‹ Le fou du Palais-RoyalChapitre 113 sur 127 · X. C'est vrai · texte numérisé non relu

X. C'est vrai

L'avocat. Tu n'étais pas né pour ce siècle de misères.

X. J'Ai l'amour-propre de le croire, et c'est là le secret de ma folie.

L'avocat. Tu es singulier avec tes raisons. X. Dis : — avec ma raison.

L'avocat. Vous verrez qu'il ne me laissera pas conter mon affaire.

X. Ehf je la devine, ton affaire. Yoîci : Ta avais droit d'être jugé honorabiliter, et Ton t'a traité patienter on même fMsericordialiter.

Un de nous. Qa'est'Ce que cela, je Vous prie?

X. Ah ! vons ne savez pas, messieurs? Dans cette admirable science du Droit, que Ton perfectionne depuis si longtemps qu'elle devrait bien enfin être arrivée à sa dernière perfection, on distinguait jadis entre les différentes classes de plaideurs, et l'on jugeait chacun suivant les formes et avec la déférence dues à son rang ou à sa qualité. Ainsi les grands seigneurs étaient jugés honorabiliter^ les bourgeois patienter^ et la plèbe misericordialiter. Oui „ messieurs , c'était par compassion, par pitié, que l'on consentait à juger le peuple : misericordialiter I II me semble , à moi, que l'on aurait mieux fait de laisser ces pauvres gens en repos.

L'avocat. Tu contes là de l'histoire ancienne.

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