
THoMAs.— Parce que ton arrivée ici aujourd’hui 1semble me présager un malheur.
JÉRÔME.— Un malheur ?
1 THomas.— Dieu veuille que mes craintes ne {soient pas fondées! (On entend sonner neuf heures.)
{1 JÉRÔME (à part).— Déjà neuf heures !..….. (Haut.) { Pardon, père Thomas, nous causerons demain aultant que vous le voudrez, maïs ce soir, il est bien Atard, et la route m'a fatigué à un point... je puis [à peine me soutenir.
THoMas.— C’est vrai... Ne veux-tu rien prendre davant de rentrer ?......
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