‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 56 sur 78 · LM ER · texte numérisé non relu

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en plaindre comme d’une loi ennemie de l A mérique Britannique, et rous ne pouvons cacher notre étonnement de ce qu’un Parlement britannique puisse jamais consentir à établir dans ce pays une religion qui à fait verser des déluges de sang sur notre ‘sle, et répandu l’impiété, la bigoterie, la perséeution, le meurtre et la rébellion dans toutes les parties du monde.”

Daus une autre séance de ce même Congrès de Philadelphie, tenue cinq jours plus tard (le 26 octobre 1774), ces mêmes délégués, désireux d’entraîner les Canadiens dans leur révolte contre l’Angieterre, adressaient aux habitants de la province de Québec ces paroles hypocrites :

‘ .. Nous sommes trop bien informés de la libéralité des sentiments qui distinguent votre nation pour imaginer que la différence de religion vous donnera des préjugés contre une amitié cordiale avec nous. Vous savez que la notion transcendante de la liberté élève ceux quis’unissent pour sa cause au-dessus de toutes ces petites infirmités des esprits faibles. Les cantons suisses fournissent une preuve éclatante de cette vérité. Leur union comprend des états

catholiques et protestants, vivant en paix les uns avec les autres, et dans la plus parfaite

concorde … Que vous offre-t-on par le dernier acte du Parlement … ? la liberté de conscience

240 LE FORT ET LA CHATEAU SAINT-LOUIS dans votre religion? Non, Dieu vous l’a donnée ; et les pouvoirs temporels avec lesquels vous avez 6t6 et vous êtes liés vous en ont solidement stipulé ls, jouissance dans le présent Congrès, qui est commencé le 5 septembre et a été continué jusqu’à aujourd’hui. Il a été résoln avec une joie universelle et d’une voix unanime que nous regarderions la violation faite à vos droits par l’Acte qui change le gouvernement de votre province, comme une violation de nos propres droits.”

Le reproche fait au gouvernement anglais par le Congrès de Philadelphie (dans sou Adresse au peuple de la Grande-Bretagne) d'avoir trop bien traité les Canadiens mit ceuxci sur leur garde, et lorsque les Anglo-Américains, révoltés contre leur métropole, voulurent s'emparer du Canada, en 1775, ils se heurtèrent à l’indifférence des habitants de la région de Montréal et à l’hostilité active de ceux de la région de Québec. Grâce au clergé et à le classe instruite de la population ; grâce surte .t aux recommandations de Monseigneur Briaud, évêque de Québec, les ‘ Bastonnais, ” À ces ennemis séculaires des Canadiens et des Acadiens, échouèrent dans leur tentative, et les ‘ nouveaux sujets, ? comme on appelait les Canadiens, surent rccompenser le gouver-

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nement britannique de la justice qu'il venait de leur rendre en conservant À la Couronne d'Angleterre son vaste empire actuel de | Amérique du Nord.

Car il n’a tenu qu’au bon ou at mauvais vouloir des Canailiens-Français de Québec que les événements prissent telle direction ou telle direction contraire 1,

Guy Carleton demanda son rappel, et fut remplacé, en 1778, par le général Fréderic Haidimand, vieux militaire d’origine suisse, sévère, ombrageux à l'extrême, qui voyait partout des émissaires de la France et des colonies révoltées de l'Amérique. Ses craintes,

pour n'être pas sans quelque fondement,

étaient absolument excessives, 11 emplit les prisons de gens qu’il soupçonnait de conspiration, obligea le peuple À de fréquentes corvées, et agit en toutes choses comme si chaque

es,

1-—Consulter à ce sujet la précieuse collection de documents recueillis et annotés par M. l'abbé H.-A. Verreau, et publiée sous le titre : Invasion du Canada, ainsi que la notice biographique de Mgr Briand, dans l'ouvrage intitulé : Les Kvêques de Québec, par Mgr Henri Têtu. Lire aussi les notes de M. Faucher de

Saint-Maurice sur le générai Richard Montgomery

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citoyen eût été un soldat obligé de lui obéir. Il | quitta Québec, au mois de noverubre 1784, laissant provisoirement le gouvernement entre les mains du lieutenant-gouverneur Hamilton.

L'année même de son départ, le 5 mai 1784, Haldimand fit commencer au fort Saint-Louis l'érection d’un nouveau corps de logis destiné aux bals, levers et réceptions officielles du Chàteau. Une des courtines du fort construites en 1698 pa: Frontenac, servit de mur extérieur au rez-de-chaussée de cet édifice.

Le vieux général helvétien gourmandait les maçons employés aux travaux les fondements de la bâtisse, s’emparait lui-même de leurs instrument: ef les intimidait au point de les « rendre réellement malhabiles.

Le bâtiment fut inauguré plus de deux ans après son départ, le 18 janvier 1787, jour de la fête de la reine Charlotte,—lord Dorchester (Guy Carleton), revenu au pays en 1786, faisant les honneurs du nouvel édifice.

Les Anglais désignèrent d’abord ce bâtiment sous le nom de Mew Building ou New Chateau Building. Lorsqu'il servit de résidence aux gouverneurs, on l'appela Château Saint-Louis.

Le véritable château Saint-Louis fut réparé et haussé d’un étage de 1808 à 1811, et sa toiture reçut uue couverture en fer blanc. Le

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