‹ Le fou de PéronneChapitre 7 sur 21 · ESTELLE JACOTIN · texte numérisé non relu

ESTELLE JACOTIN

Bah! avec un fou, est-ce qu'il y à st>« ^j.-)

EsiKLLE, à Emeit} Est-il vrai , comme vous me le disi.7 lo -.j-j^^^^ Yons ayez perdu tout ce que vous aiintez.^ »

ERNEST

Air : faud. de Psyché.

Ausoil d'une iemuie charnianlc, 0(i voulait unir m<'a desliu ; M.iis libre et d'humeur inconstante .

Hc'las ! j'ai refuse sa main.

D« mes dédains, pour venp«r cette belle,

L'Amour jusrcnieiit irrite, Me la fit voir, et j'ai perdu près d'elle Ma raison et ma liberté'.

JACOTIN

T;i... la !... voilà-til pas une belle histoire , où diable a-l-il ëlé chercher loui cela.

ESTELLE

C'est égal , laissez-le diro. [a Ernest.^ De sorte que vous n'avez plus l'cspuir d'être à elle.

Er.NEST, gnimenl.

Au contraire , je Tai retrou\c'e.

ESTELLE

Depuis quand?

KR^FST.

Depuis que je vous ai vue. Vous ne connaissez donc pat tout mon boniieur... elle sera ma femme , je l'épouse aujourd'hui.

JACOTIN

A la bonne heure au moins , voilà qii il s'y met.

Er.NPST.

Quoi ! vous gardez le silence ! seriez-vous fâchée d'être ma femm< ? Voyez cependant , étant du même âge , du même caractère, combien dans notre ménage il nous serait plus facile d'être heureux , que dans ces unions formées par les convenances ou par rniterèi -, tous les jours de ma vie seraient consacrés à embellir les vôtres; quel bonheur de trouver dans sa femme, sa maitresse , son amie , et , quciqu'amour qu'on ait pour elle, de n'avoir à se reprocher que des extravagances raisonnables ou des folies légitimes , voilà quel sera notre hymen • ce tableau-là peui-il vous déplaire .'

JACOTIN

Eh bien î répondez-lui donc.

ESTFLLE.

Vous êtes bien sûr au moins qu'il est fou .'^

JACOTIN

Parbleu î écouiez-Ie.

Er.>EST.

Air : Fille jeune et jolie, (de Sobit'ski.) Premier Coui)let.

Gentille li.'uicéc.

Toi seule auras toujours Et ma seule pensée Lt nés seules amours.

{L"i (Inniianl une hague.^

Que cet annenu , ma chèr«, Brille à ce doigt joli.

Je puis le laisser Caire , C'est devant mon mari.

JACOTIK.

C'est ciiarmant , et j'admiic Son amoureux deljre ; C'est chaimant , je l'admiie.

\{àE!iteUe )

Faites ee qu'il dira ; Ensemble. / Calmez^vous , je suis-U.

ERÎsEST.

C'est cliarmant, et j'adruire Son complaisant déiiie ; C'est charmant , je l'aduiire.

C'est charmant , il est là.

r.RNKST.

Deuxième Couplet.

Crois-nioi, ma cjouoe amie , Je t'aimerai toujours , Puisqu'on dit la Folie ('ompagne des Amours.

De mon ardeur sincère , Reçois le gage ici.

( Il lui haise In main. ) ESTELLE, lui laissant sa main.

Je pi>is le laisser faire , C'est devant mou mari.

JACOTiN , de même.

C'est cliarmant , etc.

Page 1