REVERS DES DEUX BAS-RELIEFS PRÉCÉDENTS
141 après Jésus-Christ, l'impéra-
Les trois victimes du sacrifice 54.
etaurilia, le porc, la brebis et le taureau [IL trice Faustine, femme d'Antonin le Pieux, mourut, le sénat lui décréta les honneurs divins, des jeux publics, un temple, des flamines, des statues d'or et d'argent. Le temple fut construit au Forum et l'on y
grava l'inscription : Dive Faustinæ ex slenatus| consulto|. Quand, à son tour, Antonin
mourut, on lui décerna les mêmes honneurs quà sa femme; mais on économisa le prix d'un temple, et, au-dessus de l'inscription primitive, on grava les mots : Divo Antonino et. Ce qui donna l'inscripuüon : Au divin Antonin et à
la divine Faustine, par décret du
Sénat.
Le temple d'Antonin est
encore debout, avec son inscrip-
A do tion faite en deux fois. Le fronton
seul a disparu. Un type monétaire nous le restitue : il est triangulaire, orné de sculptures. Un quadrige à son sommet et, à chaque angle, une Victoire se détachent sur le ciel. Sur les colonnes on peut voir encore de curieux grafhtes : un belluaire combattant un lion, une Vénus, une Victoire, le monogramme du Christ entre l'alpha et l'oméga, les mots Eutician|e] vivl as).
Sous Titus et sous Antonin Rome avait été dévastée par de graves incendies qui épargnérent le Forum. Il n'en fut pas ainsi de l'incendie qui éclata sous Commode en l'année 191 après Jésus-Christ.
Le feu commença dans le temple
de la Paix ou dans des maisons
voisines et, se propageant avec la plus grande rapidité, consuma les greniers aux épices qui se trouvalent sur le bord de la voie sacrée, à l'endroit où se voient encore les restes de la basilique de Constantüin, la maison du médecin Galien, voisine de ces greniers;
puis, traversant la voie sacrée,
attaqua la Régia, détruisit le temple
EMPLE D'ANTONIN BASILIQUE
OMULUS DE CONSTANTIN
de Vesta et la maison des Vestales . . TEMPLE D'ANTONIN ET DE FAUSTINE
qui, à grand peine, sauvèrent le
Palladium et, par la voie sacrée, le portèrent jusqu'au Palatin. Enfin, gravissant les
pentes du Palatin, le feu brüla les bibliothèques où l'on conservait les documents relatifs
à l'histoire de l'empire. L'eau ne fit pas défaut; des citoyens dévoués, les soldats com-
attirent avec énergie le fléau; Commode lui-même, accouru des environs de Rome, rit part à la manœuvre. Rien n'y fit; l'incendie dura plusieurs jours pendant lesquels il consuma les plus beaux édifices de la ville et ne cessa que faute d'aliments. Le beuple attribua ce désastre à une cause surnaturelle et à la colère des dieux. Des orésages funestes avaient d’ailleurs précédé ce sinistre. On avait vu, pendant le Jour, riller des étoiles, quelques-unes d'une grandeur gigantesque, des animaux de toute
espècé mettre au Jour des monstres aux formes bizarres et étranges, des vols d'aigles
ourbillonner avec des cris menaçants autour du Capitole où un hibou avait chanté.
L'arc de Septime-Sévére. Les Barbares, dont on avait, pendant les règnes précédents, négligé de surveiller les mouvements, devinrent menaçants au commen-
cement du règne de Septime-Sévere. Celui-ci prit une vigoureuse offensive, repoussa
jusqu'au Tigre les Parthes qui avaient envahi la Syrie et s'empara de Ctésiphon. Il
vainquit les Arabes Atrèniens, soumit à un tribut les Adiabènes et eut, comme récompense, le triomphe avec un arc sur le Forum.
Cet arc dédié à Septime-Sévere et à ses deux fils, Caracalla et Géta, est en marbre pentélique massif, sauf la base dont le noyau est en travertin. Les colonnes, petites et grêles pour la masse du monument harmonieux cependant dans son ensemble, reposent sur de hauts piédestaux dont les trois côtés dégagés sont ornés de barbares enchaînés et conduits par des légionnaires. Des Victoires portant des trophées, les génies des quatre saisons, les divinités des fleuves traversant les pays conquis forment l’ornementation générale. De chaque côté, quatre grands bas-reliefs représentent les principaux épisodes de la campagne : entrée à Babylone; assaut d'une ville dont le bélier frappe les murs: prise de Séleucie et de Ciésiphon; défaite de Vologèse IV devant Nisibé; entrée dans la ville de Carrha; soumission du roi d'Orsoëne ou d'Arménie. Au-dessous des bas-reliefs, sur une frise, la déesse Rome reçoit de l'Orient personnifié par une femme coiffée de la üare, un riche butin.
Les lignes de l'architecture ont conservé de la noblesse, mais la sculpture est en
pleine décadence. L'inscription est digne de toute la majesté de l'empire romain.
Le portique des Di consentes. — En l'an de Rome 367 après Jésus-Christ, la lutte entre le christianisme grandissant et le paganisme à son déclin était ardente. Un préfet de Rome, Vettius Agorius Prætextatus, dont nous avons vu la statue dans la maison des Vestales, fut, avec Symmaque, le plus ardent défenseur de l'ancienne superstition. Pour réveiller la foi romaine, il rétablit dans leur portique reconstruit les Dii consentes, c'est-
à-dire les douze grands dieux. Ce portique, retrouvé en 1834 et restauré en 1858 par
Canina, est aujourd'hui une des belles ruines du Forum. Il porte encore l'inscription