AVANT-PROPOS
Tout le monde a remarqué, an Palais-Royal, la physîonomie animée que présente la partie du jardin voisine de la galerie Montpensler. C'est surtout entre le restaurant Yéry et la pittoresque gerbe d>au dont les jets gracieux, après s'être élevés avec fierté, retombent mdiement en flocons diaprés de toutes les couleurs de Faro-^n-ciel, c'est dans cet espace qu'à toutes les heures du jour, à toutes les époques de Tannée, se forment^ stationnent, augmentent^ ou diminuent une multitude de groupes dont il serait curieux de rechercher Torigine et d'examiner le mécanisme et les tendances.
Il faut voir l'aisance, la familiarité de cette population insouciante. Tous les visages semblent épanouis. Aussi, là,
point de phrases compassées, point de discours académi-» ques ; ce sont des causeries amusantes, expansives, des dis* cassions désordonnées, un dialogue sans façon. L'esprit y est de mise. On y parle de tout : -rde science, c'est le côté faible; — de métaphysique et de morale, moins bien qu'en Sorbonne ; — de politique, encore plus mal qu'à la Chambre des Députés ; — de littérature et d'art ; c'est là le côté fort, car ces groupes se composent habituellement d'artistes et d'hommes de lettres.
On rencontre souvent aq mWei) deo^s groupe^ uq homme que je vais essayer d'esquisser : au moral, tour à tour subtil comme un légiste et naïf comme un enfant, grave et froid comme un docteur, enthousiaste comme un néophyte, seatentieux, incisif, et, quand il le veut, comique plein de goût et d'urbanité ; à la fois modeste et fier, insouciant et sombre, trivial et sublime ; simple ici, déclamateur là, et surtout grand improvisateur; au physique, un bel homme, à l'œil vif, expressif, au geste brusque et fréquent, mais toujours énergique. Sa lang^^ esjL ^ejt 4éliéj|e^ s^ V9iz est sonore ; elle prend tous les tons, elle a des inflexions pour tous les mouvements de rame.
Les avis sont bien partagés sur son compte. Les uns prétendent q«^l est lia peu féu; d^aqtre» le troav^al amusant, original, spirituel. Ses amis iissureiU que sa.gaîté est serieuse, qu'au fond il est grave et penseur, qo^ a desidéesi que si parfois il éu>nBe par ses paradoxes, par 1^ hardiesse de ses eonoeplioBS, 9 y a souvent de la pr<^ndeuF dans ses aperçus, et que toujoure il intéresse par son Imagination. Ce que personne ne lui conteste, e'est une organisation heureuse, ^ae fiaémoipe escetiente, et beauee«q[» de présence d'esprit.
Tel est eel homme m iûomm eKUmerdinaire, Nous le aonw merons X.,...