‹ Le Forum romain et la Voie sacréeChapitre 55 sur 59 · LE CASINO FARNÈSE RUINES DU PALATIN · texte numérisé non relu

LE CASINO FARNÈSE RUINES DU PALATIN

LE PALATIN ET L'EMPLACEMENT DE LA VIA NOVA AU XVII* SIÈCLE, VUS DU FORUM

souvenirs, aux pierres disjointes et brisées; les places des monuments sont indiquées par d'informes soubassements d'où la vie est absente, où quelques traces à peine subsistent des œuvres d'art et des marbres précieux dont les artistes s'étaient plu a les orner. Quelques colonnes qui étonnent encore par la grâce de leur ascension, se dressent

çà et là, inutiles, n'ayant plus rien à soutenir où à porter; les rues, dont le pavé

indestructible, foulé par tant de générations, appelle en vain les pas des vivants, ajoutent encore à la tristesse de ce paysage mort. Des littérateurs, des poëtes ont versé des larmes sur ce chaos de pierres nues; ils ont regretté le Campo Vaccino avec sa verdure, ses füts de colonnes perdus sous les ronces, sa longue allée d'ormeaux qui à l'arc de Titus, reliait l'arc de Septime-Sévère, ses fontaines et ses vasques de porphyre où s'abreuvaient les grands buflles de la campagne romaine, ses fossés où les chèvres broutaient les arbustes poussés dans la félure des vieilles pierres. « Votre Forum est mort, disent-ils ; toute vie s'en est retirée. »

Le Forum, il est vrai, ne fait plus l'histoire, mais il la raconte encore. Ces nonuments Informes, nous avons, par les fouilles que vous blamez, assez sondé leurs fondations, nous avons assez recueilli de leurs débris pour les redresser dans leur grace et leur majesté, entourés des augustes souvenirs de l'histoire. Les faits dont ils ont été témoins, nous les connaissons: les foules qui n'ont pas suffi à user le pavé séculaire qui les entoure, nous les voyons encore; nous savons de quelles ombres il faut

peupler ce désert pour qu'avec la poésie de l'histoire lointaine et douteuse, avec la

mélancolie des choses qui ont passé, renaisse la vie. Et si, d'ailleurs, vous voulez une poésie plus présente, levez les yeux, voyez, au sommet du Palatin, à l'angle du palais de ‘libère, le soleil couchant ranimer un lambeau oublié de la pourpre impériale. Que

votre regard dédaigneux passe au-dessus du champ des pierres ; mais au delà de l'arc

de Titus, au delà de la gracieuse tour de Sainte-Françoise-Romaine qui domine le temple de Vénus et de Rome, regardez la haute muraille dorée du Colisée, les sombres verdures

du Cælius, et, plus loin, à l'horizon, sous le ciel bleu, les montagnes bleues de la Sabine.

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